Les principaux cours des contrats Blé et Maïs ont bondi, lundi 16 mai 2022, tant en Europe sur Euronext que sur le CBOT à Chicago. Les cours ont très fortement progressé sur toutes les échéances jusqu’en mai 2023, voire juillet 2023, outre-Atlantique pour les deux céréales. La hausse était aussi de mise sur les échéances suivantes mais s’avérait moins forte. En Europe, même scénario avec des augmentations de cours comprises entre 14 €/t et 23 €/t pour le blé jusqu’en mai 2025 et entre 12 €/t et 18 €/t pour le maïs jusqu’en mars 2024. Les 438,25 €/t atteints par le blé en clôture d'Euronext constituent un record toutes échéances confondues. Aux Etats-Unis, les niveaux de cours en fin de séance « flirtaient » avec les limites hautes mensuelles sur les bourses de Chicago, de Kansas City et de Minneapolis. Les prix sur les marchés physiques hexagonaux ont également grimpé, ce lundi, avec une hausse dépassant notamment les 20 €/t en blé. Même phénomène en maïs et en orge fourragère.
Des exportations indiennes de blé interdites... sauf exceptions !
La raison de cette envolée des cours ? L’annonce par l’Inde d’une interdiction des exportations du blé national, décidée pendant ce week-end, avec effet immédiat. La décision a surpris car l'Inde avait vendu d'importants volumes de blé en avril (1,4 Mt, avec de nouvelles destinations comme Israël, la Turquie, l’Indonésie, le Mozambique ou encore la Tanzanie) et en début mai, apparaissant comme une alternative possible aux exportations ukrainiennes bloquées par la guerre avec la Russie.
Depuis quelques jours, l'Inde avait expliqué être confronté à une vague de chaleur sans précédent (températures supérieures à 50 °C), compromettant les volumes de la nouvelle campagne. A cela s’ajoute aussi une hausse des prix importante sur le marché domestique alimentaire.
Au-delà de l’effet d’annonce, il faut décortiquer cette interdiction : pour certains analystes, dont Andrei Sizov, « l’interdiction n’est pas vraiment une interdiction ». D’abord, le gouvernement indien a indiqué que les exportations étaient interdites sauf exceptions ; ensuite, entre 4 et 5 Mt pourraient encore sortir du pays en dépit de l’interdiction ; enfin, un pays comme l’Egypte a trouvé un accord (sur 500 000 t) pour pouvoir tout de même acquérir du blé indien.
En attendant, l’annonce du gouvernement indien a créé un mouvement d’engorgement et d’incertitudes dans les ports du pays traditionnellement en charge des exportations, avec des camions qui, arrivés depuis le 13 mai sur site, ne peuvent plus décharger sur les bateaux et doivent repartir avec leur marchandise.
Une récolte céréalière médiocre au Maroc
Le maïs a également subi la décision indienne avec, en plus, des semis tournant au ralenti dans la Cornbelt aux Etats-Unis, même si les conditions d'implantation s’améliorent dans les régions du Midwest et des Grandes Plaines.
Par la voix de son ministre de l’Agriculture, le Maroc a annoncé des estimations de récolte de blé tendre à seulement 1,76 Mt, de blé dur à 0,75 Mt et d’orge à 0,69 Mt, en raison du manque d’eau dont souffre le pays. Ces chiffres constituent l’un des plus bas niveau de récolte de l’histoire du pays.
Côté commerce international, les inspections à l’exportation états-uniennes ont affiché 348 048 t en blé, dans les attentes des analystes, et 1 036 549 t en maïs, également dans les attentes. Le Pakistan a lancé un appel d’offres pour 500 000 t de blé meunier (date limite de candidature, le mai). De son côté, le Mexique a annoncé avoir suspendu certaines taxes à l’importation dans le pays pour quelques produits de base comme l’huile de maïs, la farine de maïs, la farine de blé, le maïs blanc ou encore la blé pour tenter de juguler l’inflation domestique.
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