L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 12 et le 13 août 2026, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.
Les essentiels
Des exportations de céréales russes et ukrainiennes au plus bas.
Des pays comme le Kenya affichent d'importants besoins d'importation de maïs.
Les premiers résultats d'analyse de la qualité des blés durs en France sont prometteurs.
Les prix du blé et du maïs évoluaient différemment sur le CBOT et sur Euronext. Ils reculaient modérément sur le CBOT après s'être envolés la veille, tandis que sur Euronext, ils étaient plutôt orientés à la hausse sur les principales échéances.
Le prix du blé sur le marché du CBOT de Chicago
Le prix du blé sur le CBOT de Chicago diminuait ce jeudi, de 1 à plus de 2 cts$/boisseau selon les échéances.
Ainsi, le prix du blé perdait 1,50 cts$/boisseau sur l'échéance de décembre 2026, la plus échangée, pour s'établir à 688,25 cts$/boisseau. Il était stable sur l'échéance de septembre 2026, à 652,75 cts$/boisseau.
Le prix du blé sur mars 2027 diminuait de 0,75 cts$/boisseau à 685,25 cts$/boisseau.
Le prix du maïs sur le CBOT
Le prix du maïs sur le CBOT diminuait plus fortement que celui du blé, de 4 à 9 cts$/boisseau selon les échéances, les replis les plus marqués étant enregistrés sur les échéances les plus rapprochées. Après la révision à la hausse hier par l'USDA de la production américaine de maïs pour la campagne 2026-2027, la Bourse de Rosario a revu à la hausse son estimation de la récolte de maïs argentine pour 2025-2026, à 70,5 Mt contre 68 Mt le mois dernier.
Pour tout savoir sur l'actualité des marchés agricoles, cliquez ici
Ainsi, sur l'échéance de décembre 2026, la plus échangée, le prix perdait 8,75 cts$/boisseau pour atteindre 472 cts$/boisseau, tandis qu'il diminuait également de 9 cts$/boisseau sur l'échéance de septembre 2026, à 448 cts$/boisseau.
Le prix du maïs était également affecté par la poursuite de la baisse du prix du pétrole. Le Brent perdait 1,69 % à 87,05 $/baril, tandis que son équivalent américain, le pétrole WTI, reculait de 1,52 % à 81,22 $/baril. Le marché est rassuré par un approvisionnement pétrolier jugé suffisant pour satisfaire une demande en ralentissement.
Le prix du blé sur Euronext
Sur Euronext, le prix du blé évoluait peu sur les échéances rapprochées mais progressait de 2 à 3 €/t sur les échéances plus éloignées. Le marché restait préoccupé par les perturbations logistiques en mer Noire. La Russie a mené, dans la nuit de mercredi à jeudi, des attaques contre le port ukrainien d'Izmaïl, sur le Danube, à proximité de la frontière roumaine, endommageant les installations portuaires.
Parallèlement, la demande de l'Ukraine visant à obtenir l'arrêt des frappes russes contre des cibles civiles en mer Noire, demande que Moscou affirme ne pas avoir officiellement reçue, a également influencé les marchés.
Sur l'échéance de décembre 2026, le prix du blé reculait de 0,25 €/t pour s'établir à 232,75 €/t, tandis que l'échéance de septembre 2026 gagnait 1 €/t à 221,50 €/t.
Le prix du maïs sur Euronext
Le prix du maïs sur Euronext progressait de 1 à 4 €/t selon les échéances, les hausses les plus importantes étant observées sur les échéances rapprochées. Il profitait encore de la hausse enregistrée la veille sur le CBOT à la suite de la réduction des stocks de fin de campagne aux États-Unis annoncée par l'USDA.
Sur l'échéance de novembre 2026, le prix gagnait 3,75 €/t à 251,75 €/t, tandis que sur l'échéance de mars 2027, il progressait de 3,25 €/t à 248 €/t.
