L’ensemble des syndicats agricoles ont exprimé leur déception à l’issue de la présentation le 4 septembre par Annie Genevard du plan d’aides Casi (climat, adaptation, sécheresse, incendies) destiné à soutenir les trésoreries des agriculteurs et à relancer la production après l’été 2026.
« Le compte n’y est pas », « l’enveloppe annoncée très loin de répondre à l’urgence », « un plan scandaleux face à une crise catastrophique », « des rustines pour l’urgence », « ce plan ne va pas éviter la faillite des 35 000 exploitants fragilisés » : FNSEA, Coordination rurale, Confédération paysanne, Jeunes agriculteurs et Modef pointent unanimement l’insuffisance du plan sécheresse (baptisé plan Casi pour climat, adaptation, sécheresse, incendies) présenté vendredi 4 septembre par la ministre de l’Agriculture.
Un milliard d’euros : un montant pas à la hauteur des pertes
Face aux pertes massives enregistrées par les agriculteurs cet été 2026, l’enveloppe de plus d’un milliard d’euros n’est pas à la hauteur des attentes des syndicats agricoles. Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, estime qu’il faudrait « au moins 2 milliards ». La Coordination rurale avance, dans un communiqué, qu’il « faudra plusieurs milliards d’euros pour sauver la saison agricole et empêcher la disparition de milliers d’exploitations » quand le Modef juge que ce « plan devrait être au minimum doublé voire multiplié par 10 au vu des dernières estimations de pertes agricole ». La Confédération paysanne, quant à elle, réclame toujours une aide directe de 5000 euros par paysan impacté.
🚨Un plan SCANDALEUX face à une crise historique : 4 fermes sur 5 laissées sur le carreau !
Le montant d'1,2Md€ peut paraitre élevé : il est en réalité très faible face à l'ampleur de la crise.
Indemnité de solidarité nationale : l’absence d’élargissement critiqué
Au-delà du montant global, les syndicats agricoles se montrent aussi critiques sur l’indemnité de solidarité nationale (ISN), qui devrait être abondée et représenter 520 millions d’euros. La FNSEA regrette « l’absence d’élargissement d’accès et d’indemnisation ». « Sur les annonces de la ministre des doutes légitimes s’expriment tant sur le calendrier, les productions concernées que le niveau d’indemnisation » pointe le syndicat agricole qui indique que « pour les grandes cultures ou l’arboriculture, aucune reconnaissance n’est actée à ce jour » et que pour les prairies « l’indice de production à la fin août n’est toujours pas publié par Airbus ». Ses fédérations spécialisées ruminants (FNB, FNPL, FNO et Fnec) réclament toujours, en vain pour l’instant, des expertises de terrain « pour évaluer la réalité des pertes qui sont pour de nombreux éleveurs supérieurs à 50% ».
La Confédération paysannes déplore pour sa part que « les 520 millions d’euros vont juste permettre d’abonder le fonctionnement normal de l’ISN » sans venir en aide aux 82% de fermes non assurées. Le Modef craint également que « l’enveloppe annoncée soit uniquement destinée aux 68 000 agriculteurs assurés ».
Une prise en charge des cotisations sociales jugée très faible
Plusieurs syndicats agricoles (FNSEA, Confédération paysanne et Jeunes agriculteurs) jugent par ailleurs le montant des prises en charge de cotisations sociales très insuffisant. La FNSEA, notamment, regrette dans son communiqué le « montant totalement insuffisant de 20 millions ». Et ce alors que le plan gel en 2021 « avait consacré plus de 170 millions d’euros à cette ligne pour les seuls viticulteurs ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un dégrèvement de la TFPNB qui ne profiterait qu’aux propriétaires ?
Si l’enveloppe affectée au dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) est « mieux dotée » (330 millions d’euros annoncés, ndlr), la Confédération paysanne pointe que « cet argent tombe dans la poche des propriétaires fonciers », « sans garantie qu’ils le reversent aux fermiers locataires » et de rappeler que 51% des terres en France sont en fermage.
FNSEA et Jeunes agriculteurs regrettent de leur côté l’absence de mesures bancaires comme l’accès à des crédits bancaires de court terme facilité ou à des reports.
Alors que les agriculteurs touchés par les pertes liées à la sécheresse se retrouvent face à de grandes difficultés de trésoreries, la FNSEA s’étonne que « les aides PAC ne fassent pas l’objet d’une avance anticipée avant le 16 octobre, comme l’a permis la Commission européenne depuis le mois de juin ». Une demande également exprimée par la Coordination rurale.
Les jeunes agriculteurs « grands oubliés de ce plan » ?
Dans un communiqué, Jeunes agriculteurs regrette qu’aucune mesure spécifique ne concerne les jeunes agriculteurs. « Ils sont les grands oubliés de ce plan », dénonce le syndicat alors « même qu’ils disposent des trésoreries les plus fragiles et qu’ils portent les investissements les plus importants ».
Jeunes agriculteurs regrettent aussi « l’absence totale de mesures destinées à adapter les exploitations agricoles aux conséquences du changement climatique ». Un regret partagé par la Confédération paysanne selon qui le nouveau « fonds de réarmement agricole », doté de 235 millions d’euros, ne pose pas la question de « l’adaptation de la production aux nouvelles conditions climatiques ».