Terrasses Vermeilles, nouveau nom du groupement interproducteur Collioure-Banyuls, vient de terminer ses premières vendanges. Le repreneur, Jean-Marc Lafage, a un plan précis pour redonner son éclat à ce pan d’histoire du territoire méditerranéen.
Lors de la reprise du groupement interproducteur Collioure-Banyuls (GICB), certains ont taxé Jean-Marc Lafage de fou. Le vigneron catalan, propriétaire du domaine Lafage (6 propriétés en Pyrénées-Orientales, 300 hectares), sait toutefois ce qu’il fait. Pour redresser l’acquisition aux 20 millions d’euros d’encours, qui porte désormais le nom de Terrasses Vermeilles, le chef d’entreprise compte suivre plusieurs axes. Premièrement, certains coûts ont été rationalisés. Sur plus de 150 salariés, environ 110 ont été gardés, dont 80 VRP. Et c’est là l’intérêt du deuxième axe : le domaine Lafage est spécialisé dans le BtoB (export, CHR, réseau trad) mais peu actif en BtoC (vente directe).
« Nous avons de nombreuses complémentarités à faire valoir, estime Jean-Marc Lafage. Les commerciaux du domaine Lafage pourront pousser les vins doux naturels sur leurs réseaux historiques, et ceux de Terrasses Vermeilles proposer des vins tranquilles dans les foires et salons. » Enfin, conscient du déclin que connaissent les vins doux naturels (VDN) de manière globale, le vigneron entend redynamiser et rajeunir les produits, notamment à travers le marketing. « Il y a des exemples inspirants, par exemple sur le ratafia, assure le vigneron. Avec un beau produit, un peu plus frais, et un bel habillage, un peu plus « luxe », il y a des choses à faire. Ce qui est sûr, c’est qu’il va falloir sortir du carcan et innover. » La mixologie par exemple, pourrait être une idée à travailler.
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Les cinq millions d’euros de créance seront payés aux apporteurs qui s’engagent
Du côté des vignerons, la grande majorité a décidé de poursuivre l’aventure avec Terrasses Vermeilles. Le repreneur s’est engagé à payer le raisin 2 euros le kilo contre 1,5 euro précédemment, et à payer les créances de l’ancienne structure (5 millions d’euros étant toujours dus aux 400 apporteurs), à condition de s’engager sur les 10 prochaines campagnes et avec la même superficie. Jean-Marc Lafage ne cache pas s’être beaucoup appuyé sur le Crédit Agricole, qui lui a fait confiance. « Les viticulteurs ont besoin de cash maintenant, pour investir et être dans des situations favorables à l’installation de jeunes», estime le Catalan. Terrasses Vermeilles a vinifié cette année 3000 hl de vin doux, sur un marché français du VDN estimé par le vigneron à 9000 hl/an.