Vingt ans après l’acquisition de sa première ferme, Terre de Liens poursuit son engagement en faveur de l’installation d’agriculteurs et annonce avoir confié sa 400e ferme à Aurore, 48 ans, en Normandie.
Depuis vingt ans, grâce à des milliers de citoyens qui placent leur épargne au sein de la foncière Terre de Liens, le mouvement a acquis 400 fermes, installé 800 paysans et paysannes et préservé 12 000 hectares. Le dernier projet d’installation-transmission concerne la Ferme du Lavoir située dans le Calvados que Guillaume, son propriétaire a cédé à Terre de Liens. En faisant cette acquisition, l’association a levé le frein financier de l’accès à la terre et permet à Aurore 48 ans, originaire du Sud de la France de s’installer. Comme 60 % des agriculteurs de demain, Aurore est ce qu’on appelle une “Nima”, une personne non-issue du milieu agricole. Devenir agricultrice est pour elle l’aboutissement d’une reconversion professionnelle.
En tant que propriétaire, Terre de Liens va établir avec elle un contrat de fermage lui offrant la stabilité nécessaire pour s’engager sur le long terme, un contrat reconduit tacitement tous les neuf ans. « Mon souhait de nourrir les gens avec des produits sains, aurait été impossible sans Terre de Liens ! » confesse aujourd’hui Aurore. L’acquisition de la Ferme du Lavoir qui compte 19 hectares assure la pérennisation d’un site emblématique de l’agriculture biologique. L’atelier de transformation de pommes permet la fabrication de jus de fruits, cidre et alcool, des produits vendus à la ferme ou en magasin, qui pourront continuer à satisfaire les habitants locaux.
Développer les actions en faveur de l’installation
Selon Terre de Liens, les actions pour aider les agriculteurs à s’installer doivent se développer. « Plus de 5 millions d’hectares, soit près de 20 % de la surface agricole française, vont changer de main d’ici 2030. Dans ce contexte, la loi d’orientation agricole votée en février dernier ne donne aucune sécurité sur ces terres puisqu’elle oriente nos politiques agricoles vers le productivisme et l’exportation, au détriment de la capacité de la France à nourrir sa propre population. Et à installer la nouvelle génération agricole » affirme l’association.
« L’accès à la terre représente l’enjeu n° 1 »
Pour Terre de Liens, le secteur agricole ne souffre pas d’une crise de légitimité puisque près de 21 000 candidats à l’installation frappent chaque année aux portes des Chambres d’agriculture. Mais l’association regrette que seuls 13 000 d’entre eux parviennent finalement à le faire. « Pour cette nouvelle génération agricole qui souhaite majoritairement s’installer en agroécologie, lever le verrou de l’accès à la terre représente l’enjeu n° 1 » affrime l’association.