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« Il faut blanchir la boîte noire du bio », déclare la directrice de l’Agence Bio au salon de l’agriculture

L’Agence Bio vient de signer un accord-cadre de coopération avec l’Inrae. Sa directrice Laure Verdeau a confié au salon de l’Agriculture la nécessité d’avoir des données fiables à communiquer au consommateur face à une sorte de "biobashing".

Philippe Mauguin, président d'Inrae, et Laure Verdeau, directrice générale de l'Agence bio le 28 février sur le salon de l'Agriculture.
Philippe Mauguin, président d'Inrae, et Laure Verdeau, directrice générale de l'Agence bio le 28 février sur le salon de l'Agriculture.
© Inrae

« Nous sommes en pleine période de biobashing, nous avons besoin d’objectivité : il faut blanchir la boîte noire du bio », lance Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, ce 28 février sur le stand de l’Inrae au salon de l’Agriculture. Et ce juste après avoir signé avec l’Institut de recherche un premier accord-cadre.

« Le sujet du bio est hyperclivant, nous avons besoin plus que jamais de la recherche pour sortir de l’infox. Dans une démocratie alimentaire, il faut des citoyens informés », poursuit la directrice de l’Agence bio. « Heureusement en France, on n’a pas de pétrole mais on a des chercheurs, on aura à cœur de contribuer à distiller des informations en béton », déclare encore Laure Verdeau. Concrètement, l’Agence Bio va partager ses données avec l’Inrae au sein duquel 300 chercheurs travaillent déjà sur le programme Metabio qui explore l’hypothèse où l’offre nationale de produits bios deviendrait majoritaire. Face à cette hypothèse de changement d’échelle du bio, les sujets de recherche couvrent un large périmètre disciplinaire.

Trois exemples de travaux ont été dévoilés au salon de l’agriculture, dont les résultats tendent à tordre le cou aux idées reçues.

En bio, on est omnivores

Les travaux du chercheur Marc Benoît montrent ainsi que pour nourrir durablement la population en agriculture bio, il faudrait diminuer l’élevage, de type intensif, dans le grand ouest mais réimplanter de l’élevage de ruminants dans certaines zones comme l’Ile-de-France, mais aussi dans les régions de vergers et de vigne. Et ce notamment pour valoriser la luzerne introduite dans les rotations des cultures bio pour assurer l’apport en azote des sols.

« En bio, on est omnivores. On va devoir le passer dans le langage courant », commente Laure Verdeau souvent confrontée à l’amalgame entre bio et végétarien.
 

La guerre en Ukraine pourrait réduire l’écart entre le bio et le conventionnel

Les travaux de Sylvain Pellerin sur l’azote tendent quant à eux à prouver qu’avec 60% de surface agricole utile en bio on pourrait nourrir le monde. Du fait d’une compétition accrue sur l’azote organique, un scénario d’agriculture 100% bio conduirait en revanche à une baisse de la production alimentaire de 34% en kilocalories, du fait d’une chute de 58% de la production végétale (expliquée à 67% par le manque d’azote). « L’expansion de l’agriculture bio doit s’accompagner d’un effort pour mieux gérer l’azote, avec notamment le recours à des cultures intermédiaires fixatrices d’azote », conclut le chercheur qui reconnait que la guerre en Ukraine, avec des tensions prévisibles sur l’engrais chimique azoté, pourrait conduire à réduire l’écart entre agriculture bio et conventionnelle.

Le « sans » plus valorisable auprès du consommateur que le bio

Les derniers travaux de recherche présentés au salon de l’Agriculture montrent quant à eux l’ambiguïté du consommateur par rapport au bio. Les recherches de Yann Raineau sur le vin démontrent par exemple que le consommateur a un consentement à payer plus fort en conditions réelles pour des vins sans sulfite ajouté que pour du bio (à peine un centime sur un prix de vente de 5 à 6 euros). Il aurait aussi un consentement à payer plus fort pour des variétés naturellement résistantes aux maladies. L’indication de fréquence de traitement (IFT) pourrait aussi bouleverser les décisions d’achat du consommateur.

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