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Biocontrôle : que recommande le CGAEER pour lever les freins à son développement ?

Le CGAAER vient de publier un rapport qui évalue la Stratégie nationale de déploiement du biocontrôle et propose des recommandations pour son renouvellement en 2025. Il met l’accent sur la simplification réglementaire, le renforcement du déploiement territorial et l’articulation avec les leviers agroécologiques, afin de s’adapter aux enjeux régionaux et nationaux.

Homme pulvérisant des vignes
La Stratégie nationale de déploiement du biocontrôle sera renouvelée en décembre prochain (archives).
© J.C. Gutner

Le CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux) a publié le 17 juin un rapport qui évalue la Stratégie nationale de déploiement du biocontrôle (SNDB) dans lequel il formule différentes recommandations en vue de son renouvellement en 2025, notamment l’importance de lever les contraintes réglementaires

Il recommande de poursuivre les travaux sur la définition du biocontrôle et l’élaboration d’un cadre harmonisé au niveau européen pour adapter les règles établies pour les produits phytosanitaires conventionnels, notamment en prévoyant la délivrance d’autorisations de mise sur le marché provisoires. Il préconise une révision des critères d’évaluation de l’efficacité et de « déroger systématiquement à l’obligation de destruction de récolte pour les substances déjà approuvées au niveau européen, tout en garantissant la sécurité de l’utilisateur et de l’environnement ».

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Mieux intégrer les acteurs de proximité

Le CGAAER propose par ailleurs de mieux intégrer les coopératives, négoces et organismes de développement/conseil dans la mise en place de la stratégie de déploiement du biocontrôle au niveau régional et national. Il estime qu’il faut revoir la séparation vente/conseil « qui ne permet pas aux distributeurs d’apporter le conseil nécessaire à l’utilisation des biocontrôles ». Il avance aussi l’idée de créer un comité de suivi au niveau national qui serait chargé de faire le bilan des actions et orientations à venir. Ce comité pourrait être composé des représentants des services de l’Etat, des conseils régionaux, d’Inrae, des chambres d’agriculture France, de la coopération et du négoce agricole, d’ABBA (Association biocontrôle et biostimulation pour l'agroécologie) , de France Biocontrôle, d’Alliance Biocontrôle et des pôles de compétitivité.

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Concevoir des itinéraires techniques intégrés

Afin d’avoir un déploiement efficace des solutions de biocontrôle, le CGAAER propose de concevoir des itinéraires techniques intégrés en impliquant tous les acteurs, notamment les filières du végétal afin de combiner la prophylaxie, les biostimulants, la lutte biologique (par conservation et acclimatation) et les leviers agronomiques traditionnels (génétique, agriculture de précision…). Il recommande par ailleurs de mobiliser les acteurs régionaux pour élaborer des feuilles de route biocontrôle/biosolutions et de confier le pilotage régional à la préfecture de région en lien avec le conseil régional et la chambre régionale d’agriculture.

« Le déclic attendu n’a pas encore eu lieu à grande échelle »

Dans sa conclusion, le CGAAER estime que « le chemin vers le déploiement généralisé du biocontrôle dans les exploitations reste long et le « déclic » attendu n’a pas encore eu lieu à grande échelle ». Selon lui, le calendrier proposé, avec une publication de la nouvelle stratégie en décembre offre « l’opportunité d’une élaboration collective et réfléchie », notamment grâce à différentes consultations cet été qui aboutiront à une phase de consultation élargie à l’automne. 

 

 

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Le potentiel du marché est évalué à plus de deux milliards en France

Selon le CGAAER, le potentiel du marché pour la protection des cultures par le biocontrôle est évalué à plus de 2 milliards d'euros en France et à 50 milliards d'euros au niveau mondial. L'utilisation des produits de biocontrôle a connu une forte croissance jusqu'en 2020, mais enregistre une relative stagnation depuis lors.  « Ce ralentissement pourrait être temporaire, reflétant une phase de transition entre l'utilisation des solutions existantes et l'arrivée de nouvelles innovations. Les orientations politiques nationales et européennes joueront un rôle crucial pour confirmer s’il s’agit d’une étape dans la progression du biocontrôle ou si elle représente un véritable plafond de verre » estime le CGAAER.

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