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Corrèze : « Déprimer le dactyle au printemps, c’est la clé »

Éleveur de vaches limousines en système naisseur en Corrèze, Gilles Val sème du dactyle dans toutes ses prairies temporaires, soit 200 hectares. Il les fait pâturer tôt au printemps pour laisser de la place aux légumineuses.

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Les bovins reviennent tous les 25 jours sur les prairies, afin que le dactyle reste appétent
© G. Val

« Sur nos terres noires de Haute-Corrèze, des terres pauvres, légèrement acides, c’est le dactyle qui s’en sort le mieux », explique Gilles Val, éleveur de vaches allaitantes en Gaec avec son fils et un salarié. En système naisseur avec des vêlages de printemps, ils élèvent 200 mères limousines sur 450 hectares, dont 400 hectares de prairies, à 650 mètres d’altitude.

« Nous mettons du dactyle dans toutes nos prairies temporaires, soit environ 200 hectares, précise-t-il. Nous le semons généralement à 15 kg/ha, avec 5 kg/ha de trèfle violet et 5 kg/ha de ray-grass anglais. Le ray-grass anglais sert surtout la première année pour éviter le salissement, il disparaît petit à petit au profit du dactyle. » Sur les terres de Gilles Val, le dactyle est également présent naturellement dans les prairies permanentes.

« Chez nous, le dactyle est roi »

« Chez nous, le dactyle est roi. Les années sèches, il souffre aussi, mais moins que les autres graminées, et il repart dès la première pluie. C’est aussi la plante qui démarre en premier au printemps », explique-t-il. En revanche, l’éleveur concède que la graminée est très agressive et qu’elle peut facilement prendre le dessus sur les autres plantes prairiales. « Pour laisser de la place aux légumineuses, il faut réduire la voilure du dactyle dès la sortie d’hiver. Les légumineuses peuvent alors prendre la lumière et se développer. Nous faisons un à deux déprimages au printemps. Les vaches sortent tôt, fin février ou début mars. Le déprimage limite également le phénomène de touffe, qui peut poser un problème, car en fin de saison les talles sèchent, cela crée comme un paillage et étouffe tout sur 30 cm. »

Revenir sur les prairies tous les 25 jours

Avec son troupeau, Gilles Val pratique le pâturage tournant. Les animaux changent de parcelles tous les 15 jours environ, en fonction de la pousse de l’herbe. Les bovins reviennent vite sur les parcelles, tous les 25 jours au maximum, pour que le dactyle reste appétent. « Notre système est basé principalement sur le pâturage, précise l’éleveur. Nous n’hivernons les animaux qu’entre 70 et 80 jours. À partir du 20 novembre, le dactyle ne pousse plus trop, mais comme la plante est non remontante, nous pouvons faire du stock sur pied, qui nous tient jusqu’au 20 décembre. Avec les nouvelles variétés, il n’y a plus trop de problème de rouille. Et de toute façon, lorsqu’on revient vite sur les parcelles, cela ne laisse pas le temps aux feuilles de rouiller. »

Pour réaliser les stocks dont ses vaches ont besoin en hiver, l’éleveur ne fauche « que le surplus d’herbe ». « Nous faisons plutôt du foin que de l’enrubannage, pour des économies de chantier. Lorsque nous arrivons à déprimer deux fois au printemps, nous pouvons faire du très bon foin au 20 juin avec le dactyle, affirme Gilles Val. Exploitée avant la floraison, la qualité est au rendez-vous. En revanche, s’il monte trop en épi, les tiges durcissent, le foin est ligneux, grossier. »

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