L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 12 et 13 février 2024, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les prix de la graine de colza ont connu une hausse modérée entre les séances du 12 et du 13 février sur Euronext et le marché physique français. Le bas niveau de l’euro face au dollar continue de soutenir les valeurs de la graine oléagineuse hexagonale. Notons par ailleurs la hausse des cours du pétrole à New York et Londres, et de ceux du canola à Winnipeg. Les services statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste) ont publié leurs dernières estimations de surfaces françaises de colza. En soja, les cours ont quelque peu reculé à Chicago.
Agreste évalue un repli des assolements hexagonaux de colza de 0,6 % entre 2022 (récolte 2023) et 2023 (récolte 2024), à 1,336 Mha.
En pétrole, la hausse des cours est à mettre sur le compte des tensions au Moyen-Orient. Le marché craint que l’Iran ne ferme le détroit d’Ormuz. De plus, l’Opep table sur une hausse de la demande énergétique des pays non membres de l’OCDE.
Autre élément haussier, le Malaysian Palm Oil Board (MPOB) a, comme prévu, abaissé ses prévisions de stocks malaisiens d’huile de palme entre décembre 2023 et janvier 2024. Ils s’affichent à un peu plus de 2 Mt, un niveau en-dessous des attentes du marché, contre près de 2,3 Mt précédemment.
Le port d’Anvers est perturbé par des grèves d’agriculteurs, perturbant son activité. Rappelons que de nombreuses matières premières agricoles, dont des tourteaux, des graines oléagineuses etc. transitent par ce port.
En soja, le recul des prix à Chicago s'explique par l'arrivée de la récolte en provenance d'Amérique du Sud. Des pluies en Argentine sont susceptibles d'améliorer les conditions de culture. Par ailleurs, des analystes ont à nouveau revu à la baisse leurs prévisions de récolte au Brésil. C'est le cas de Soybean and Corn Advisor, qui table désormais sur 147 Mt en 2024, contre 149 Mt précédemment. Par ailleurs, l'analyste StoneX rapporte une hausse des primes sur le marché physique brésilien, qui pourrait s'expliquer par une faible présence à la vente de la part des producteurs nationaux.
Autre élément baissier : le marché s'attend à ce que la Nopa, l'association des triturateurs de soja aux États-Unis, publie des chiffres de consommation de grains par l'industrie en recul entre décembre et janvier, ce jeudi 15 février. Des opérateurs ont rapporté l'arrêt temporaire d'usines ces dernières semaines, limitant les opérations de broyage dans le pays.
Dernier élément baissier, lié à la macroéconomie : l'inflation aux États-Unis est ressortie supérieure aux attentes du marché. Ainsi, les taux d'intérêt ne devraient pas être abaissés aussi tôt qu'espéré. Or, un taux d'intérêt relativement élevé maintient la demande des opérateurs en devise locale (soit le dollar états-unien) par rapport aux monnaies d'autres pays. Ainsi, le marché tablant sur une hausse de la demande en dollar, ce dernier s'est renforcé par rapport aux devises concurrentes. Cela pénalise l'attractivité à l'export de la graine de soja états-unienne, pesant sur les prix à Chicago.
Du côté du canola canadien, la hausse des prix à Winnipeg est liée à l'affaiblissement du dollar canadien par rapport au dollar états-unien, redonnant de la compétitivité à la graine canadienne sur la scène internationale. Ensuite, la demande des triturateurs canadiens est attendue en hausse en raison des bonnes marges de trituration. Néanmoins, les producteurs canadiens resteraient très présents à la vente sur le marché physique, sachant qu'ils disposent d'encore d'importants volumes non "pricés" (non commercialisés) dans leurs silos, tempérant la hausse des valeurs sur le marché à terme local.
En tournesol, les cotations sont en progression sur le marché physique français, suivant la hausse de la graine de colza nationale.
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