Des exportations de céréales russes et ukrainiennes au plus bas en août
L'Union céréalière russe a rapporté que, sur les dix premiers jours d'août, la Russie n'a exporté que 976 400 tonnes de céréales (blé, orge et maïs) vers seulement 12 pays, soit 22,2 % de moins que sur la même période de l'année précédente. Il s'agit du niveau le plus faible depuis la campagne 2016-2017.
Selon la Russian Grain Union (RGU), les expéditions de blé ont chuté de 28,1 % à 801 500 tonnes. Celles d'orge ont reculé de 30 %, tandis que les exportations de maïs ont diminué de 24 %, à 28 300 tonnes contre 67 300 tonnes un an plus tôt. Les exportations russes se sont concentrées sur seulement huit ports, contre vingt-neuf l'année dernière.
L'Égypte est restée le principal acheteur de blé, tandis que la Turquie n'a effectué aucun achat depuis le début du mois d'août.
De son côté, l'Ukraine n'aurait exporté que 280 000 tonnes de céréales et de légumineuses. En glissement annuel, les exportations ukrainiennes de céréales ont chuté de 76 % sur le mois d'août.
C'est dans ce contexte que l'Ukraine a proposé à la Russie de mettre fin aux attaques contre des cibles civiles en mer Noire.
Fort déficit de maïs au Kenya
Le maïs est la principale céréale produite et consommée au Kenya.
Le pays pourrait faire face à un déficit d'environ 486 000 tonnes de maïs d'ici fin septembre 2026.
En raison de conditions météorologiques défavorables et d'une sécheresse prolongée, la production pourrait reculer de 40 % cette année. Cette baisse serait également imputable à des retards dans la livraison des engrais.
Dans son rapport de mars 2026, l'USDA prévoyait 800 000 tonnes d'importations de maïs pour l'ensemble de la campagne 2025-2026. Le gouvernement kenyan prévoit déjà d'importer 90 000 tonnes de maïs afin de reconstituer ses réserves stratégiques, soit seulement 19 % du déficit attendu si la baisse de production se confirme.
Pour tout savoir sur l'actualité des professionnels de la filière des grains, cliquez ici
Les principaux fournisseurs sont en général l’Ouganda et la Tanzanie compte tenu de leur proximité.
Le prix de gros du maïs à Nairobi se situe entre 9 % et 19 % au-dessus de la moyenne quinquennale, faisant craindre une crise alimentaire, le maïs occupant une place centrale dans l'alimentation des Kényans.
Des analyses de la qualité des blés durs prometteuses en France
FranceAgriMer a publié le 12 août ses premières estimations provisoires concernant la qualité des blés durs récoltés cette année. Les premiers résultats apparaissent particulièrement encourageants.
La teneur en eau des grains est notamment très faible. Ainsi, 98 % des échantillons analysés présentent une humidité inférieure à 12 %, contre seulement 44 % en moyenne sur la période 2021-2025.
Le poids spécifique est également satisfaisant. Près des deux tiers des échantillons (63 %) affichent un poids spécifique supérieur à 79 kg/hl, alors que cette proportion n'était que de 22 % en moyenne au cours des cinq dernières campagnes.
Si le taux moyen de protéines n'est pas encore connu, les premiers indicateurs laissent présager un niveau élevé. En effet, 74 % des échantillons analysés affichent une teneur en protéines supérieure à 14 %, contre 64 % en moyenne quinquennale. À l'inverse, seuls 14 % présentent une teneur inférieure à 13,5 %, contre 16 % habituellement.
Enfin, l'indice de chute de Hagberg ressort à un niveau remarquable. La totalité des échantillons analysés présente un indice supérieur à 300 secondes, alors que cette proportion n'était que de 54 % en moyenne sur la période 2021-2025.
Les analyses de qualité concernant le blé tendre sont encore en cours. Les premiers résultats devraient être publiés prochainement par FranceAgriMer.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.