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« Avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes d’Amérique du Sud ou d’ailleurs ne pourront plus entrer sur le territoire national », promet Sébastien Lecornu

Avant de rencontrer les syndicats agricoles cette semaine, le Premier ministre et Annie Genevard ont annoncé ce week-end qu’un arrêté allait être pris pour suspendre l’importation de produits contenants des résidus mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl, carbendazime et benomyl.

  Sébastien Lecornu, Premier ministre, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 23 décembre.
Le Premier ministre affirme que « des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires » pour la mise en œuvre de l’annonce faite le 4 janvier.
© Capture d’écran Assemblée nationale

A quelques heures des rencontres bilatérales prévues entre Sébatien Lecornu et les représentants des syndicats agricoles, le Premier ministre et Annie Genevard ont une nouvelle fois tenté de désamorcer la colère agricole avec quelques annonces.

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« Un arrêté sera pris dans les prochains jours, à l’initiative de la Ministre de l’Agriculture Annie Genevard pour suspendre l’importation de produits contenants des résidus de substances interdites en Europe : mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime », a ainsi promis Sébastien Lecornu le 4 janvier via un post sur X. Et d’ajouter « avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins et pommes d’Amérique du Sud ou d’ailleurs ne pourront plus entrer sur le territoire national ». 

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Pour la mise en place opérationnelle de cet arrêté, le Premier ministre affirme que « des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires ».

Lire aussi : « La guerre agricole nous menace » : que propose Annie Genevard pour réarmer l’agriculture française ?

Quels produits concernés par l’annonce de la suspension des importations contenant des résidus de cinq produits phytosanitaires ?

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a précisé à nos confrères d’Agrapresse que le benomyl serait aussi ajouté à la liste.

Cet arrêté d'une ampleur inédite qui concerne plus d'une dizaine de produits alimentaires 

« D'où qu'ils viennent dans le monde, les produits importés doivent respecter nos normes. La France montre l'exemple en Europe en prenant cet arrêté d'une ampleur inédite qui concerne plus d'une dizaine de produits alimentaires », a précisé la ministre de l’Agriculture sur le réseau social X. « Melons, pommes, abricots, cerises, fraises, raisins, pommes de terre : ils ne seront commercialisés en France que s'ils ne présentent aucun résidu de ces substances interdites chez nous », a-t-elle poursuivi. Et d’ajouter, « d'autres produits d'Amérique du Sud comme les avocats, la goyave ou certains agrumes venant d'ailleurs ne pourront venir que s'ils respectent nos normes ». 

Il s'agira concrètement d'activer des clauses de sauvegarde, comme l'avait fait Stéphane Le Foll pour le diméthoate en cerise, ou l'avait demandé Gabriel Attal en 2024 pour le thiachlopride, précisent nos confrères d’Agra Presse.

Contacté par l’AFP, le ministère de l’Agriculture a indiqué que l’arrêté serait publié mardi. La France devra toutefois obtenir le feu vert de la Commission européenne dans les 10 jours, un accord qu’espère obtenir mercredi la ministre lors de son déplacement à Bruxelles, selon la même source.

Lire aussi : PLF 2026 : quelles mesures agricoles rétroactives au 1er janvier 2026 seront défendues par le gouvernement ?

« Une première étape », selon Sébastien Lecornu qui évoque aussi la viande importée

« C’est une première étape. Nous poursuivrons en utilisant pleinement les leviers juridiques à notre disposition, que cela concerne les fruits et légumes mais aussi la viande importée qui ne respecteraient pas les normes sanitaires et phytosanitaires de l’Union européenne », a ajouté le Premier ministre le 4 janvier dans une lettre ouverte adressée aux agriculteurs.

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MACF et ICPE : autres promesses du Premier ministre

Dans cette lettre ouverte, le Premier ministre promet aussi que « le budget de la PAC ne baissera pas, ni aujourd’hui, ni demain ». Il affirme encore avoir demandé à la présidente de la Commission européenne de « trouver rapidement une solution permettant de neutraliser de manière temporaire les effets de la MACF sur le prix des engrais ».

« Je ne vous demande pas de croire à des mots : je vous demande de regarder les actes. Les arrêtés et les décrets seront publiés, y compris sur les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) » poursuit-il.

Lire aussi : MACF : les annonces de la Commission européenne vont-elles limiter la hausse des prix des engrais ?

Lire aussi : ICPE : la sortie de l’élevage prévue par ordonnance

Des annonces qui ne convainquent pas la FNSEA

Ces annonces ont-elles suffi à convaincre les syndicats agricoles ? Pas vraiment ! « Ni la lettre que le Premier ministre vient d’adresser à la presse ce soir, ni les annonces de la ministre de ce matin dans la Tribune puis sur CNews ne permettent d’apporter les réponses concrètes aux problématiques de revenus des agriculteurs », a indiqué la FNSEA hier soir à la presse.

Et son président Arnaud Rousseau d’annoncer sur CNews la mobilisation du réseau FNSEA à compter de ce lundi 5 janvier. Le syndicat agricole réclame « une loi d’exception agricole, à l’image de celle votée pour la reconstruction de Notre-Dame ». Cette loi devrait permettre de lever les freins qui étouffent la production : « Mercosur, MACF, eau, phytosanitaires, investissements pour l’adaptation climatique » et de simplifier les conditions de travail des agriculteurs.

Lire aussi : Mercosur, PAC, taxe engrais : des milliers d’agriculteurs mettent la pression à Bruxelles

Pour la Coordination rurale, Sébastien Lecornu « répond à côté à peu près sur tout »

Pour sa part, la Coordination rurale annonce sur France info lancer des convois de tracteurs vers la capitale pour un grand rassemblement prévu le 8 janvier. « Il y a des convois pacifiques qui s'organisent pour monter sur la capitale », confirme son président Bertrand Venteau. Selon lui, des tracteurs ont déjà franchi la Loire lundi matin, mais « le gros des troupes » partira mardi. « S'ils ne sont pas bloqués pour monter à Paris par les forces de l'ordre, je pense qu'on sera très nombreux à Paris », ajoute-t-il. A propos des annonces faites hier par Sébastien Lecornu, le président de la Coordination rurale estime que le Premier ministre « répond à côté à peu près sur tout ».

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