La FDSEA de la Creuse est née le 19 octobre 1946, héritière des
traditions syndicales remontant à plus d’un siècle. Malgré le poids des
années, le syndicalisme creusois n’a pas dévié de sa finalité
originelle qui consiste à servir avec efficacité et ardeur les intérêts
des agriculteurs. La FDSEA de
la Creuse fête donc cette année ses 60
ans. 60 années de militantisme passées aux côtés et au service des
agricultrices et des agriculteurs et des adhérents en particulier. Pour
célébrer comme il se doit cet événement, la FDSEA a organisé un Congrès
exceptionnel le vendredi 13 octobre 2006 à la Salle polyvalente de
Guéret avec la participation de plusieurs personnalités et notamment de
M. Christophe Malvezin, conseiller technique du Ministre de
l’Agriculture et du représentant de la FNSEA en la personne de
Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint.Le matin, après l’accueil de bon usage du Président de la FDSEA,
Jean-Philippe Viollet, un diaporama a retracé l’activité de 2005. S’en
est suivie la présentation du rapport d’orientation par Thierry Jamot,
Secrétaire Général de la FDSEA, avec un débat autour de son thème :
«
Pour une agriculture audacieuse, attractive et solidaire». L’après-midi
était consacré à deux tables rondes. La première développait le sujet :
« Le Massif Central au cœur de l’Europe agricole », avec la
participation de Reinhard Schick, Conseiller Technique du Ministre de
l’Agriculture de Bavière, Jean-Bernard Bayard, Secrétaire Général
Adjoint de la FNSEA, Olivier Bertrand, Vice-président du comité des
Régions à Bruxelles, Philippe Chazette, Président de CCBE. La deuxième
table ronde était quant à elle axée sur « L’avenir des filières
agricoles dans une Europe mondialisée » avec la participation toujours
de Reinhard Schick, Jean-Bernard Bayard, complétée de Xavier Beulin,
Vice-président d’ORAMA, de Michel Delagrandanne, Président du Comité
Economique et Social du Limousin et de Jean-Louis Sudre, Directeur de
COVILIM.
Vers 17 h, en clôture de ces travaux, la FDSEA a symboliquement remis
des distinctions à quelques responsables ou anciens responsables qui
œuvrent ou ont œuvré à tous les niveaux dans l’intérêt du syndicat et
des adhérents. C’est ainsi qu’avec beaucoup d’émotion et d’humilité,
Jean-Philippe Viollet les a remerciés pour leur dévouement syndical et
leur investissement personnel.
La journée s’est terminée autour d’une soirée conviviale avec
un spectacle cabaret haut en couleurs pour le plaisir des
yeux et des oreilles.Autour de la première table ronde, l’accent a avant tout été mis autour
de la qualité des produits de notre Région et de notre département.
Pour le Professeur Schick, du Ministère de l’Agriculture de Bavière, la
qualité et l’optimisme vont de paires. Ils sont indispensables à
l’évolution des exploitations. Evolution qui se fait principalement par
l’augmentation de la taille des troupeaux. S’il vaudrait mieux
toutefois plus de gens plutôt que plus d’animaux, la réalité est
malheureusement tout autre. Avec une population vieillissante, le
renouvellement des générations s’annonce difficile. Mais la Creuse a un
avantage, c’est son savoir-faire, avec 2 volets principaux : la
production de maigres et l’engraissement. Les marchés à l’exportation
de nos broutards sont en effet à ce jour porteurs. Un bémol pourtant,
la menace qui pèse sur les soutiens européens. La Commission Européenne
a récemment publié un document d’une quinzaine de pages sur la
simplification. Pour Olivier Bertrand, du Comité des Régions,
simplification et suppression, ça commence par la même lettre. Sans
oublier les aides des programmes européens (FEADER) sur lesquelles la
ruralité d’une façon générale peut de plus en plus émarger.
