Face à l’envolée des charges alimentaires et énergétiques liée notamment à la sécheresse, la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec) réclame une revalorisation significative du prix du lait dès l’ouverture des prochaines négociations commerciales.
Après un été marqué par une sécheresse exceptionnelle, les éleveurs caprins doivent faire face à une hausse importante de leurs coûts de production. Selon les premiers chiffrages avancés par la Fnec dans un communiqué du 14 octobre, les surcoûts alimentaires pourraient dépasser 100 euros pour 1 000 litres de lait dans certaines régions et certains systèmes alimentaires.
La prolongation de la sécheresse sur l’automne n’a pas permis la reconstitution des stocks fourragers. À la hausse du prix des fourrages et des céréales s’ajoute celle des coûts énergétiques. L’indice Ipampa lait de chèvre, qui mesure l’évolution des charges en atelier caprin, a ainsi progressé de 7 % depuis le début de l’année.
Pour la Fnec, ces difficultés menacent directement la capacité des élevages à maintenir leur production. Faute de moyens suffisants pour nourrir correctement leurs animaux, les éleveurs pourraient être contraints de réduire leur cheptel. La fédération estime que les aides publiques, jugées insuffisantes, ne permettront pas à elles seules de surmonter cette crise.
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La Fnec rappelle que le prix du lait payé aux producteurs reste inférieur à son prix de revient. Dans ces conditions, les éleveurs ne peuvent absorber durablement la hausse des charges sans dégrader davantage leur revenu. La fédération appelle donc les transformateurs et les distributeurs à prendre leur part de responsabilité et à accorder des hausses de prix significatives dès le début des négociations commerciales, qui doivent s’ouvrir dans quelques semaines.
Au-delà de la conjoncture, la Fnec souligne la nécessité de redonner des perspectives économiques à la filière caprine pour permettre l’installation de jeunes agriculteurs, la modernisation des élevages et les investissements nécessaires à l’adaptation au changement climatique, notamment pour reconstituer les stocks fourragers.
« La capacité d'adaptation dont font preuve les éleveurs arrive à un point de rupture», alerte la fédération, qui prévient qu’en l’absence d’un geste fort de l’aval, c’est l’ensemble du potentiel de production de la filière qui pourrait être fragilisé.