Les cours du blé tendre ont de nouveau marqué le pas pour finir la semaine avec une troisième baisse consécutive sur les marchés à terme de Chicago (CBOT) et de Paris (Euronext). Un retrait qui s’inscrit dans un mouvement de prises de profit et d’opérations spéculatives notamment. Les prix du blé tendre ainsi que de l’orge, en sympathie, ont logiquement reculé sur le marché physique français. Les cotations du maïs hexagonal suivaient aussi le même mouvement baissier.
L'ONU négocie avec la Russie le déblocage du blé ukrainien
La tension demeure dans le contexte guerre en Ukraine, entraînant un blocage des exportations du pays ainsi que des incertitudes concernant la production à venir pour la campagne 2022-2023. Des négociations avec la Russie, menées par l’Organisation des Nations unies (ONU) pour permettre l’export de blé ukrainien bloqué dans les ports sont en cours. « La Russie doit permettre l’exportation sécurisée des céréales stockées dans les ports ukrainiens », estime António Guterres, s’exprimant le 21 mai à New York à l’occasion d’une réunion ministérielle. Le secrétaire général de l'ONU a également émis le souhait que les engrais russes aient un accès au marché mondial sans restriction.
En Ukraine, les semis pourraient atteindre 190 000 ha en blé de printemps, 900 000 ha en orge de printemps et 3,9 Mha de maïs, selon le ministre de l’Agriculture du pays, soit un retrait de 25 % des cultures de printemps par rapport à l’an dernier.
Les conditions météorologiques aux Etats-Unis devraient s’améliorer avec des pluies attendues dans certaines zones de production de blé d’hiver, touchées par un déficit hydrique important. En Europe, et notamment en France, les précipitations, vendredi et ce week-end, sont aussi de nature à soulager les parcelles qui connaissent également des conditions très sèches depuis plusieurs semaines.
Nette dégradation des conditions de culture du blé français
Pour rappel, en France, selon le dernier bulletin Céré’Obs de FranceAgriMer, au 16 mai, les conditions de culture du blé tendre "bonnes à très bonnes" reculent de 82 % à 73 % (79 % en 2021) avec un stade "épiaison" passant de 26 % à 60 % (27 % en 2021). En orge d’hiver, les conditions de culture "bonnes à très bonnes" affichent aussi un retrait de 79 % à 71 % (75 % en 2021), le stade "épiaison" évoluant quant à lui de 90 % à 98 % (81 % en 2021). Pour l’orge de printemps et le blé dur, les conditions de culture "bonnes à très bonnes" passent respectivement de 76 % à 69 % (84 % en 2021) et de 77 % à 73 % (68 % en 2021). Enfin, en maïs, dont les semis sont maintenant quasiment achevés (98 %), les conditions de culture "bonnes à très bonnes" baissent légèrement de 95 % à 93 % (93 % l’an passé).
Sur le marché international, on notera que, malgré les restrictions annoncées concernant ses exportations de blé, l’Inde pourrait vendre des volumes sur le marché international sous certaines conditions. Un élément qui a contribué au retrait des cours enregistré en blé. Par ailleurs, la Jordanie est à la recherche de 120 000 t d’orge fourragère.
Marchés physiques français du 20 mai 2022 (base juillet pour les céréales)
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