Dans le Cantal, « L’agrivoltaïsme finance le portage foncier pour notre installation en bovins viande et chèvres laitières »
Anaïs Lafon et Adrien Perrotin préparent leur installation avec des aubracs et des chèvres dans le Cantal. Terravene assurera le portage foncier de l’exploitation en finançant l’opération avec un projet agrivoltaïque sur une partie des terres.
À la Feuillade-en-Vézie, dans le Cantal, Anaïs Lafon et Adrien Perrotin sont en pleine préparation de leur installation. « Sans le portage foncier, on ne se serait pas installés aussi rapidement, à deux, et sur une exploitation aussi importante, situe Anaïs. On a entendu parler de Terravene, et on a déposé une candidature pour la reprise de l’exploitation. » De son côté, Jean-Marc Gramond avait décidé en 2021, n’ayant pas trouvé de repreneur, de vendre son exploitation de 115 hectares. Elle était pourtant viable en l’état et il souhaitait la transmettre. Terravene a acquis l’exploitation, afin de faciliter l’installation d’un jeune agriculteur, en proposant un portage foncier permettant aux exploitants de devenir propriétaires à leur rythme.
Pour les jeunes éleveurs, cette solution leur permet de n’avoir à financer que le cheptel et le matériel. « Nous allons signer un bail rural sur 25 ans avec option d’achat pour les 115 hectares, le bâtiment et la maison d’habitation. L’option d’achat est modulable dans le temps et par surfaces. Nous pourrons donc racheter l’exploitation à notre rythme », explique Adrien Perrotin. Leur projet est d’élever environ 80 vaches aubracs en système naisseur et 150 chèvres laitières. « Pour nous, les risques sont les mêmes qu’avec une ferme en location. »
Ils ont attaqué leur parcours d’installation, et en parallèle Terravene et sa maison mère Voltalia avancent sur le projet agrivoltaïque. Le bail pourra être signé quand la constitution du Gaec sera effective, a priori en janvier 2027, et que le permis de construire pour les panneaux agrivoltaïques sera obtenu. Il y a ainsi un double planning à coordonner.
L’installation agrivoltaïque devrait porter sur 30 à 40 hectares de prairies à 800 mètres d’altitude. « Nous en sommes à l’étape du choix des parcelles pour atteindre un optimum électrique dans les zones de moindre impact environnemental et surtout en cohérence avec le projet agricole d’Adrien et Anaïs », présente Lucien Richard, chef projet énergétique Voltalia. « On a nos attentes et nos contraintes, et on s’est mis d’accord », expliquent les éleveurs. L’idée est de destiner les parcelles équipées de panneaux à une conduite en pâturage tournant avec des points d’eau et des portails bien placés, et de pouvoir y récolter du foin si c’est nécessaire.
Le solaire finance le portage foncier
« Ce qui rend possible le portage foncier par Terravene, c’est le fait qu’on ait un projet agrivoltaïque réalisable », explique Mathieu Gibert, responsable développement Terravene. « On travaille en transparence avec les Safer, les chambres d’agriculture et les élus locaux et on achète des exploitations à leur juste prix pour que dans 5, 10 ou 15 ans, de jeunes agriculteurs puissent eux-mêmes exercer leur pouvoir d’achat. L’énergie solaire est ici au service du renouvellement des générations dans l’agriculture. »