« J’ai cassé ma monoculture de maïs avec du soja pour contenir la chrysomèle en Charente »
Thierry Charbonnaud est agriculteur à Roullet-Saint-Estèphe, en Charente. Pour contrer la progression de la chrysomèle sur des parcelles en monoculture de maïs depuis des dizaines d’année, il a introduit du soja une année sur cinq.
« Nous avons commencé à piéger la chrysomèle sur l’exploitation il y a sept ans, après une alerte de la Fredon signalant l’arrivée de l’insecte dans notre secteur. Sur nos terres de marais, profondes, le maïs était en monoculture depuis cinquante ans. Dès que nous avons cherché la chrysomèle, nous l’avons trouvée. Je fais partie du réseau de surveillance depuis sa première apparition. Chaque année, la Fredon installe deux pièges jaunes englués sur deux zones distinctes de l’exploitation. Ils sont posés à la sortie des soies du maïs et je les relève chaque semaine pendant les deux mois d’été.
Pour limiter le développement de la chrysomèle, nous avons été incités à introduire une autre culture pour rompre la monoculture, ce qui n’est pas simple sur des terres où le maïs reste très rémunérateur, avec des rendements qui atteignent 130 q/ha en sec. Chez moi, le soja a été la solution : je l’ai introduit une année sur cinq pour casser le cycle de l’insecte. Les piégeages montrent que la chrysomèle se maintient sans progresser.
L’introduction du soja a coïncidé avec l’obligation de rotation de la nouvelle PAC (2023), ce qui a facilité la démarche. Agronomiquement, cette culture permet de diversifier les stratégies herbicides. Économiquement, elle est intéressante car je fais du soja tracé, bien valorisé par ma coopérative en circuit court. Pour l’instant, nous avons contenu l’extension de la chrysomèle, sans inconvénient majeur et sans insecticide au semis. »