Blé tendre : quelles variétés choisir pour des semis tardifs ?
Plus le semis de blé tendre est retardé, plus certaines caractéristiques variétales sont incontournables pour préserver l’équilibre du cycle de la culture.
Plus le semis de blé tendre est retardé, plus certaines caractéristiques variétales sont incontournables pour préserver l’équilibre du cycle de la culture.
Contraintes météo, précédent récolté tardivement (maïs, betterave…), gestion des adventices…, plusieurs raisons peuvent expliquer des semis tardifs de blé, qui peuvent s’étaler jusqu’à début février.
« La précocité à épiaison est le premier critère à privilégier lorsque l’on sème son blé tendre fin novembre ou début décembre », indique Alexis Decarrier, animateur national filière blé tendre chez Arvalis. L’objectif est de limiter le retard pris en début de cycle et de permettre au blé d’atteindre suffisamment tôt l’épiaison, avant les potentiels épisodes de fortes températures pénalisantes pour le remplissage du grain.
Dans les Hauts-de-France, où les agriculteurs sèment souvent leur blé après le 25 octobre, Charlotte Perin, ingénieure régionale à Arvalis, préconise des variétés avec « une note minimale de précocité à épiaison de 7 à 7,5, notamment derrière betterave. » La précocité à montaison (note à partir de 4) est un critère également évoqué par Léa Bounhoure, ingénieure Arvalis Bourgogne-Franche-Comté, pour atteindre rapidement le stade épi 1 cm et éviter les risques de gel méiose au printemps.
Le besoin en vernalisation (jours froids) est l’autre élément majeur à prendre en compte en semis tardif, indique Jérôme Vansuyt, chef produit céréales et protéagineux chez Florimond Desprez. « Si on ne respecte pas l’alternativité, il n’y a pas de dominance apicale, pas d’épi et le blé reste à l’état herbacé. » Les variétés alternatives ou demi-alternatives, moins dépendantes d’une période de froid suffisamment longue, sont conseillées lorsque le blé dispose de très peu de temps pour s’installer avant l’hiver.
Prestance est la référence pour des semis très tardifs
La variété Prestance est « la grande référence » pour les semis très tardifs de janvier ou février, indique Philippe Pluquet, responsable technique productions végétales à la coopérative Noriap. « Elle est particulièrement intéressante, car elle est semi-alternative (note de 6), très précoce à montaison et elle finit très vite à épiaison », explique Léa Bounhoure. Elle a de bons critères qualité, de bons profils septoriose et rouille brune, mais attention à la rouille jaune. « Si en semis tardif, il y a moins de risque de verse et de septoriose, la pression en rouille jaune et rouille brune peut être importante », rappelle Philippe Du Cheyron, ingénieur Arvalis au sein du pôle variétés, génétique et semences.
Pour des semis tardifs, de fin novembre ou décembre, Thermidor est une variété qui fait consensus, présente sur près de 7 % des surfaces de blé dans les Hauts-de-France. « C’est une variété récente, mais confirmée, avec une précocité à épiaison de 7. Elle présente un bon comportement en sols de craie et sableux. Elle est notamment recommandée derrière betterave », indique Charlotte Perin.
Jérôme Vansuyt cite également des variétés de sa société comme Celebrity, Facility, et la nouveauté 2026 Funny. « Avec des notes de 3 en alternativité, 2 à montaison et 7 à épiaison, elle fonctionne très bien sur des semis tardifs. » C’est la meilleure nouveauté de l’année sur ce créneau, à confirmer avec cette campagne, estime de son côté Charlotte Perin. « Dotée d’un bon profil vis-à-vis des rouilles et de la septoriose, elle présente en revanche une sensibilité à la verse qui incite à respecter son créneau de semis tardif. » Kaktus (nouveauté 2025) est une autre variété préconisée par Arvalis Hauts-de-France pour des semis après le 25 octobre.
Des tolérances fusariose et DON à privilégier derrière maïs
La tolérance de la variété à la fusariose et au déoxynivalénol (DON) devient un critère important derrière le maïs. Philippe Du Cheyron évoque KWS Millesime (nouveauté 2025) qui redémarre très vite l’hiver. « Elle peut être attaquée un peu par la rouille jaune, mais elle a le gros atout d’être tolérante à la fusariose des épis et aux contaminations par le DON. » Conquistador est également citée par Philippe Pluquet pour les précédents maïs, en raison de sa tolérance élevée à la fusariose.