Les prix du blé tendre et du maïs sur le marché physique français ont progressé entre les 3 et 4 mai, à l’image des marchés à terme européen et états-unien. Ceux de l’orge fourragère ont suivi le mouvement, en sympathie avec le blé tendre. En blé dur, les cotations n’ont pas enregistré de modifications. Cette hausse tarifaire s’explique par les craintes concernant la récolte de maïs brésilienne et les cultures françaises, victime d’un manque d’eau. Sur Chicago, les cours du maïs, et du blé dans son sillage, atteignent des sommets depuis huit ans, ce qui fait dire aux analystes que les farmers pourraient semer plus de maïs et moins de soja. Les prix sont également au plus haut en zone mer Noire.
Les conditions de culture se dégradent
Ainsi, dans l’Etat brésilien du Paraná, seuls 28 % des cultures sont dans un état « bon à excellent » (contre 40 % la semaine précédente et 61 % l’année dernière à même date). Dans ce contexte, le cabinet Stonex a abaissé son estimation de production de maïs au Brésil, à 100,25 Mt (105,06 Mt précédemment), dont 72,7 Mt de safrinha (77,7 Mt), deuxième récolte de maïs semée en février. Le cabinet Safras & Mercado, qui avait le chiffre le plus élevé de production de maïs 2020/2021 au Brésil à 112,8 Mt (dont 80,6 Mt de safrinha), vient de l'abaisser à 104,1 Mt (dont 70,8 Mt de safrinha).
Aux Etats-Unis, les conditions de culture « bonnes à excellentes » du blé d’hiver s’élèvent à 48 % en semaine 17 (contre 49 % la semaine précédente et 54 % l’an dernier à date), avec une nette dégradation dans les Etats du Sud (sauf Kansas et Oklahoma), selon l’USDA. Quant au blé de printemps, les semis atteignent 49 % de la sole estimée (contre 14 % l’an dernier à date et 32 % sur la moyenne quinquennale). Les emblavements de maïs sont effectués à hauteur de 46 % (contre 27 % l’an dernier à date et 36 % sur la moyenne quinquennale), soit au-dessus des attentes des opérateurs.
Les conditions météorologiques vont rester sèches dans les plaines du Nord et le Midwest états-unien, tandis que l’est du pays (notamment la Cornbelt) va être arrosé, avec une baisse des températures de 6°C par rapport aux normales saisonnières. En conséquence, les cultures de blé devraient être pénalisées et les semis de maïs ralentis. La Russie devrait connaître une accélération des semis, à la faveur de conditions météorologiques sèches, tandis que les cultures en Ukraine devraient profiter des pluies, sans avoir de répercussions négatives sur les semis.
Sur la scène internationale, la Tunisie est à la recherche de 50 000 t d’orge fourragère en origine optionnelle (à charger entre le 1er et le 20 juin) et le Qatar de 105 000 t.
Marchés physiques français du 4 mai 2021 (base juillet pour les céréales)
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