Le syndicat des distributeurs spécialisés bio quitte l’Agence Bio, au budget sabré et dont l’avenir est menacé, dénonçant l’« abandon institutionnel » que ses adhérents subissent et le manque de volontarisme politique pour soutenir le retour à la croissance de la bio en France.
Le Synadis bio, syndicat des distributeurs spécialisés en produits biologiques, a annoncé ce 10 février quitter l’Agence Bio. Il avait pourtant fermement défendu l’Agence étatique l’an dernier.
Elle a finalement survécu, mais aux prix de coupes budgétaires drastiques (60 % de baisse de budget, le recul le plus fort pour un opérateur de l'État). « L'institution que nous défendions n'existe plus » s’alarme le Syndicat par communiqué.
« On s’oriente vers un démantèlement de l’institution »
L’Agence bio a perdu son budget, perdra-t-elle sa directrice ?
Au-delà de l'asphyxie budgétaire, le syndicat dénonce le projet de licenciement de la Directrice Générale. « La trajectoire est claire : après avoir coupé les moyens puis la tête, on s’oriente vers un démantèlement de l’institution. L'étape suivante sera probablement le transfert des missions résiduelles à France AgriMer, où la voix des distributeurs spécialisés bio sera encore moins entendue », peut-on lire dans le communiqué.
Le Synadis Bio explique n’avoir pas été reçu par son ministère de tutelle pendant un an, malgré leurs demandes.
« L'étape suivante sera probablement le transfert des missions résiduelles à France AgriMer, où la voix des distributeurs spécialisés bio sera encore moins entendue »
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Un démantèlement probable d’autant plus craint par le Synadis que le bio redémarre après deux ans de crise. Le marché de la distribution spécialisée bio a affiché une croissance de 6,7 % en 2025, portée par la hausse de la fréquentation (+3,6 %) et du panier moyen (+3,1 %). Les distributeurs spécialisés bio, représentent 3 milliards de CA et 40% du marché bio.
Ce retrait de l’Agence Bio s’explique avant tout par la volonté de retrouver une « liberté de parole ». « Les contraintes diplomatiques m'empêchaient de dire avec force ce que vivent nos adhérents : l'abandon institutionnel face à des structures qui ne défendent plus que leur propre survie » déclare Christelle Le Hir la Présidente du Synadis Bio.
« Il ne s'agit plus de sauver l'Agence Bio, il s'agit de sauver le bio lui-même »
Le syndicat déclare vouloir continuer à défendre le bio, et demande davantage de pouvoir décisionnaire, un plan d’urgence économique, une cohérence entre les discours écologiques et les budgets alloués et un soutien structurel aux producteurs « Il ne s'agit plus de sauver l'Agence Bio, il s'agit de sauver le bio lui-même » conclut Christelle Le Hir.