Des prix des engrais toujours soutenus par les contraintes d'offre, malgré une demande agricole en attente de visibilité
Entre avril et mai, le marché français des engrais est resté globalement ferme, malgré une légère détente en urée.
Entre avril et mai, le marché français des engrais est resté globalement ferme, malgré une légère détente en urée.
Les prix des engrais bénéficient toujours des tensions persistantes sur l'offre mondiale, notamment sur les engrais azotés et phosphatés. Cette fermeté est tempérée par une demande agricole particulièrement prudente. En France, à l'approche des récoltes, les céréaliers diffèrent leurs achats en raison du manque de visibilité sur leurs rendements et dans un contexte de prix bas des grains.
Le retour de la Chine sur le marché mondial apporte un peu de détente sur le marché français de l’urée malgré les tensions persistantes sur l’offre
En dépit des difficultés d'approvisionnement persistantes depuis le Moyen-Orient, les prix de l’urée se sont repliés sous l’effet d’une baisse de la tension sur la demande. Cette détente s’explique par une moindre demande, notamment du côté du Brésil qui priorise des achats plus compétitifs de sulfate d’ammonium. La demande mondiale continue toutefois de s’exprimer en Asie, comme en témoigne le récent appel d’offres de l’Inde, dont les besoins pourraient être couverts par la Chine qui a rouvert ses exportations d’urée. L’annonce par l’Egypte de la mise en place d’une taxe sur l’export d’urée n’a pas suffi à apporter du soutien.
Sur le marché français, les prix de l’urée ont suivi la tendance baissière. Selon les références de prix relevées par La Dépêche Le petit meunier, ils avoisinnent les 650 €/t fin mai-début juin contre 760 €/t fin avril sur les places portuaires. Ce niveau de tarif demeure néanmoins élevé pour les acheteurs dans un environnement agricole ayant subi un épisode de chaleur dont les conséquences sur les rendements sont encore inconnues.
L’ammonitrate est l’unité d’azote la plus compétitive malgré des prix fermes
Avec des prix situés autour de 530 €/t, l’ammonitrate à 33,5% apparait aujourd'hui comme l'unité d'azote la plus compétitive par rapport aux autres formes d'engrais azotés, une situation relativement inhabituelle d'un point de vue historique. Les prix avaient temporairement reculé début avril, sous l'effet d'offres commerciales agressives proposées par les principaux fabricants cherchant à sécuriser des volumes auprès de gros clients. Cette concurrence accrue entre fabricants a pu être interprétée par les agriculteurs comme un signal potentiel de baisse future des prix, renforçant leur attentisme dans un contexte de tarif de l’ammonitrate jugé cher par rapport aux campagnes précédentes.
Malgré une demande atone, les fondamentaux de la solution azotée restent haussiers
Sur le marché de la solution azotée, les prix de la tonne se sont légèrement effrités d’une dizaine d’euros sous l'effet d'un rythme d'achat inférieur aux normales saisonnières. Néanmoins, les fondamentaux de l'offre restent fragiles. Les importations russes et biélorusses restent pénalisées par les taxes, tandis que deux autres grands fournisseurs de l’Europe », Trinité-et-Tobago et les États-Unis, ont privilégié des destinations plus rémunératrices que ce marché. Au regard de la tension sur l’offre, tout sursaut de demande agricole en juillet-septembre, une fois les récoltes réalisées et les trésoreries des agriculteurs mieux établies, pourrait rapidement réactiver les tensions sur les disponibilités et soutenir les prix.
Le manque de disponibilité en acide sulfurique soutient les engrais phosphatés
Les engrais phosphatés sont encore valorisés à des niveaux élevés, avec un DAP proche de 860 €/t et un TSP évoluant autour de 680 €/t. Le marché reste fortement dépendant de la disponibilité de l'acide sulfurique, matière première indispensable à la fabrication des engrais phosphatés. Les disponibilités mondiales demeurent contraintes depuis plusieurs semaines en raison des perturbations logistiques affectant les flux transitant par le détroit d'Ormuz. Pour l'heure, la faiblesse de la demande française limite l'impact de ces difficultés d'approvisionnement sur les prix. Toutefois, à l'instar du marché des engrais azotés, le moindre regain de la demande pourrait rapidement raviver les tensions sur les disponibilités et soutenir les cours.
Les coûts de fret élevés se répercutent sur la valorisation de la potasse
Sur le marché de la potasse, le chlorure de potassium poursuit sa progression en se rapprochant de 360 €/t. Cette hausse reste modérée mais reflète l'augmentation récente des coûts de transport maritime, liée à l'appréciation des cours du pétrole. Comme sur les autres segments, la prudence des acheteurs limite toutefois le potentiel de hausse à court terme.
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Source : La Dépêche Le petit meunier