COTidienne
Marché des oléagineux du 25 septembre 2026 : Le soja a effacé ses pertes en séance à Chicago, tandis que le colza et l’huile de palme sont restés sous pression
L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 24 et le 25 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les essentiels :
Le soja a effacé toutes ses pertes vendredi, soutenu par l’espoir de nouvelles annonces commerciales favorables lundi entre Washington et Pékin.
Le colza s’est déprécié sur Euronext, dans un contexte marqué par la baisse du pétrole et le raffermissement de l’euro face au dollar.
L’huile de palme a chuté à Kuala Lumpur, sous la pression des perspectives d’accumulation des stocks malaisiens.
Le soja coté sur le CBOT a terminé en territoire légèrement positif vendredi 25 septembre après une séance particulièrement volatile. L’échéance novembre 2026 a gagné 1,5 ct, à 1 319 cts$/boisseau, contre 1 317,50 jeudi, tandis que janvier a progressé de 0,5 ct, à 1 332,50 cts$/boisseau.Le colza Euronext a poursuivi son repli de la veille, mais dans des proportions plus limitées. Sur le contrat novembre qui est le plus actif avec 12 122 lots, le prix a cédé 1,50 €, pour clôturer à 548 €/t, tandis que le contrat de février a reculé de 0,25 €, à 557,50 €/t, avec 9 263 lots échangés. Sur le physique français, le prix FOB Moselle pour une livraison en octobre-décembre s’est replié dans les mêmes proportion, en cédant 1,50 €/t pour s’établir à 547,50 €/t vendredi en fin de séance.
Soja : volteface haussière en séance dans l’attente de nouvelles annonces sur le commerce sino-américain
À Chicago, la séance a d’abord prolongé le mouvement baissier engagé après la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping. En l’absence de nouvel engagement agricole annoncé jeudi, le soja novembre est descendu jusqu’à 1 297,50 cts$/boisseau vendredi matin, soit 20 cts sous la clôture précédente. Le mouvement s’est ensuite entièrement retourné après que le représentant américain au Commerce Jamieson Greer a indiqué que des précisions sur les discussions entre les deux présidents seraient communiquées lundi. Les contrats ont progressivement récupéré leurs pertes, le contrat de novembre terminant même en léger gain en fin de séance.
Le marché est resté centré sur les relations commerciales sino-américaines, mais la nature exacte des éventuelles annonces attendues lundi n’était pas connue vendredi à la clôture. Ce contexte a incité les opérateurs à la prudence. D’autres facteurs sont venus alimentés cette volteface des cours de la fève, et notamment le ralentissement des moissonneuses dans le Midwest qui sont impactées par les excès de pluie, mais aussi le repositionnement à l’achat des fonds d’investissement sur les contrats de soja notamment.
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Par ailleurs, les évolutions de prix ont été divergentes pour les autres matières du complexe soja. Le tourteau côté sur le contrat de décembre a reperdu 1,40 $, à 371 $/short ton, après son rebond de jeudi. L’huile de soja décembre a en revanche regagné 0,29 ct, à 67,84 cts$/lb, après avoir évolué en baisse pendant une partie de la séance.
En Amérique du Sud, le marché a pris connaissance des dernières statistiques de trituration de l’Argentine. Selon Oilworld, le pays aurait écrasé 4,25 millions de tonnes de fèves en août 2026, soit une hausse de 9% par rapport au mois équivalent de l’an passé. Cet accroissement des disponibilités en tourteau et en huile de soja a permis aux exportations argentines de progresser de 5,4 % et 8,5 % respectivement en août comparé à la même période en 2025.
Nouveau recul du colza sur Euronext dans un contexte de repli de l’énergie et de renforcement de l’euro
Lecolza Euronext a poursuivi son mouvement baissier, mais avec une amplitude nettement inférieure à celle enregistrée jeudi. L’échéance de novembre a clôturé vendredi à 548 €/t, contre 549,50 €/t la veille. Le contrat de février est resté quasiment stable à 557,50 €/t, contre 557,75 €, tandis que le contrat de mai a au contraire gagné 0,50 €, à 557 €/t.
