Marché des céréales et du sucre du 16 au 23 septembre 2026 – Les prix du blé tendre sont baissiers sur Euronext, dans un contexte de fortes disponibilités mondiales

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L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 16 et le 23 septembre 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Le prix du blé tendre en rendu Rouen – sa place de référence sur le marché physique français – a reculé entre le 16 et le 23 septembre 2026 : - 4,50 €/t, à 239 €/t sur la période octobre-décembre, dans le sillage du marché à terme européen Euronext (- 4 €/t à 240,50 €/t sur l’échéance décembre 2026 et - 1,50 €/t à 245 €/t sur l’échéance mars 2027). Sur le CBOT, les cours ont également clôturé en baisse : - 22,25 cts$/boisseau à 708,50 cts$/boisseau sur l’échéance de décembre 2026 et - 22,50 cts$/boisseau à 724,25 cts$/boisseau sur celle de mars 2027.

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Le marché a réagi à la baisse des cours du pétrole de 4,7 % entre le 17 et le 22 septembre et aux espoirs de négociations tant en Iran qu’en Ukraine. Par ailleurs, Le Conseil International des Céréales (CIC) a revu son estimation de la production mondiale de céréales à la hausse de 4 Mt et celle de blé, en hausse de 3 Mt par rapport à l’estimation d’août à 820 Mt.

Compte tenu des prix relatifs des céréales, le blé est intéressant en formulation. Sa disponibilité et sa bonne qualité en font une céréale de choix dans les formules d’aliments pour animaux.

Les fabricants d’aliments pour animaux sont aux achats mais l’activité est plus ou moins dynamique selon les régions. L’activité semble moins dynamique dans l’Est que dans le reste du pays. Dans la plupart des cas, les fabricants sont aux achats sur tous les produits pour remédier au manque de maïs. C’est également le cas pour les sons et issues de céréales malgré une offre de la meunerie peu abondante.

Les fabricants se couvrent désormais pour le premier trimestre 2027. Leurs taux de couverture seraient supérieurs à l’année dernière à la même période.

Dans le Sud-Ouest, les Espagnols sont également aux achats de céréales françaises.

Frets fluviaux : les dégagements sur le port de Rouen se font au compte-gouttes

Les prix de base du fret fluvial en France n’ont pas évolué en cette semaine du 16 au 23 septembre 2026.

Les niveaux de la Moselle et du Rhin baissent de jour en jour, ce qui rend la navigation très difficile et renchérit d’autant plus les coûts de fret (moins de tonnes transportées à coûts de transport équivalents).

Le Danube est dans la même situation, avec des niveaux « très bas » à « trop bas » sur tout son parcours, entravant le fret de marchandises.

Sur le bassin de la Seine, l’activité à destination des terminaux céréaliers du port de Rouen (Sénalia, Socomac et BZ) est quasiment à l’arrêt : la demande de dégagement de la part des chargeurs existe mais les capacités de stockage portuaires sont saturées, en l’absence de demande à l’exportation. La réception de grains, qui devait reprendre cette semaine, s’effectuent au compte-gouttes, en fonction des chargements effectifs. Certains des navires attendus ont du retard.

L’activité sur l’intracommunautaire est faible, ce qui est classique pour un mois de septembre.

​​​​​​La rédaction

 

Maïs

Hausse des cours face à l'incertitude de la production européenne

Le cours du maïs rendu Bordeaux, sa place de référence en France, a progressé de 13,50 €/t à 276,50 €/t, entre le 16 et le 23 septembre 2026. Sur Euronext, ils ont gagné 12,75 €/t à 274,75 €/t sur l’échéance de novembre 2026. Sur le CBOT, le contrat à terme a quant à lui cédé 5,25 cts$/boisseau à 529 cts$/boisseau sur l'échéance de décembre 2026. 

Le Conseil international des céréales (CIC) a revu à la baisse son estimation de la production mondiale de maïs de 4 Mt à 1301 Mt et a abaissé la consommation mondiale de maïs de 1 Mt. Compte tenu des vagues successives de chaleur dans l'Union européenne, le Coceral a en parallèle abaissé sa prévision de production européenne (Royaume-Uni inclus) à 48,6 Mt contre 52,7 Mt estimé en août. La production française est celle qui chuterait le plus de près de moitié par rapport à l'année dernière, à 7,6 Mt, un niveau encore élevé d'après la réalité du terrain selon certains analystes.

Par ailleurs, selon une étude de Chatham House et du Forest Stewardship Council, la production mondiale de biocarburants pourrait augmenter de près de 70 % d'ici 2030 par rapport à 2025, tirant les prix du maïs à la hausse.

Les fabricants sont aux achats pour des quantités indispensables et tentent de toruver du maïs mais le prix élevé complique les échanges. Les acheteurs de l'Ouest sont aux achats sur du maïs import pour la fin de l'année au départ de Montoir.

Il faut savoir que des discussions sont en cours avec les détenteurs de charge pour tenter de trouver un accord à la baisse sur les minima d’incorporations de maïs dans les formules d’aliments volailles ainsi que sur l’origine du maïs utilisé.

