Les cours des principaux contrats à terme sur le blé et sur le maïs ont perdu du terrain ce mercredi 31 janvier 2024, sur toutes les échéances (sauf échéance en cours pour le maïs états-unien), sur le CBOT comme sur Euronext. Le blé états-unien repasse au-dessous des 600 cts$/boisseau et le blé Euronext touche le seuil des 210 €/t. Le maïs Euronext se dirige vers les 180 €/t. Les fonds sont restés assez neutres hier à Chicago en maïs tandis qu’ils étaient de nouveau à la vente en blé. Sur Euronext, le dernier rapport hebdomadaire de positions des traders, arrêté au vendredi 26 janvier et par rapport à la semaine précédente, montre que les opérateurs financiers ont diminué leur position nette courte sur le blé (d'environ 11 000 lots) pour atteindre environ -170 000 lots et ont augmenté leur position nette courte sur le maïs (d'environ 600 lots) pour atteindre environ -11 000 lots. Sur les marchés physiques hexagonaux, les prix baissent en blé tendre (absence d’activité en portuaire), orge fourragère et maïs. Les cotations progressent en blé dur.
Les prises de bénéfice et les ventes techniques ont encore pesé sur le marché du blé coté à Chicago alors que les conditions météorologiques en Inde (vague de chaleur) commencent à inquiéter, tout comme l’absence de réelle demande sur les marchés mondiaux. L’hyper compétitivité des origines mer Noire plombent les marchés. Certains acteurs parlent désormais du « gros facteur baissier (big bearing factor) » à propos des blés russes qui inondent les marchés mondiaux. Côté maïs, la baisse était moins prononcée, notamment à Chicago, avec toujours des questionnements sur la météorologie argentine (pluies annoncées mais pas sur les bonnes surfaces de culture) et les semis de la deuxième récolte au Brésil. Au 26 janvier 2024, la production hebdomadaire d’éthanol états-unien a progressé à 991 000 barils par jour (+173 000 comparé à la semaine précédente) et les stocks cumulés ont baissé à 24,27 millions de barils.
En France, les négociations et les manifestations des agriculteurs se poursuivent, les céréaliers faisant savoir hier, via Eric Thirouin (président de l’AGPB) à l’AFP, qu’ils « veulent voir réinstaurer des droits de douanes au-delà d'un quota d'importations d'Ukraine » alors que Bruxelles a exclu les céréales de la liste des produits « sensibles » pouvant être soumis à une limitation d’importations. Eric Thirouin a rappelé qu’entre 2021 et 2023, les importations de blé ukrainien dans l'Union européenne ont été multipliées par vingt. On est passé de 215 000 tonnes à 5 millions de tonnes. La Commission européenne aurait accepté un assouplissement sur les obligations de jachères et sur le principe d’une limitation des hausses incontrôlables d’importations agricoles ukrainiennes. Les transporteurs français réclament pour leur part des « mesures de soutien à très court terme » pour leurs entreprises qui subissent les blocages « tant sur les axes routiers que sur les sites logistiques et autour des places portuaires et aéroportuaires », a précisé l'Union des entreprises de transport et de logistique de France (Union TLF). EN Europe, des agriculteurs belges ont décidé de bloquer certaines rues à Bruxelles ce jeudi pendant le Conseil européen agricole.
Côté macroéconomie, les cours du pétrole ont terminé en nette baisse ce mercredi alors que l'euro s’est établie à 1,081 dollar (1,079 $ mardi mais 1,079 $ ce jeudi matin à l’ouverture). De son côté, la FED a maintenu ses taux à leurs niveaux et a laissé entendre que la baisse attendue aurait lieu mais pas en mars comme souhaité par les marchés et les acteurs économiques.
A l’international, Youri Lytvyn, le responsable de l’autorité des ports maritimes d’Ukraine, a annoncé que les ports du pays étaient désormais en capacité de traiter plus de marchandises qu’auparavant.
Fondamentaux :
Kazakhstan, blé, stocks : estimés à 11,6 Mt (source : Bureau national des statistiques).
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