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Sécheresse dans l’Allier : « Nous n’avons pas encore décidé si on vend ou si on engraisse nos 80 broutards »

Au Gaec de la Barrre, dans l’Allier, les 170 vaches charolaises sont affouragées depuis mi-juillet et les stocks fondent à vue d’œil. Le gros point noir pour les éleveurs, c’est l’échec des maïs, qui remet en cause l’engraissement des broutards. 

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« Tout le troupeau est affourragé depuis mi-juillet. Les stocks descendent très vite », explique Michael Dubost du Gaec de la Barre dans l'Allier.
© Gaec de la Barre

À Marcillat-en-Combraille, dans l’Allier, Michael Dubost et Benjamin Moussot affouragent au pré depuis le 15 juillet tout le troupeau Charolais. Les 170 vaches et les génisses ont été rassemblées en quelques lots sur des parcelles où il y a l’adduction d’eau. Du foin avec de la mélasse est distribué dans des rateliers.

« Les stocks descendent très vite », explique Michael Dubost. « On avait un an d’avance en foin depuis 2024, mais le troupeau consomme beaucoup. Cette année, sur les 204 hectares de prairies, on a récolté en fauche précoce 750 balles d'enrubannage au lieu de 900, soit environ 20 % de moins, et les quantités récoltées en foin sont correctes (environ 700 balles). Mais il n'y a eu aucune repousse ensuite, ni pour la fauche ni pour le pâturage. Les parcelles avec de la luzerne associée sont restées vertes un à deux mois de plus, mais là non plus, il n’y a pas eu de repousses. »

Lire aussi : Vincent Cailliez, climatologue sur le grand Massif central : « 2026 est une année du type de celles qui seront de plus en plus fréquentes »

Cette année, c’est vraiment inédit. « On a un parcellaire très morcelé, sur cinq communes et deux départements, et les autres années il y a toujours des sites qui s’en sortent mieux que les autres. Mais pas cette fois. » 

Les éleveurs ne sont pas assurés pour les prairies, et estiment que le montant de l’indemnité de solidarité nationale ne va pas couvrir grand-chose de leurs dépenses supplémentaires et pertes. « On pense que vu que les besoins en fourrages concernent énormément de régions et d’élevages, il n’y aura pas sur le marché assez de quantités. Le coût du transport va aussi être très lourd. » Si la pluie revient, il faudra patienter encore au moins un mois avant de pouvoir remettre des animaux au pâturage.  

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Tous les lots passent l’été sur des parcelles « parking » pour préserver les prairies du piétinement. Quand la pluie reviendra, il faudra patienter encore au moins un mois avant de pouvoir remettre des animaux au pâturage.  

Les veaux sont complémentés au nourrisseur. « Ils consomment pratiquement 50 % de plus que d’habitude, et il va bien falloir les sevrer dans quelques semaines. »  C’est le point le plus crucial en ce mois d’août pour les éleveurs, car leurs 15 ha de maïs sont en train de végéter. « Les maïs mesurent 1,20 m, un pied sur dix à peu près a formé un épi, il n’y a que de la tige. On ne sait pas encore si on va les récolter. » Ils ont reçu peut-être 60 mm de pluie en de nombreuses très petites averses, et les terres un peu argileuses ont durci tôt. 

« On n’a pas encore décidé si on vend nos 80 broutards ou si on les engraisse, tout ou partie, à condition de trouver des ressources alimentaires. Quel niveau de risque on accepte pour vendre des jeunes bovins en avril prochain ? Les cours des broutards risquent de baisser encore plus si tous les naisseurs engraisseurs vendent leurs veaux cet automne. » 

Lire aussi : Sécheresse 2026 dans l’Allier : « Les pertes en maïs et tournesol sont réelles, mais encore difficiles à évaluer sur mon exploitation »

Plusieurs cours d’eau utilisés pour l’abreuvement au pré du troupeau sont à sec depuis juillet. « Les barrages ont débordé pendant deux mois cet hiver. Il faut vraiment avancer sur le stockage de l’eau », relève Michael Dubost.

Les 70 ha de céréales ont donné des rendements entre 55 et 58 qx, alors que d’habitude ils tournent plutôt autour de 65 qx. « On en a conservé davantage que les autres années pour complémenter les bovins. » 

Lire aussi : La sécheresse et les canicules 2026 ont sévèrement dégradé les prairies et le maïs fourrage

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