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Agrivoltaïsme en zone de montagne : « un levier pour pérenniser mon élevage bio bovin allaitant »

Pour Sandra Rabat, éleveuse bio dans le Tarn à 650 mètres d’altitude, son projet agrivoltaïque représente une opportunité de revenu complémentaire pour favoriser l’installation de ses deux fils sans intensifier son système.

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Les ombrières agrivoltaïques doivent apporter de l’ombre aux animaux tout en sécurisant un revenu complémentaire pour le Gaec.
© J. Bonnery

Située au sud de la Montagne Noire, dans le Tarn, à 650 mètres d’altitude, la ferme de Grange Basse élève des vaches Aubrac et des brebis bizet en plein air intégral, en bio. L’exploitation compte aussi un troupeau de chevaux destinés au sport. L’ensemble des animaux est engraissé entièrement à l’herbe et valorisé en vente directe.

Installée en 2000, Sandra Rabat travaille d’abord en Gaec avec sa mère Raymonde, puis, depuis janvier 2026, avec son fils aîné Rafaël. Une salariée à temps partiel complète l’équipe. Son cadet, Alexis, suit actuellement des études agricoles et envisage de rejoindre l’exploitation. « Sachant que mes deux fils souhaitent s’installer, je me suis interrogée sur la pérennité de la ferme, alors que nous sommes en zone de montagne. Intensifier aurait signifié sortir du bio, et donc abandonner la vente directe, alors que nous avons une clientèle fidèle depuis plus de vingt ans », explique Sandra, qui a trouvé dans l’agrivoltaïsme un revenu complémentaire compatible avec son mode d’élevage.

Un projet agrivoltaïque sur 31 ha de 15 MWc

Après avoir mené ses propres recherches, elle choisit de travailler avec l’entreprise TSE « pour leur sérieux et leur volonté ». Développeur et producteur français indépendant d’énergie solaire depuis 2016, TSE dispose d’un parc en exploitation d’une puissance équivalente à la consommation électrique décarbonée de 241 000 habitants et intervient sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à la valorisation de l’électricité produite.

Le projet de Sandra va s’étaler sur 31 hectares d’un seul tenant, sur lesquels seront posés en bandes 7 hectares d’ombrières d’élevage dont la puissance crête sera de 15 MW. « Il y aura 14 mètres interpieux qui me permettront de faire le foin », ajoute l’éleveuse. Les panneaux seront inclinables pour suivre le soleil et pourront se positionner à plat en cas de grêle. Ils mesureront au minimum 1,80 mètre pour permettre le passage des animaux et au maximum 2,65 mètres de haut pour favoriser le passage des tracteurs.

Un revenu complémentaire encadré par la loi

L’entreprise TSE va verser un loyer annuel au Gaec durant 40 ans, calculé en fonction de la puissance installée. Sans souhaiter communiquer sur le montant des loyers, elle souligne qu’elle est « au service du maintien de l’agriculture et non d’une rente financière incitant à l’arrêt de l’activité agricole ». Son modèle économique, comme l’impose la loi APER (1), est basé sur la pérennité et le maintien de l’activité agricole.

« Même si nous manquons de recul sur l’agrivoltaïsme, j’ai la quasi-certitude de bénéfices agricoles. Les panneaux seront installés sur des parcelles aujourd’hui sans aucun abri. L’ombre devrait améliorer la production d’herbe en été grâce au microclimat tout en conservant l’humidité et en limitant le gel l’hiver », souligne Sandra.

L’entreprise va également clôturer entièrement la zone, ce qui ravit l’éleveuse dont l’exploitation a subi, il y a trois ans, d’importants dégâts de sangliers ayant impacté 70 hectares, dont 35 hectares détruits à 100 %. Si l’exploitant en fait la demande, l’entreprise peut aussi prévoir des adaptations comme l’installation de l’eau sur les pâtures ou la création d’une dalle autour des râteliers.

(1) La loi du 10 mars 2023 d’accélération de la production d’énergies renouvelables (APER)

Fiche élevage

91 ha d’herbe

20 vaches Aubrac et leur suite, 50 brebis bizet et 30 chevaux d’élevage destinés au sport

1 bâtiment de 1 500 m² pour stock de foin, bergerie, écurie, FAF avec toiture photovoltaïque

Une étude d’impact pendant quatre ans

Sandra a accepté de participer à un projet d’étude pour mesurer l’impact de son projet sur les sols et le comportement des animaux avec l’école d’ingénieurs de Purpan. Durant quatre ans, le Gaec recevra une indemnité pour le travail fourni pour cette étude. Sandra devra séparer son cheptel en deux lots : l’un vivant uniquement sous les panneaux, l’autre n’y ayant jamais accès. « Une zone témoin sera également créée afin de comparer la pousse de l’herbe, le comportement des animaux, l’engraissement des vaches et les performances techniques. » À ce jour, le permis de construire a été déposé. Il est passé en CDPENAF (1) (avis consultatif sur le dossier) en juillet 2025. Le premier avis a été défavorable (taille du projet trop importante, pas de recul…), mais il dispose du soutien de plusieurs mairies alentour. « Ce projet devrait couvrir une bonne partie de la consommation électrique de la communauté de communes, hors chauffage, dont le territoire compte déjà des éoliennes », ajoute l’éleveuse. Le lancement du projet est prévu fin 2027, le temps de l’instruction des recours.

(1) Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers.

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