L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 17 et le 18 février 2025, expliquée par La Dépêche-Le Petit Meunier.
Les prix du blé et du maïs ont globalement progressé sur Euronext (toutes échéances confondues) entre le 17 et le 18 février, dans le sillage du sursaut des prix états-uniens à la réouverture des marchés après une journée de fermeture le 17 février. Sur le marché physique français, les cotations des céréales sont restées stables en blé tendre et en orge fourragère à légèrement haussière en maïs, sur l'échéance la plus proche (mars). Les conditions météorologiques froides aux États-Unis et en Russie inquiètent les marchés du blé, de même que les conditions de culture décevantes en France sur les cultures d’hiver, telles que rapportées par Céré’Obs. En blé toujours, la demande internationale reste présente avec des appels d’offres du Japon, de la Jordanie et du Bangladesh en blé meunier.
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Sur les marchés mer Noire, les exportations russes ont été revues en baisse sur le mois de février par SovEcon. Celles-ci devraient représenter moins de la moitié du chiffre de février 2024. Si les prix du blé russe ont reculé pour la première fois depuis le début de l’année en rendu portuaire à cause du recul de la demande en blé des exportateurs après la mise en place des quotas à l’exportation, toujours selon SovEcon, les prix à l’exportation continuent d’augmenter. En effet, les marges des exportateurs se sont dégradées. En Ukraine, les prix du blé et de l’orge augmentent également, soutenus par le manque d’offre et la demande à l’exportation, d’après APK-Inform. Notons enfin que l’attaché états-unien en Bulgarie signale la hausse de la consommation domestique en blé et orge en substitution du maïs après la faible récolte en 2024. Cela pèse ainsi sur les exportations de blé, en recul de 10 % par rapport à ceux de l’an passé à date.
Aux États-Unis, les cours du blé et du maïs ont clôturé en nette hausse le 18 février. C’est surtout le maïs qui a vu ses cotations augmenter sur le CBOT à Chicago, sur fond d’achats techniques mais aussi d’inspections à l’exportation ressorties supérieures aux attentes des traders. Selon ceux-ci, les agriculteurs devraient passer à la vente pour profiter des prix. Pour Arlan Suderman, de StoneX, la demande en maïs états-unien est toujours bien présente, et l’attente de la mise en place de taxes sur le commerce extérieur stimule la demande. Du côté de l’Amérique du Sud, les semis de la safrinha progressent au Brésil, selon AgRural. D’autre part, le consultant Michael Cordonnier a abaissé sa prévision de récolte en Argentine à 46 Mt, les pluies de la semaine dernière ayant été jugées insuffisantes.
Enfin, les exportations bulgares d’orge sont jugées dynamiques cette campagne par l’attaché états-unien en Bulgarie, grâce à la récolte abondante et malgré des utilisations domestiques en hausse. Toujours sur le marché de l’orge, on signale un achat algérien de 50 000 t, en origines allemande et balte. Selon l’analyste Trevor Perryman interrogé par MaltNews, les taxes Trump devraient remodeler le marché nord-américain de l’orge brassicole, du malt et de la bière, en limitant les échanges entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. La baisse des importations de malt canadien vers lesÉtats-Unis devrait profiter aux malteurs états-uniens, avec des nouveaux besoins en orge brassicole estimés à 500 000 t par l’expert. Toujours selon lui, le brasseur Budweiser veut augmenter son approvisionnement en orge brassicole locale en Chine. L’entreprise a conclu un accord avec des agriculteurs locaux pour la fourniture de 100 000 t d’orge brassicole par an. De leur côté, les malteurs australiens (dont plusieurs sont possédés par des coopératives françaises) se retrouvent face à la concurrence de la Chine et de l’Union européenne sur leurs marchés.
En ce qui concerne le blé dur, le TMO turc s’attend à une baisse des surfaces de 4 % d’un an sur l’autre dans le pays.
À quelques jours de la fin des négociations commerciales entre les industriels de l’agroalimentaire et le secteur de la distribution (le 1er mars), les relations sont plus tendues et les accords signés en retard par rapport aux autres années. Les premiers pointent la hausse des coûts liés aux matières premières agricoles, entre autres, pour justifier une augmentation des prix alors que les seconds déplorent « que les industriels demandent des hausses de tarifs qui ne leur semblent pas corrélées à l'augmentation des cours des matières premières qu'ils constatent », selon une déclaration du ministère de l’Agriculture faite à l’AFP.
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