Les brebis multipares peuvent être sujettes à la toxémie de gestation en cas de difficulté à subvenir aux besoins de leurs fœtus. État corporel et qualité de l’alimentation sont à tenir à l’œil pour prévenir cette maladie.
Tenir à l’œil la toxémie de gestation
Les brebis multipares peuvent être sujettes à la toxémie de gestation en cas de difficulté à subvenir aux besoins de leurs fœtus. État corporel et qualité de l’alimentation sont à tenir à l’œil pour prévenir cette maladie.
C’est une maladie métabolique des petits ruminants en fin de gestation qui se caractérise par une incapacité de la future mère à fournir les besoins en énergie et en glucose aux fœtus. La toxémie de gestation peut survenir chez des animaux maigres et sous-alimentés mais aussi chez des animaux trop gras dont le foie fonctionne mal. Les gestations multiples (doublés ou triplés) sont les plus à risque. Dans le sud-est de la France, la période la plus critique est la fin d’hiver en bergerie avec des fourrages grossiers ou carencés.
Un déséquilibre entre besoins et apports
Le mécanisme de cette pathologie est lié, d’une part, aux besoins croissants des fœtus dans le dernier mois de gestation qui sollicitent exagérément les réserves de la mère, et d’autre part, à la capacité d’ingestionqui diminue. En cause : le développement de l’utérus, qui laisse de moins en moins de place au remplissage de la panse. Pour compenser ce phénomène, la brebis mobilise ses graisses, qui sont transformées en corps cétoniques et en acides gras en grande quantité. Ces métabolites s’accumulent dans l’organisme et saturent le foie, entraînant une fatigue croissante.
Les symptômes se manifestent alors par une baisse de l’appétit, un amaigrissement rapide et des difficultés à se déplacer, sans fièvre. Puis l’état s’aggrave avec l’apparition de troubles nerveux et une impossibilité à se relever. L’évolution est mortelle si la mise bas n’intervient pas rapidement.
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Le traitement tardif est souvent décevant, il fait appel à un apport de glucose hypertonique en perfusion associé à des précurseurs du glucose (propylène-glycol) par voie orale. Auquel on peut rajouter du calcium et des soutiens de la fonction hépatique (sorbitol et acides aminés).
Il vaut mieux axer ses efforts sur la prévention en surveillant l’état corporel des multipares dans le mois précédant les mises bas et en complémentant les futures mères suffisamment tôt pour compenser la perte de capacité d’ingestion. L’échographie précoce avec dénombrement est alors très utile pour grouper les brebis en lots homogènes.L’objectif est d’avoir une NEC de 3 à l’agnelage.
La qualité du foin doit aussi être évaluée pour éviter les erreurs d’appréciation dans le rationnement hivernal. Dans le cas des brebis trop grasses, la vigilance doit porter sur une bonne transition alimentaire, notamment pour les troupeaux passant d’un pâturage riche à une ration de fourrage en intérieur.