Orge fourragère​​​​

Amélioration de la compétitivité de l'orge

En orge fourragère, le prix en rendu Rouen, sa place de référence en France, a reculé de 2,50 €/t à 217,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026, entre le 16 et le 23 septembre 2026.

Le marché est actif en nutrition animale et, de façon moindre, en portuaire (40 000 t exportées sur l'Arabie saoudite au départ de Rouen). Compte tenu du différentiel de prix avec le blé tendre fourrager, l'orge fourragère est intéressante dans les formules d'aliments et les fabricants d’aliments pour animaux sont donc aux achats sur ce produit.

Orge de brasserie

Poursuite de la baisse des cours

​​​​Sur le marché physique français, les cotations de l’orge de brasserie ont baissé de -6 €/t à -0,50 €/t sur la période janvier-juin 2027, entre le 16 et le 23 septembre 2026, toutes variétés et récoltes confondues. Le FOB Creil, leur place de référence, a cédé 6 €/t à 218 €/t en Faro (variété d’hiver) et 3,50 €/t à 231,50 €/t en Planet (variété de printemps).

Les orges brassicoles suivent la tendance baissière de l'orge fourragère, sur un marché en sommeil.

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​​​​​​Blé dur

De grandes incertitudes en origine canadienne

En blé dur, le prix en rendu Port-la-Nouvelle, sa place de référence sur le marché physique français, a progressé de 2 €/t à 285 €/t sur l'échéance septembre-décembre 2026, entre le 16 et le 23 septembre 2026.

Sur le marché mondial, les cultures canadiennes de blé dur affichent un niveau de qualité inférieure à la moyenne décennale. Les premières estimations de qualité montrent que seulement 23 % du blé dur est classé CWAD n°1, contre une moyenne de 39 % sur dix ans. Ces inquiétudes sur la qualité du bl"dur au Canada alors que 46 % seulement du blé dur aurait été récolté ne semblent pour l'instant pas avoir pesé sur les cours mondiaux comme le confirme un courtier interrogé.

​​​​​​Céréales secondaires

Marché haussier

L’avoine blanche, l’avoine noire, le triticale et le seigle ne sont guère cotés, sur un marché physique français peu animé. Les cours disponibles suivent une tendance haussière entre le 16 et le 23 septembre 2026. En avoine blanche, le rendu Pontivy-Guingamp a gagné 5 €/t à 232,50 €/t et le départ Marne s’est stabilisé à 210 €/t, à titre indicatif. En avoine noire, le rendu Pontivy-Guingamp a grimpé de 5 €/t à 232,50 €/t et le départ Aisne/Ardennes s’est stabilisé à 200 €/t, à titre indicatif. En triticale, le départ Drome s’est stabilisé à 224 €/t alors que le départ Allier a progressé de 1,50 €/t à 220 €/t.

​​​​Sucre

Les cours du sucre repartent à la baisse cette semaine sur les marchés internationaux

Le prix du sucre brut a très légèrement progressé, de 0,65 ct$/livre pour la semaine allant du 14 au 21 septembre 2026, passant de 18,56 cts$/livre à 17,91 cts$/livre (repassant ainsi sous les 18 cts$). Celui du sucre raffiné a aussi reculé, de façon un peu plus marquée : - 16 $/t, à 511,15 $/t.

C’est un marché où les opérations techniques sur les contrats à terme ont très nettement pris le pas sur les fondamentaux qui a prévalu cette semaine. Plusieurs analystes avaient fait remarquer que les positions longues acheteuses accumulées de façon très lourde ces dernières semaines pouvaient être source de tensions sur les marchés à terme. Ce fut le cas avec un real brésilien qui a fortement augmenté en une semaine face au dollar, provoquant de fortes prises de positions vendeuses sur le court terme. Ce « rallye » de la devise brésilienne a découragé les exportateurs du pays a freiné leurs opérations et a surtout obligé certains acteurs du marché à livrer physiquement des volumes de sucre à l’extension du contrat à terme d’octobre ce mardi sur le marché de Londres : 499 650 Mt à travers différentes positions, soit quasiment le double de la normale sur cette échéance. Au passage, cela indique que la demande physique pour le sucre n’est pas très robuste en ce moment. Pour rappel, les positions acheteuses en septembre sur le sucre sont au plus haut depuis trois ans.

La rédaction

 

À surveiller

Blé tendre

  • Avancées des discussions menées par la Turquie sur un corridor sécurisé d'exportation des céréales en mer Noire.

  • Négociations entre la Russie, l'Ukraine et les Etats-Unis sur l'arrêt des frappes sur les sites énergétiques et les terminaux céréaliers.

  • Prix FOB des blés des principaux exportateurs européens.

  • Voies alternatives d'exportation des céréales russes et ukrainiennes.

  • Production et qualité des blés durs au Canada.

  • Production en Australie.

  • Retour aux achats des principaux pays importateurs.

  • Semis en France.

Maïs

  • Production françaises et européenne de maïs.

  • Évolution des contraintes sur le maïs dans les formules d'aliment volailles.

Orge

  • Demande par les entreprises de nutrition animale.

  • Demande grand export sur l’origine France.

  • Activité portuaire à l’importation.

  • Importations chinoises​​.

  • Semis en France.

Laurent Morin

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