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Ces éleveurs de chèvres se représentent aux élections municipales

Dans de nombreuses communes rurales, l’engagement municipal reste étroitement lié au monde agricole. Grâce à leur connaissance fine du territoire, les agriculteurs orientent des décisions qui touchent à l’aménagement, à la gestion de l’eau ou à la cohabitation entre habitants. Témoignages de quatre éleveurs de chèvres qui s’impliquent dans la vie citoyenne de leur territoire.

<em class="placeholder">Denis Glaizol en écharpe et au milieu de ses chèvres</em>
Être maire et éleveur de chèvres demande de savoir se dédoubler pour répondre au mieux aux attentes de ses administrés et de son troupeau.
© D. Glaizol
 

« Les agriculteurs font vivre le territoire et ils apportent du bon sens »

 

 
<em class="placeholder">Denis Glaizol, éleveur laitier de 170 chèvres et maire d’Empurany en Ardèche</em>
« Je suis maire de ma commune de 600 habitants depuis 2014 et élu depuis 95. Je vais me représenter car on est une bonne équipe au conseil municipal et on s’entend bien. Je passe entre 20 et 30 heures par semaine à assurer mes fonctions de maire. Pour me dédommager des frais et du temps, je reçois une indemnité de 1 270 euros par mois. La mairie a six salariés (secrétaire, agents de voirie, ménage, Atsem…) et il y a du travail car nous gérons une école et le réseau d’eau potable. Lors de la précédente mandature, nous avons rénové la tour médiévale. Là, pour les années à venir, nous allons entretenir davantage le bâti communal. Nous cherchons aussi à accueillir de nouveaux habitants ce qui est possible avec notre immobilier à des prix abordables et le développement du télétravail. C’est important que des agriculteurs s’engagent dans le conseil municipal car ils peuvent apporter un certain bon sens paysan. Les agriculteurs entretiennent le territoire et ils ont des compétences multiples. Dans nos communes rurales, s’il y a de la vie, c’est grâce aux agriculteurs. »
 
Denis Glaizol, éleveur laitier de 170 chèvres et maire d’Empurany en Ardèche

« Être disponible pour les administrés comme pour coopérateurs »

 

 
<em class="placeholder">Antony Letourneau, éleveur de 350 chèvres, président de Terra Lacta et maire de Mortiers en Charente-Maritime</em>
« Je suis attaché à ma commune et à ses 170 habitants. Je me représente pour la quatrième fois après avoir été conseiller, adjoint puis maire. Mon agenda est souvent bien rempli entre la coopérative et la mairie mais j’arrive à aller aux chèvres presque chaque jour. Cependant, le téléphone peut sonner à n’importe quelle heure pour répondre aux attentes des administrés ou des coopérateurs. Dans la commune, nous avons fait avancer des projets comme la création d’une aire de jeux, la réfection du parvis de l’église ou la viabilisation d’un lotissement. Une partie de nos compétences ont été transférées à la communauté de communes de la Haute Saintonge, une des plus grande de France avec 129 communes. Ça permet de voir plus grand et ça se passe plutôt bien avec des projets qui font consensus et des finances saines. C’est nécessaire d’avoir des agriculteurs dans nos communes rurales. Ce sont eux qui font le gros de l’activité économique et ils connaissent finement le terrain, comme l’écoulement des eaux. »

Antony Letourneau, éleveur de 350 chèvres, président de Terra Lacta et maire de Mortiers en Charente-Maritime

« Je suis les réunions de chantier pour la mairie »

 

 
<em class="placeholder">Sandrine Roquefeuil, éleveuse de 300 chèvres et conseillère municipale à Les Albres en Aveyron</em>
« Je suis conseillère municipale depuis quatre mandats et je me représente dans notre commune de 350 habitants. Je participe aux conseils municipaux, environ trois heures tous les deux mois, et je m’occupe en particulier de la commission des travaux. Cela me prend environ une demi-journée par mois, pour assister aux réunions de chantier notamment. C’est important qu’il y ait des agriculteurs dans le conseil municipal. Par exemple, nous voulons faire ralentir les automobilistes dans le village, surtout devant l’école et l’épicerie multiservice. Nous devons trouver un autre moyen que les dos-d’âne qui endommagent les engins agricoles. On est content de faire appel aux agriculteurs quand il faut déneiger ou déblayer la route après une tempête mais il faut faire comprendre que l’activité agricole implique l’utilisation d’engins volumineux et parfois bruyants. Selon la météo, la maturité des cultures ou des impératifs sanitaires, certaines opérations ne peuvent pas attendre et il arrive que les agriculteurs doivent intervenir tard le soir ou même durant la nuit. »

Sandrine Roquefeuil, éleveuse de 300 chèvres et conseillère municipale à Les Albres en Aveyron

« Expliquer aux nouveaux arrivants comment fonctionne la campagne »

« J’ai 35 ans et je suis agricultrice sur une ferme familiale avec des céréales bio, de la volaille et un atelier d’engraissement de 7 000 chevreaux par an en intégration. Quand je me suis installée en 2020, je suis aussi entrée au conseil municipal car j’habite ici, j’y travaille et je voulais être actrice de ce qui se passe. J’ai ensuite été élue comme maire en 2023 à la suite de la démission de l’ancien maire. Aujourd’hui, je me représente car j’aimerais aller au bout des projets amorcés. En cumul, je passe environ une journée par semaine à la mairie mais c’est très variable. En ce moment, on prépare le budget et cela demande du temps. Heureusement que mes parents m’aident à la ferme. Notre commune de 340 habitants est dans la communauté d’agglomération Valence Romans Agglo. Il faut parfois expliquer aux nouveaux arrivants comment fonctionne la campagne et pourquoi il peut y avoir de la terre ou de l’eau d’irrigation sur les routes. Je pense qu’il doit y avoir des agriculteurs dans les conseils municipaux, de même que des chasseurs. Cela facilite le dialogue et permet de faire remonter les besoins des uns et des autres. Chez nous, par exemple, les agriculteurs luttent activement contre l’ambroisie et la mairie veille à curer les fossés. »

Johanna Payot-Rimet, engraisseuse de chevreaux et maire de Barcelonne dans la Drôme

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