Les agrocarburants ne nous priveront pas de pain

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La mobilisation de 1% de la SAU suffira pour satisfaire à l'objectif d'incorporation de biocarburants.

La forte hausse du prix des céréales et de la plupart des matières premières agricoles, aura au moins eu le mérite de rappeler à l'opinion publique ce que représente les productions agricoles dans le cadre même de sa vie quotidienne. Cette flambée a donné lieu à une foule d'analyses plus ou moins étayées et objectives. Parmi ces dernières, le rejet sur la politique d'agrocarburants de la hausse des prix. Les détracteurs des agro-carburants agitent depuis longtemps des arguments tels que le peu d'intérêt économique de ces carburants de substitution (1 litre de pétrole pour produire un litre d'éthanol, alors que les promoteurs de l'éthanol annoncent un rapport énergétique de 1 à 3) ou contestent leur apport sur le plan environnemental (émission de C0 2). Et depuis cette année, l'éthique intervient donc dans leur argumentation : pourquoi consacrer des terres destinées à produire de la nourriture à des produits à destination industrielle ?

Dans ce débat parfois confus sur les avantages et les inconvénients des carburants agricoles il est pourtant une démonstration incontestable au niveau national, c'est la surface nécessaire pour assurer les programmes de fourniture d'agrocarburants sans nuire aux approvisionnements alimentaires en céréales et en oléoprotéagineux (besoins intérieurs et disponibilités pour l'exportation). Pour apporter une réponse précise et objective à cette question, l'ONIGC avait mis en place l'an dernier un Comité biocarburants et biomasse, présidé par Pierre Cuyper, qui a remis récemment ses conclusions.

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Selon ce rapport, 310 000 hectares de plus de blé, maïs, betteraves, colza et tournesol par rapport à 2006 devraient être mobilisés pour satisfaire à l'objectif d'incorporation des biocarburants (7 %) en 2010. Ce qui représente seulement 1 % de la SAU. Et cela sans modification fondamentale des systèmes de culture.

Cet accroissement des surfaces sera facilement réalisé sans toucher à l'alimentaire et aux exportations de céréales, analyse l'ONIGC. D'abord par une remise en culture d'une partie de la jachère que l'Office estime à 300 000 à 400 000 hectares, tout en maintenant les jachères de type environnemental. Ensuite, par une substitution partielle des céréales par les coproduits des biocarburants dans l'alimentation animale. Il faut aussi compter sur les gains de productivité. Au final, les terres qui pourraient être mobilisées sont estimées à une fourchette comprise entre 340 000 hectares et 710 000 hectares. Il y a donc suffisamment de marge pour poursuivre le développement des biocarburants sans nuire à la vocation alimentaire des productions agricoles conclut l'ONIGC.

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