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Que propose le Parti socialiste pour l’agriculture dans son nouveau projet ?

Dans son nouveau projet, le Parti socialiste consacre un chapitre à l’agriculture qu’il veut plus durable, avec un revenu digne pour tous les agriculteurs. Il souhaite aussi prendre des mesures contre la concurrence déloyale et pour le juste échange.

plusieurs tracteurs travaillant dans des champs
Dans son nouveau projet, le PS fait différentes propositions pour l'agriculture.
© Gabriel Omnès

« Les choix politiques doivent être à la hauteur pour bâtir une agriculture durable et souveraine » affirme le Parti socialiste dans son projet qu’il a présenté le 22 avril. Selon lui, il faut développer « l’agriculture biologique, agroécologique » et pour ce faire, il souhaite réduire l’usage des engrais et des pesticides de synthèse et interdire les produits les plus toxiques dont le glyphosate

Veiller à empêcher toutes tentatives de réintroduction des produits interdits comme les néonicotinoïdes

Il estime qu’il faut également « veiller à empêcher toutes tentatives de réintroduction des produits interdits comme les néonicotinoïdes, en s’appuyant sur le principe de non-abaissement des réglementations déjà existantes ». Autre souhait : protéger et renforcer la gouvernance scientifique dans l’encadrement des produits phytosanitaires, « pour assurer l’indépendance des autorités sanitaires vis-à-vis des lobbies ».

A relire : Agriculture régénérative : le WWF lance ses « crédits du vivant » pour soutenir la transition agroécologique

Généraliser la rémunération des paiements pour services environnementaux

Toujours dans le souci de défendre une agriculture plus durable, le parti socialiste désire réviser les règles des marchés publics afin d’introduire des critères de proximité et de responsabilité sociale et environnementale. Il propose par ailleurs d’encadrer strictement la propriété intellectuelle sur le vivant, en « empêchant le dépôt de brevets sur les ressources génétiques et en soutenant activement la diversité des semences ». Il a aussi pour objectif de généraliser la rémunération des paiements pour services environnementaux, notamment via le retour des aides au maintien de l’agriculture biologique, en atteignant nationalement l’objectif européen de 25 % de surfaces biologiques.

Lire aussi : Transition agroécologique : quelles sont les six recommandations du CGAAER afin d’améliorer l’efficacité des paiements pour services environnementaux ?

Protéger les terres agricoles

Le Parti socialiste estime qu’il est nécessaire d’assurer la résilience alimentaire en construisant des stratégies d’adaptation au changement climatique par filière et par territoire, en menant des diagnostics de vulnérabilité, en investissant dans la résilience et l’accompagnement des agriculteurs, afin de sécuriser la production et les revenus des agriculteurs face aux aléas climatiques. Autres vœux : renforcer et généraliser les Projets alimentaires territoriaux (PAT) dans « une véritable logique de planification territoriale de la résilience alimentaire » et proposer un plan effectif de développement des protéines végétales pour réduire la dépendance aux importations et répondre aux besoins alimentaires ». Le Parti socialiste souhaite par ailleurs protéger les terres agricoles pour l’avenir en encadrant les usages non alimentaires des terres et en luttant contre l’artificialisation des sols, via la défense de l’objectif zéro artificialisation nette.

A relire : Accaparement des terres : Les Amis de la Terre France veulent plafonner à 300 hectares la surface agricole qu’une même personne physique peut contrôler

Le PS souhaite renégocier « les accords manifestement injustes »

En matière commerciale, le Parti socialiste estime que « le juste échange doit devenir un pilier essentiel de la souveraineté alimentaire, du revenu paysan et de la transition agroécologique ». Pour y parvenir, il propose d’adapter les règles du multilatéralisme en matière agricole, « au nom de la réalité des limites planétaires et de l’impératif de sécurité alimentaire, et en refusant tout nouvel accord de libre-échange non fondé sur la réciprocité des normes sociales, écologiques, sanitaires et sur le bien-être animal, le développement partagé et la sécurisation des approvisionnements ». Il souhaite par ailleurs renégocier « les accords manifestement injustes ».

Il avance d’autres idées : refuser la renationalisation de la Politique agricole commune, relever les prix planchers européens, renforcer et simplifier les labels « Made in France », interdire la consommation en France des produits agricoles fabriqués en utilisant des pesticides et herbicides interdits en Europe.

Lire aussi : « L’accord UE-Mercosur s’appliquera à titre provisoire à partir du 1er mai 2026 » annonce la Commission européenne

Mieux cibler les aides de la Pac

Afin de sécuriser les revenus des agriculteurs, le Parti socialiste entend décentraliser la politique agricole en renforçant le rôle des régions, favoriser la renaissance d’une agriculture de groupe, pour permettre aux paysans de mutualiser leurs moyens de production (terres, matériel, bâtiments) et leur travail. Autre proposition : cibler les aides de la Pac pour qu’elle favorise l’emploi agricole plutôt que la surface d’exploitation en plafonnant les aides à l’hectare à 100 000 euros et en incluant une dégressivité de ces aides afin de les orienter vers les petites exploitations, les jeunes agriculteurs, les territoires à handicap naturel, les productions en recul, et la polyculture-élevage, ainsi qu’un renforcement de la structuration des filières.

Lire aussi : Budget PAC 2028-2034 : les eurodéputés proposent une augmentation de 139 milliards d’euros

Adopter une loi foncière protectrice vis-à-vis des fonds d’investissements étrangers

Toujours pour améliorer les revenus des agriculteurs, le Parti socialiste souhaite accroître le pouvoir de négociation des producteurs face aux géants de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire, en renforçant l’organisation collective des filières. Autre proposition : favoriser la reprise des exploitations agricoles, à travers l’adoption d’une grande loi foncière, « garante du renouvellement des générations et protectrice vis-à-vis des fonds d’investissements étrangers ou prédateurs en veillant à la transparence des opérations d’acquisitions sous forme sociétaire ».

Dernière proposition : réduire les coûts de production et accroître l’autonomie des fermes vis-à-vis des intrants coûteux (semences, engrais, eau, énergie, etc.), en ciblant en priorité les solutions de transition. Le Parti socialiste précise que cette évolution fera l’objet d’un accompagnement financier des pouvoirs publics pour garantir la pérennisation de ces nouveaux modèles agricoles.

Lire aussi : Loi d’urgence agricole : le Premier ministre précise le calendrier et ouvre le texte au foncier

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