Marché des engrais : les achats français de fertilisants sont au point mort, entraînant un décrochage des prix

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Les prix des engrais azotés poursuivent leur repli sur le marché français et retrouvent désormais des niveaux proches de ceux observés avant la récente flambée provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

Le repli du coût de l’énergie contribue à redonner de l’attractivité aux engrais, ce qui pourrait inciter les agriculteurs à revenir progressivement aux achats.

Des achats reportés dans l’attente de la moisson

Malgré cette détente des prix des engrais, les céréaliers continuent de différer leurs achats destinés à l’implantation des cultures d’hiver ou à couvrir les derniers besoins des cultures d’été. Les arbitrages restent avant tout dictés par des trésoreries dégradées et par le manque de visibilité sur les résultats de la moisson. Dans un contexte de prix des grains durablement déprimés, les exploitations demeurent confrontées à un effet ciseaux marqué entre le niveau élevé des charges engagées et des recettes toujours insuffisantes. Les premiers rendements en blé, en colza et en orge apparaissent globalement moyens, ce qui ne permet pas, à ce stade, d’envisager un redressement notable des marges.

Une campagne commerciale en retard

Dans ce contexte tendu, les distributeurs constatent un retard inédit de la campagne commerciale. Selon les correspondants interrogés par La Dépêche Le petit meunier, seulement 10 % des volumes habituellement attendus auraient été commercialisés à ce stade de l’année, contre près de 30 % en moyenne. Cette situation nourrit également des inquiétudes sur le plan logistique : un report massif des achats à l’automne pourrait rapidement mettre sous tension les capacités de transport et de livraison.

En termes de prix, l’urée enregistre la correction la plus marquée, avec un recul proche de 27 % entre début juin et début juillet. L’ammonitrate 33,5 % et la solution azotée cèdent respectivement 6 % et 12 % sur la même période.

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Le ralentissement des achats pèse également sur les engrais phosphatés. Les prix du DAP et du TSP abandonnent chacun une quinzaine d’euros par tonne au cours du mois. Là encore, les achats demeurent très en retrait des rythmes habituels : seuls 10 à 15 % des besoins courants auraient été couverts jusqu’à présent.

Un cadre réglementaire à surveiller

L’évolution du cadre réglementaire pèsera également dans la balance. La Commission européenne a confirmé le maintien du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) appliqué aux engrais. Elle a également présenté un plan d’action comprenant des aides, des ajustements de la PAC et un soutien au développement d’alternatives bas carbone. En France, une proposition de loi visant à favoriser le développement d’une production nationale d’engrais azotés a été déposée fin juin.

À court terme, ces évolutions réglementaires devraient avoir un impact limité sur les prix des engrais. Ceux-ci resteront avant tout déterminés par le retour des achats des agriculteurs sur le marché, lui-même étroitement lié aux résultats de la moisson, aux perspectives des cultures d’été et à l’évolution des prix de l’énergie.

Prix des engrais au stade distributeur (paiement 30 jours) 
 
En €/t 
Mai 2026 
Juin 2026 
Ammonitrates 33.5 
Départ usine vrac (granulés) 
525-527 
527-498 
Importation départ port (perlée) 
inc. 
inc. 
Urée 
Départ port vrac (granulés) 
760-650 
650-473 
Solutions azotées  
Départ Rouen 
453-442 
442-387 
Ternaires (15-15-15)  
Franco vrac camion 
550-550 
550-600 
Phosphate de diammonium (DAP) 
Départ port vrac 
845-861 
861-848 
Superphosphate triple (TPS) 
Départ port vrac 
670-683 
683-665 
Binaire PK (0-25-25) 
Rendu silo 
575-575 
575-630 
Potasse KCl (60%) 
Départ vrac (compacté) 
365-364 
364-358 
Pour chaque engrais, les prix indiqués correspondent aux cours de début et de fin de mois. 

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