Les principaux cours des contrats Blé et Maïs ont vivement reculé, mardi 29 mars 2022, tant sur le CBOT à Chicago que sur Euronext à Paris. Les baisses sont comprises, par exemple, entre 30 et 43 cts$/boisseau jusqu’en mars 2023 pour le blé états-unien et supérieures à 10 €/t jusqu’en mai 2023 pour la référence de blé Euronext. A noter que le prix du maïs états-unien suit ce mouvement global mais il a tendance à se redresser à partir de septembre 2023. Les prix sur les marchés physiques hexagonaux étaient aussi en vif repli en blé tendre, blé dur, orge fourragère et maïs.
Tout d’abord, les pourparlers pour trouver une solution au conflit entre la Russie et l’Ukraine, qui ont repris en Turquie en début de semaine, semblent progresser aux yeux de la communauté internationale. Moscou aurait indiqué vouloir « radicalement » réduire son activité militaire autour de Kiev.
Mais un autre élément pèse sur les marchés actuellement : la vigueur de la reprise de l’épidémie de la Covid-19 en Chine. SI Shenzhen avait annoncé le retour du confinement il y a déjà deux semaines, comme d’autres villes du pays, c’est au tour de Shanghai d’appliquer de nouvelles règles en la matière. Une baisse de la demande du pays en matières premières agricoles inquiète les opérateurs des marchés.
Retour des pluies, bienfaitrices mais insuffisantes
En ce qui concerne les fondamentaux, on enregistre le retour des pluies, notamment en France, ardemment souhaitées par les producteurs et les observateurs du monde agricole. Mais elles se montrent insuffisantes. Attention cependant, ces précipitations s’accompagnent, selon plusieurs modèles météorologiques, du retour d’un temps froid. Averses bienfaitrices également dans les grandes plaines à blé d’hiver états-uniennes, là aussi insuffisantes. La notation sur l’état des cultures états-uniennes fait ressortir des progrès dans certains Etats mais en repli dans d’autres. Le rapport de l’USDA, à paraître jeudi 31 mars, est attendu avec impatience par les opérateurs.
Sur la scène internationale, la France a assuré l’Egypte de pouvoir l’approvisionner en blé si nécessaire. Une délégation égyptienne est par ailleurs arrivée en Inde pour discuter importations de blé. L’Union européenne a aussi assuré, plus largement, débloqué 200 M€ pour aider les pays du Maghreb à faire face aux augmentations des cours des céréales sur le marché mondial. Selon l’attaché de l’USDA en Egypte, le pays pourrait abaisser ses importations de blé en 2022-2023 à 11 Mt (contre 12 Mt en 2021-2022, soit -8,3 %). La production égyptienne serait en hausse de 8,9 % en 2022-2023 comparée à 2021-2022. Ce qui permet au pays de réaffirmer qu’il dispose de suffisamment de stocks de blé pour abonder son programme de production de pain soutenu par l’Etat jusqu’à la fin de l’année calendaire 2022.
Côté commerce international, les exportations de blé par l’UE s’affichent à 19,87 Mt au 27 mars (contre 20,48 Mt l’an passé à la même date). Les exportations d’orges s’affichent elles à 5,79 Mt (contre 6,01 Mt) et les importations de maïs à 12,05 Mt (contre 12,1 Mt). La Tunisie est aux achats pour 150 000 t de blé meunier et 100 000 t d’orges fourragères. Ce mercredi se termine l’appel d’offres en blé lancé par l’Algérie.
Marchés physiques français du 29 mars 2022 (base juillet pour les céréales)
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