Pour la deuxième table ronde, axée sur les filières, il fut longuement
question des biocarburants. Selon Xavier Beulin, Vice-président d’Orama
et Vice-président de la FNSEA, les liens entre élevages et productions
de cultures énergétiques sont en effet forts puisque de la production
d’huile et d’éthanol, on retire respectivement tourteau, pulpe de
betterave et drèche utilisable dans l’alimentation du bétail. Sans
omettre les aspects environnementaux avec la diminution des émissions
polluantes par l’utilisation de ces biocarburants. Mais dans une Europe
mondialisée, notre région du Massif central et notre département se
doivent d’être accessibles, en lien avec l’extérieur, entendons par là,
améliorer des axes de communication, ne serait-ce que routiers, pour
désenclave au mieux nos zones et les rendre plus compétitives. Le
risque de nous voir inondés par les productions d’Amérique du Sud
(Brésil et Argentine notamment) que ce soit tant au niveau végétal
qu’animal est réel. Il nous conforter notre atout qualité.
« Nous devons renforcer nos positions »
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Si la FDSEA avait souhaité la participation de Dominique Bussereau à son congrès, son emploi du temps ne lui avait pas permis de rejoindre le chef lieu creusois. Mais pour satisfaire cette demande il avait délégué son conseiller technique Christophe Malvezin pour décliner les orientations politiques de l’agriculture défendue par le ministre. Rappelant les grandes tendances de la politique agricole française, M. Christophe Malvezin a souligné l’engagement du ministre et du gouvernement sur les dossiers européens et internationaux et notamment dans les négociations à l’OMC en « accordant une priorité à la défense du modèle agricole européen… et qu’il n’a jamais été question pour la France d’accepter un accord déséquilibré pour brader notre agriculture et sacrifier les emplois au nom de la libéralisation des échanges ». Concernant les actions de modernisation sur le plan national, M. Malvezin a indiqué que la loi d’orientation du 5 janvier 2006 « est le fruit d’une détermination et d’une volonté politique forte ». Ainsi si « les bases juridiques de l’exploitation agricole et le modèle sociétaire sont renouvelés, la transmission des exploitations vers les jeunes grâce au bail cessible et au crédit d’impôt transmissions » est à présent chose faite a-t-il déclaré tout en soulignant que le « crédit d’impôt remplacement » mis en œuvre depuis le 7 juillet dernier était « une mesure importante en direction du secteur de l’élevage et qui s’applique pour les remplacements pour congés depuis le début de l’année ». Quant au sujet de la sécheresse, il a indiqué que la situation avait été très préoccupante avec un déficit fourrager s’élevant de l‘ordre de 15 % et que de nombreux département dont la Creuse avait engagé des procédures de calamité agricole. Une seconde commission nationale des calamités agricoles se tiendra au mois de novembre pour étudier certains dossiers complémentaires. Pour pallier aux difficultés des éleveurs en matière de trésorerie le gouvernement a décidé que le versement de la part nationale de la PMTVA serait réalisé dès cette semaine ainsi qu’une avancée de 60 % sur la part communautaire et qu’à titre exceptionnel le Ministre de l’Agriculture avait obtenu le versement anticipé des DPU dans ces prochains jours. Sur les investissements aux filières, il a précisé que le plan de modernisation des bâtiments d’élevage constitue une mesure importante pour le secteur de l’élevage et d’une « ampleur jamais atteinte » avec des moyens financiers conformes aux engagements pris par le gouvernement, qui pour la période 2005/2006 représentent 300 M Euros et 120 M Euros annuellement pour la prochaine programmation 2007/2013 du FEADER et qu’ « afin de résorber les « files d’attentes » des mesures d’optimisation des différentes ressources budgétaires sont actuellement mises en œuvre pour permettre l’engagement de tous les dossiers déposés en 2005 ». Abordant un sujet particulièrement sensible pour notre département la prime à l’herbe, Christophe Malvezin a indiqué que « le gouvernement a fait le choix d’exclure la PHAE du cofinancement européen ». « L’enveloppe PHAE sera repartie entre les départements sur la base des références historiques et la part réservée aux départements de montagne sera totalement préservée », « le cahier des charges sera fondé sur les règles actuelles en contrepartie d’une rémunération proportionnelle à la surface engagée » et « en tout état de cause, les crédits nationaux consacrés à cette nouvelle mesure seront du même ordre que ceux consacrés à la PHAE et aux CTE herbagers sur la période 2003-2006 ».