L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 23 et le 24 février 2026, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier.
Les cours du colza européen sur Euronext ont progressé sur l’ensemble des échéances ouvertes (entre +1 €/t et +1,75 €/t) entre le 23 et le 24 février 2026, dans le sillage du soja états-unien, du canola canadien et à la faveur du repli de l’euro face au dollar. Et ce, alors que les inondations historiques dans l’ouest de la France, qui commencent à s’estomper, font craindre la perte de parcelles, avec de potentiels ressemis. Le contrat à terme sur le colza européen affiche +1 €/t sur l’échéance mai 2026 (la plus travaillée), +1,75 €/t sur l’échéance août 2026, +1,50 €/t sur l’échéance novembre 2026 et +1,25 €/t sur l’échéance février 2027. En colza, la différence de prix entre le contrat échéance mai (la plus traitée) et celle d’août (la deuxième plus traitée) passe sous les 20 €/t en clôture, pour s’afficher à -18,75 €/t. La demande européenne soutient les prix. Sur le marché physique français, le prix du colza en FOB Moselle, sa place de référence, a grimpé de 1 €/t sur la période avril-juin, d’un jour sur l’autre. La cotation du tournesol oléique en Rendu Saint-Nazaire, sa place de référence, n’a pas évolué sur la période avril-juin, dans le même temps.
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Les cours du soja états-unien sur le CBOT ont progressé sur l’ensemble des échéances (entre +2 cts$/boisseau et +5,50 cts$/boisseau) entre le 23 et le 24 février 2026. Ils enregistrent +5,25 cts$/boisseau sur l’échéance mars 2026, +5,50 cts$/boisseau sur l’échéance mai 2026 (la plus travaillée), +4,75 cts$/boisseau sur l’échéance juillet 2026 et +4 cts$/boisseau sur l’échéance août 2026. Le cours sur le terme de mars a clôturé au plus haut du mois, à 1 139,5 cts$/boisseau, également au plus haut depuis le 18 novembre. Il a aussi repris sur la séance de mardi ce qu’il avait perdu sur les deux précédentes séances. Au Brésil, si la qualité de la récolte de soja dans le Mato Grosso s’améliore, les rendements s’érodent en raison du manque d’ensoleillement dans le nord de la région, selon un analyste brésilien. L’estimation de la récolte du Rio Grande Do Sul est également réduite, en lien avec les intempéries et la hausse des températures. Le consultant en culture Dr Michael Cordonnier a ainsi réduit son estimation de la production de soja brésilien d’un million de tonnes à 178 Mt. Reste que l’origine brésilienne demeure la moins cher du marché. En Argentine, des pluies généralisées sont attendues. A noter que l'Égypte a importé une quantité record de 5 Mt de soja en 2025, et en 2026, les importations de soja pourraient atteindre 5,5 à 6 Mt, a déclaré Abdul Aziz El Said, chef du département avicole de la Chambre de commerce égyptienne, rapporte GrainTrade. Importé par des entreprises privées, ce soja alimente les usines de trituration du pays pour l’élevage avicole, deux secteurs d’activité en plein développement. Les cours du tourteau de soja à Chicago ont suivi une tendance haussière sur l’ensemble des échéances ouvertes (entre 0 cts$/boisseau et +2 cts$/boisseau). Les cotations de l’huile de soja états-unienne ont également gagné du terrain sur l’ensemble des échéances ouvertes (entre +0,41 cts$/boisseau et +0,64 cts$/boisseau). Un analyste a averti qu’elle pourrait être surachetée, rapporte Glacier FarmMedia.
Les cours du canola canadien à Winnipeg ont progressé sur l’ensemble des échéances ouvertes entre le 23 et le 24 février 2026, dans le sillage de l’huile de soja états-unienne et à la faveur de l’affaiblissement de la devise canadienne face au dollar. Ils affichent +1,30 dollars canadiens par tonne (CAN/t) sur l’échéance mars 2026, +2,60 CAN/t sur l’échéance mai 2026 (la plus travaillée), +2,20 CAN/t sur l’échéance juillet 2026 et +3,30 CAN/t sur l’échéance novembre 2026. Les opérateurs espèrent de nouveaux débouchés vers l’Inde et le Japon, après la visite du Premier ministre canadien qui souhaite limiter la dépendance du Canada vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine.
Les prix de l’huile de palme malaisienne à Kuala Lumpur ont perdu du terrain sur les trois premières échéances ouvertes entre le 23 et le 24 février 2026, en raison de perspectives d’exportation plus faibles dans les prochaines semaines. Ils affichent -58 ringgits la tonne (RM/t) sur l’échéance mars 2026, -59 RM/t sur l’échéance avril 2026 et -61 RM/t sur l’échéance avril 2026 (la plus travaillée des trois termes).
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Côté macroéconomie, les cours du pétrole ont continuer de baisser sur le marché mondial entre le 23 et le 24 février 2026, affichant -0,72 $ le baril à Londres (Brent) sur l’échéance avril 2026 et -0,68 $ le baril à New York (Nymex WTI) sur l’échéance avril 2026. Cependant, les tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et l’Iran sur le dossier du nucléaire se détendent. Si l'Iran insiste toujours sur son droit d'enrichir l'uranium, il a tout de même offert certaines concessions dans son programme nucléaire et l'opportunité aux entreprises états-uniennes de participer à son vaste programme de production et d'exportation de pétrole. Par ailleurs, le Venezuela est devenu le « nouvel ami et partenaire » des Etats-Unis, après la réception de 80 millions de barils de pétrole vénézuélien. L’euro s’est de nouveau affaibli face au dollar, passant de 1,1793 $ le 23 février 2026 à 1,1774 $ le 24 février 2026 (-0,16 %), selon le site Forex, ce qui favorisent les exportations de marchandises européennes sur le marché mondial. L’euro a perdu 0,27 % sur un mois mais a progressé de 0,40 % depuis le 1er janvier 2026.
En termes de géopolitique, les nouveaux droits de douane mondiaux de 10 % décidés par le président états-unien, après la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’invalider certaines des taxes Trump, sont entrés en vigueur mardi. Il remplacer les droits de douane généralisés existants et ceux prévus par les différents accords commerciaux signés avec les principaux partenaires des Etats-Unis.
Sur le volet de la politique européenne, le président de la République a déclaré lors de sa visite du Salon international de l’agriculture (SIA) qu’il n’y aura pas de suspension du MACF (Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières), rapportent nos confrères d’Agra. Par ailleurs, la Commission européenne a officiellement proposé le 24 février de suspendre, pour un an, les droits de la nation la plus favorisée (NPF) sur les importations d’ammoniac et urée. Cette suspension sera mise en œuvre pour tous les pays, à l'exception de la Russie et du Bélarus, par le biais de contingents tarifaires en franchise de droits, selon le média agricole. En parallèle, la Commission européenne est en train de finaliser un plan d’action sur les engrais qu’elle devrait présenter dans les prochains mois.
Commerce international :
Brésil, soja, exportations : prévues à 10,69 Mt en février, en baisse de 770 000 t par rapport à la précédente estimation (source : Anec)
Union européenne, soja, importations : 8,11 Mt depuis le début de la campagne commerciale, soit 1,02 Mt de moins que l’an dernier (source : Commission européenne)
Importations européennes pour la semaine 34 terminée le 22 février 2026 :
en tonnes
Cumulé 2025/26
S34 2025/26
Cumulé 2024/25
S34 2024/25
Colza (import)
2 751 612
7 017
4 326 632
34 891
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