Entre l’incertitude au sujet de la guerre en Ukraine et les conditions de semis défavorables dans certains grands bassins de production pour la prochaine récolte de blé, les prix de ce dernier ont progressé sur les marchés à terme de Chicago et Euronext entre les séances du 6 et du 7 octobre, entraînant avec eux ceux du marché physique français. Les cotations de l'orge fourragère ont suivi le même mouvement en sympathie.
Retard des semis de blé aux Etats-Unis et sur le pourtour de la mer Noire
Si les conditions météorologiques sont plutôt satisfaisantes globalement sur le territoire hexagonal – les semis de blé tendre et d’orge d’hiver sont respectivement réalisés à 3 % et 8 %, au 3 octobre selon FranceAgriMer – il n’en est pas de même dans les plaines états-uniennes où les conditions sèches ne sont guère favorables. De même, sur le pourtour de la mer Noire, les travaux d’emblavements affichent un certain retard. La production en Ukraine pourrait même être divisée par deux l’année prochaine. On notera que le volume récolté en 2022 dans ce pays s’élèverait à 19,2 Mt en blé (32,2 Mt en 2021) et 5,5 Mt en orge (9,4 Mt en 2021), selon le ministère de l’Agriculture.
Mauvaise récolte de maïs confirmée en France
Concernant le maïs, les cours ont observé une légère baisse sur Euronext, malgré la hausse à Chicago et des résultats de production en France qui confirment une mauvaise récolte. Selon L’AGPM, la production nationale de maïs ne s’élèverait qu’à 10 Mt cette année. Selon le bulletin Céré’Obs de FranceAgriMer, la moisson était avancée à 67 % au 3 octobre (61 % l’an passé à la même époque). En Ukraine, la récolte de maïs est peu avancée, à 2,3 %, selon les autorités du pays.
Enfin, on notera que l’indice des prix des produits alimentaires de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) est affiché en retrait à 136,3 points pour le mois de septembre (-1,5 point par rapport au mois dernier), soit son sixième repli consécutif. Malgré la progression tarifaire enregistrée en céréales (+2,2 points à 147,8 points), le net retrait des prix des huiles végétales (-10,8 points) à 152,6 points a largement contrebalancé cette hausse.
Sur la scène internationale, l’Algérie a acheté un volume non communiqué de blé dur. Soulignons que l'accord sur les corridors d'exportations de grains sur la mer Noire court jusqu'à la fin du mois d'octobre et que son renouvellement n'est pas assuré pour le moment. Un élément de tension de plus sur le marché des grains.
Marchés physiques français du 7 octobre 2022 (base juillet pour les céréales)
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