Pour des chèvres robustes, privilégier une mise à la reproduction à 18 mois

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Les chèvres poitevines ont une croissance plus lente et leur corps est mieux préparé à la gestation une fois leur développement achevé. Crédits : © L. Pallu
Les chèvres reproduites dès l'âge de sept mois montraient davantage de zones avec une perte de mobilité au niveau des vertèbres, du bassin et du crâne. Crédits : © L. Pallu

Pour la chèvre poitevine, une mise à la reproduction à sept mois entraîne davantage de dysfonctions ostéopathiques qu’une repro tardive à 18 mois.

En élevage caprin, les chevrettes sont généralement mises à la reproduction dès sept mois dans le but de réduire la période improductive. Toutefois, pour les races rustiques, dont la croissance se termine plus tard, certains éleveurs reportent la première mise bas à deux ans pour leur laisser le temps de grandir. Une étudiante de l’École française d’ostéopathie animale, dans le Calvados, a comparé les impacts ostéopathiques des deux âges de reproduction chez la chèvre poitevine et a conclu qu’une mise à la reproduction à sept mois entraîne davantage de dysfonctions ostéopathiques qu’une repro à dix-huit mois.

Des saillies sur des corps juvéniles

Deux élevages de chèvres poitevines en agriculture biologique ont été suivis : l’un introduisant les boucs à sept mois et l’autre à dix-huit mois, en septembre. Les observations ont été effectuées après la saillie, à la fin de la gestation et en post-partum. L’étude a révélé un nombre supérieur de dysfonctions somatiques ostéopathiques chez les chevrettes ayant été mises à la reproduction à sept mois, indépendamment de leur rang de parité.

« Les manipulations révèlent des zones de perte de mobilité, notamment au niveau des cervicales ou du bassin, précise Alice Fatet de l’Inrae qui a accompagné cette recherche. L’animal compense ces restrictions, ce qui entraîne des modifications posturales. À long terme, ces compensations pourraient favoriser l’apparition de pathologies dégénératives. »

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« La saillie d’une chevrette de sept mois, dont le gabarit est encore juvénile, par un bouc de format adulte a un impact non négligeable », note l’étude. De plus, l’adaptation physiologique des vertèbres et du bassin à la gestation est plus difficile chez les chevrettes mettant bas à un an que chez celle mettant bas à deux ans et dont la croissance est quasiment achevée. Les auteurs recommandent donc de pratiquer la reproduction à dix-huit mois, du moins pour la poitevine, pour garantir une meilleure condition physique des chèvres tout au long de leur carrière laitière.

Les résultats de l’étude sont disponibles page 398 du recueil des journées 3R sur journees3r.fr/recueils-2024-lintegralite-des-textes/

Dico

Dysfonctions ostéopathiques

« Des dysfonctions ostéopathiques sont des zones dont les tissus expriment un état de souffrance au niveau articulaire, musculaire, fibreux ou viscéral, explique Lucie Pallu qui a rédigé l’étude et qui est désormais ostéopathe pour animaux. Ces zones auront subi en conséquence une perte de mobilité que l’on nommera dysfonction ostéopathique. »

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