Pressoirs pneumatiques vinicoles : avantage aux membranes latérales ?

- - 3 min
Le domaine Paul Gadenne est équipé d'un pressoir à membrane centrale, qui n'assèche pas suffisamment les jacquères et les roussannes. Crédits : © Domaine Paul Gadenne

« Quel que soit le millésime, nous avons des problèmes de séchage des marcs sur nos jacquères et nos roussannes, plante Paul Gadenne, du domaine Paul Gadenne à Chignin, en Savoie. À l’issue du pressurage, certaines grappes sont encore très humides, voire pas pressées du tout. » Selon lui, cela proviendrait d’un problème de rebêche ; le marc ne se casserait pas suffisamment.

Ce vigneron, équipé depuis quatre ans d’un pressoir pneumatique avec membrane centrale de 25 hl, a pourtant testé plusieurs types de programmes et effectué diverses modifications. « J’ai notamment ajouté des tubes de jauge à l’intérieur du pressoir pour faire une accroche, détaille-t-il, car le problème est que le marc glisse au fond. » Mais rien n’y a fait.

 

 
Le vigneron savoyard Paul Gadenne a réalisé des tests de pressoirs pneumatiques, en vue d'arriver à mieux sécher ses marcs de blancs.
Le vigneron savoyard Paul Gadenne a réalisé des tests de pressoirs pneumatiques, en vue d'arriver à mieux sécher ses marcs de blancs. © Domaine Paul Gadenne
Après discussions avec son concessionnaire, il a décidé de réaliser un comparatif. « Sur un même lot de jacquère, nous avons comparé un appareil à membrane latérale de 22 hl et le pressoir de 25 hl à membrane centrale », indique Pierre Chapus, responsable matériels vinicoles chez le concessionnaire Jean Bouvier.

 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Davantage de jus et moins de bourbes

Ils ont vidé 60 caisses de 22 kg chacune à l’intérieur de chaque cage, puis lancé un programme de pressurage identique sur les deux appareils : 1 h 30 à jusqu’à 500 mbars, maintien 5 minutes à 500 mbars, dégonflage et deux tours (rebêches) ; 45 minutes à 700 mbars, maintien 5 minutes, puis dégonflage et deux tours ; 45 minutes à 1 600 mbars, maintien 5 minutes, puis dégonflage et deux tours.

Et ce, pour un résultat flagrant. « Nous n’avons tiré que 9 hl du membrane centrale contre 10 hl sur l’autre, constate Pierre Chapus. Logiquement, le marc du pressoir central était encore trempé, tandis que l’autre était sec. » Le vigneron et son concessionnaire ont également noté une grosse différence au niveau de la turbidité. Le moût issu du pressoir à membrane centrale a nécessité un débourbage de trois jours à 16 °C, et a produit 38 litres de bourbes sur les 9 hl. De son côté, le lot passé dans le pressoir à membrane latérale a été débourbé durant deux jours à 16 °C et n’a généré que 16 litres de bourbes. « Soit 70 % de bourbes en moins en ayant débourbé un jour de moins », insiste Pierre Chapus.

Et si c’était plutôt une question de réglage ?

Néanmoins, pour Yacine Amami, directeur général de la filière France de Della Toffola, constructeur de pressoirs à membrane centrale, le problème proviendrait plutôt d’un cycle non adapté, ou d’un surplus de rebêches au remplissage, qui colmateraient le pressoir. « Nos matériels assèchent plus vite et mieux que ceux à membranes latérales, assure-t-il. C’est leur point fort. On a d’autres problèmes, mais nous avons le meilleur rapport assèchement/temps de pressurage. » Il propose à chaque vigneron rencontrant des problèmes de le contacter, afin qu’il leur préconise les réglages adéquats…

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires