Dans une analyse parue en mai 2026, l’autorité statistique européenne Eurostat fait le point sur les ventes de pesticides au sein de l’Union. Au global, les ventes ont augmenté de 8 % en 2024 par rapport à 2023. Du côté français, les ventes du pays ont augmenté de 12 % entre 2011 et 2024.
En 2024, les ventes de pesticides, un indicateur de leur consommation dans l’Union européenne, ont atteint ~316 000 tonnes. Soit une hausse de 8 % par rapport à 2023, après deux ans de diminution, d’après l’analyse publiée le 13 mai 2026 par Eurostat. Les volumes d’achat de pesticides dont les produits phytosanitaires à destination agricole, ont pourtant diminué de 12 % entre 2011, année de début de collecte des données et 2024.
Pourquoi les ventes de pesticides ont-elles de nouveau augmenté en 2024 ?
Selon Eurostat, après la nette diminution en 2022 et 2023, les conditions météorologiques humides de 2024 et des prix plus compétitifs par rapport à 2023, ont contribué à l’augmentation des ventes de pesticides, en particulier les fongicides et les molluscicides. Mais ce n’est pas tout. D’autres facteurs entrent en jeu pour expliquer les évolutions des ventes de pesticides d’après l’analyse qui cite « les changements de statuts réglementaires » (retraits, nouvelles autorisations), « les dynamiques du marché », ainsi que « l’évolution des pratiques agricoles ».
Evolution des ventes de pesticides dans l'Union européenne entre 2011 et 2025.
Les pesticides les plus vendus dans l’UE en 2024 sont les fongicides et bactéricides (40 %), suivis par les herbicides dont les destructeurs de fanes et tueurs de mousse (35 %) et en troisième position, les insecticides et acaricides (17 %). Par ailleurs, parmi les fongicides, les produits inorganiques représentaient 61,4 % des fongicides vendus. Avec par exemple, les composés cuivrés ou le souffre minéral, autorisés en agriculture biologique.
La France en tête des volumes de pesticides vendus dans l’UE en 2024
Dans le détail, en 2024, la France (22 %), l’Espagne (19 %), l’Allemagne (14 %) et l’Italie (13 %) représentaient les parts les plus importantes du volume des ventes de pesticides dans l'Union européenne.
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La direction générale des statistiques de la Commission européenne rappelle que ces derniers sont les « producteurs agricoles les plus importants de l’UE ». Ensemble, ils rassemblent 52 % de la surface agricole utile (SAU) de l’Union européenne et 49 % des terres arables de la zone. Contrairement à la tendance européenne à la baisse, la France a acheté 69 830 tonnes de pesticides en 2024, quand le pays s’en était procuré 61 262 tonnes en 2011.
Pour les autres, le contraste est « saisissant » selon les pays de l’Union européenne d’après Eurostat. Les ventes de pesticides ont baissé dans 14 pays sur la période d’étude (2011-2024). Parmi eux : la Tchéquie (-44 %), l’Italie (-43 %), l’Irlande (-42 %) et le Portugal (-40 %). A l’opposé, les ventes ont augmenté dans les 7 autres pays (dont la France) avec à la première place la Lettonie (+68 %), l’Autriche (+52 %) et la Lituanie (+35 %).
Cependant, l’autorité statistique précise que les chiffres concernant les deux pays baltes sont à relativiser : « ces taux de croissance élevés s’expliquent en partie par des niveaux de vente absolus faibles ». En 2011, la Lettonie a acheté 1 076 tonnes de pesticides contre 1 812 tonnes en 2024. Concernant l’Autriche, les ventes sont gonflées par « de gros volumes de gaz inertes, comme le dioxyde de carbone ou l’azote utilisés dans le stockage des productions agricoles », indique l’analyse. Reste aussi à savoir si les instabilités géopolitiques actuelles auront des impacts sur les ventes de pesticides dans les prochaines années.
Un indicateur de la consommation de pesticides imparfait
Dans sa méthodologie, Eurostat précise que le volume total de pesticides vendus comprennent ceux épandus en agriculture ainsi que ceux utilisés dans d’autres secteurs d’activité.
Selon l’analyse, « la consommation de pesticides serait mieux reflétée par des chiffres sur l’utilisation effective des substances actives dans les exploitations ou par les doses d’applications ». Mais ces données ne sont pas collectées chaque année ou comparable entre les pays, c’est pourquoi le tonnage de vente de pesticides demeure un indicateur.