La fermeture des bars et des restaurants en 2020 aura profité à la consommation à domicile. C’est ce que démontre la dernière note de conjoncture publiée ce 22 avril par FranceAgriMer, à partir de données Kantar. « Les achats de produits de grande consommation (PGC) ont augmenté de 6,9% en 2020 par rapport à 2019, expose Pauline Cuenin, chargée d’études économiques chez FranceAgriMer. Les achats de vins tranquilles pour la consommation à domicile ont augmenté de 4,6%. »
Si la fréquence d’achat est restée stable en 2020, le nombre de cols par acte d’achat est passé de 3,25 en 2019 à 3,36 en 2020. « En 2020, les ménages ont acheté en moyenne 43,66 cols contre 42,26 cols en 2019. C’est donc une progression, mais ce chiffre reste toutefois en baisse de 5,6% par rapport à la moyenne sur 5 ans», tempère Pauline Cuenin. Les vins à moins de 2,99 € ont recruté le plus d’acheteurs, une tendance en rupture avec celle constatée au cours des dernières années. Les BIB (+ 1,1 point de taux de pénétration par rapport à 2019) et les petits formats (+2,4 points) ont séduit davantage d’acheteurs. Les 50-64 ans tirent les achats de vins tranquilles vers le haut, mais en 2020, une croissance notable des acheteurs de moins de 50 ans est à relever.
En 2020, les vins blancs ont confirmé leur dynamisme (+1 point), « même s’ils restent achetés bien plus occasionnellement et en moindre quantité ». Ils représentent désormais 20% des parts de marché en volume, là ou les rouges en possèdent 47% et les rosés 33%.
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Les IGP sans mention de cépage et les vins de France sans indication géographique (VSIG) tirent leur épingle du jeu avec respectivement 13,4% et 7,8% des parts de marché de volume, en hausse de +0,6 points par rapport à 2019. « Cette progression s’est faite au détriment des VSIG en provenance de l’Union Européenne (-0,8 point) et des IGP avec mention de cépage (-0,3 point) », commente Pauline Cuenin. Les AOP occupent 40% des parts de marché, et leurs achats « sont essentiellement portés par la hausse des quantités achetées par acte et non par le recrutement de nouveaux consommateurs », explique FranceAgriMer.
Si les hypermarchés restent le premier lieu d’achat de vins tranquilles (42,8% de parts de marché en volume), 2020 marque un point de rupture puisqu’ils ont perdu pour la première fois depuis 10 ansdes parts de marché (-4,5 points par rapport à 2019). Ce recul a bénéficié aux ex-hard discount, aujourd’hui appelées Entreprises à dominante marque propre (EDMP- +0,8 point), aux magasins de proximité (+0,9 points), à la vente en ligne généraliste (+1,8 point), à la vente directe (+0,4 point) et aux cavistes (+0,2 point).
Des conclusions moins réjouissantes pour les bulles françaises
2020 n’aura définitivement pas été une bonne année pour les effervescents Français. Les achats ont reculé de 5,6% et s’établissent à 9,1 cols/ acheteur. " Les évolutions sont différentes selon les types d’effervescents. Les ventes de champagne ont reculé pendant les confinements mais progressé au cours de l’été. Les autres AOP d'effervescents ont perdu des acheteurs et ont vu leur fréquence d’achat reculer pendant la période des fêtes de fin d’année », indique Pauline Cuenin. Les bulles étrangères ont rencontré plus de succès, notamment le prosecco.