Le colza européen a évolué pendant une grande partie de la journée dans un environnement défavorable aux huiles végétales mais a surtout subi la pression baissière du marché énergétique. Le pétrole, qui avait bondi jeudi, a rapidement reperdu du terrain vendredi sur les informations faisant état de discussions entre Washington et Téhéran autour d’une possible désescalade et d’une réouverture progressive du détroit d’Ormuz. Le Brent a reculé de 2,1 % vendredi, à 104,32 $/baril, tandis que le WTI a cédé 2,3 %, à 92,41 $.
Le raffermissement de l’euro face au billet vert constituait un facteur additionnel de pression pour les oléagineux européens, en réduisant leur compétitivité face aux origines libellées en dollars. La devise européenne s’est appréciée de 0,3%, passant de 1,1367 à 1,1403 face au dollar entre jeudi et vendredi.
Par ailleurs, le contexte ukrainien en proie à de fortes contraintes logistiques dues au conflit avec la Russie est resté sous la surveillance des opérateurs. Le cabinet d’étude UkrAgroConsult rapportait vendredi que le coût des itinéraires alternatifs d’exportation ukrainiens pouvait atteindre environ 100 $/t supplémentaires et que leur capacité ne permettrait d’écouler qu’environ la moitié des 5 Mt de produits agricoles que l’Ukraine doit exporter chaque mois.
Les activités russes dans le secteur oléagineux restent aussi fortement impactées par la guerre. Selon les données de Rosstat, la production d’huile de tournesol aurait chuté de près de 34% entre juillet et août. La trituration a été ralentie sous l’effet de l’accumulation de stocks d’huile dans les usines, les exportateurs ne parvenant plus à assurer l’expédition de la marchandise à travers le bassin Azov-mer Noire.
Stabilité du prix du canola au Canada, rechute de l’huile de palme en Malaisie
À Winnipeg, le canola a résisté à la faiblesse des marchés énergétiques et des huiles. Novembre a terminé inchangé à 828,60 CAN$/t, tandis que janvier a légèrement progressé de 0,20 CAN$/t, à 841,40 CAN$/t. Les cours avaient pourtant évolué en territoire négatif plus tôt dans la séance. Le redressement du soja et de l’huile de soja à Chicago a contribué à améliorer l’environnement de marché en deuxième partie de séance.
Une nouvelle statistique canadienne a apporté un élément fondamental favorable. Selon les derniers chiffres officiels publiés vendredi, le Canada aurait trituré 1,237 Mt de canola en août, soit 42,5 % de plus qu’en août 2025. La production correspondante de produits a atteint 530 654 tonnes d’huile et 724 916 tonnes de tourteau. Selon la Commission canadienne des grains, les exportations canadiennes de graines se sont parallèlement redressées à 43 300 tonnes durant la semaine achevée le 20 septembre, portant le cumul de campagne à 752 900 tonnes, contre 627 400 tonnes un an auparavant.
À Kuala Lumpur, l’huile de palme a en revanche nettement décroché. Le contrat décembre a perdu environ 100 MYR/t, soit un peu plus de 2 %, pour terminer autour de 4 672 MYR/t, son plus bas niveau depuis début août. Les anticipations de stocks relativement élevés, combinées à la baisse du pétrole et au raffermissement du ringgit ont constitué les principaux facteurs de pression.
Selon Bloomberg, la production d’huile de palmeen Indonésie et en Malaisie pourrait reculer de seulement 3 % en 2027 sous l’effet retardé d’El Niño et du vieillissement des plantations. Même si l’impact d’El Niño sur la production est désormais jugé moins sévère qu’initialement prévu (-5%), les prix pourraient approcher les 5000 ringgits la tonne selon certains analystes.
Sur les marchés physiques français, le colza FOB Moselle étant en légère baisse pour clôturer à 547,50 €/t. Le tournesol oléique rendu Saint-Nazaire était par ailleurs toujours échangé autour de 590 €/t, inchangé sur la journée.
Fondamentaux
Canada, canola, trituration : 1,237 Mt triturées en août 2026, soit +42,5 % par rapport aux 867 944 t d’août 2025 ; production de 530 654 t d’huile et 724 916 t de tourteau (source : Statistique Canada).
Canada, canola, exportations : 43 300 t exportées durant la semaine achevée le 20 septembre ; cumul de campagne de 752 900 t contre 627 400 t un an auparavant (source : Commission canadienne des grains)
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