Le ministère veut s’informer sur les comportements alimentaires

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Lors du dernier Sial, le ministère de l’Agriculture a présenté l’OQALI, l’Observatoire de la qualité de l’alimentation, une cellule d’évaluation nutritionnelle qui n’a que huit mois.

L’Observatoire de la qualité de l’alimentation (Oqali) s’inscrit dans le « Plan d’action pour une politique de l’offre alimentaire sûre, diversifiée et durable », mise en place en avril dernier par Michel Barnier. L’objectif : répondre aux attentes des consommateurs et valoriser les modes de production durable. C’est dans ce cadre que l’observatoire est né, avec pour principale mission de « donner des informations fiables sur l’évolution de la composition nutritionnelle des aliments », comme le définit le président de l’Observatoire, Bernard Chevassus-au-Louis. « L’Oqali est avant tout un outil, non pas de contrôle ou de surveillance, mais un outil de régulation qui doit inciter à faire évoluer l’offre sur l’ensemble des segments du marché », précise Louis George Soler, directeur de Recherche à l’INRA, qui est à la base du projet avec l’AFSSA. Ensemble, ils travaillent à la mise en place d’une base de données dans laquelle, pour chaque secteur de marché, sont donnés les compositions nutritionnelles des aliments, les quantités vendues, et les prix.

« Ces organismes ont des compétences complémentaires. L’AFSSA constitue la branche scientifique tandis que l’INRA fait valoir son analyse socio-économique », explique Nicolas Canivet, secrétaire exécutif de l’Oqali. Car pour avoir une vue globale sur l’alimentation, et inciter les industriels à l’améliorer, il faut non seulement partir de la composition initiale des aliments, mais aussi pondérer les marques de produits avec leurs parts de marché. La réduction d’acides gras d’une catégorie de produit n’a pas la même incidence sur le marché selon que la marque se vend bien ou pas. L’essentiel n’est pas de changer le marché, mais bien de le faire évoluer. Une évolution qui serait impossible sans le partenariat des industriels et professionnels du secteur, principales sources de données (étiquetage ou transmission directe des informations).

Céréales et charcuterie scrutés à la loupe

Saint Hubert, Orangina-Schweppes, Marie, Unilever matières grasses, et la section fruits de la Fédération des industries d’aliments conservés, ils sont six aujourd’hui à avoir signé la charte d’engagement de progrès nutritionnel. « Nous étions très demandeur sur ce projet, parce que l’industrie a déjà fait beaucoup pour diversifier l’offre, et nous avions besoin de centraliser nos connaissances sur le marché en donnant une vision plus globale et moins restrictives de nos secteurs », explique Cécile Rauzy, chef de projets qualité et nutrition à l’ANIA. En permettant à l’Oqali de collecter des données de composition des aliments, les entreprises partenaires peuvent se positionner sur le marché et témoigner de leur objectivité vis à vis des consommateurs.

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Mais pour être éligibles, les industriels doivent remplir certaines conditions. « Il peut y avoir un problème de solvabilité technologique : certains produits doivent recenser une quantité minimale de nutriments. Pour faire un gâteau et arriver à une texture feuilletée, il faut un minimum de gras. De même, si on diminue la teneur en sel d’une soupe, les consommateurs n’en voudront plus ». D’où la nécessité d’étudier secteur par secteur, en donnant la priorité aux secteurs avec lesquels un partenariat peut être rapidement mis en place.

Compte tenu du nombre de produits offerts sur le marché, l’Oqali doit procéder par choix. « Il s’effectue selon la pertinence nutritionnelle du produit, c’est-à-dire sa teneur en sucre, sel, matières grasses, mais également d’après ses possibilités d’évolution au sein du marché », explique Nicolas Canivet. Pour le moment, les secteurs prioritaires sont au nombre de quatre : céréales, produits laitiers frais, produits transformés, et charcuterie-salaison. Le but étant d’entraîner les autres secteurs dans cette démarche.

Les marques sont choisies en fonction de leur importance en part de marché. Une des missions de l’Oqali est d’ailleurs de s’attacher au marché hard discount, très polémique en terme de qualité nutritionnelle. Mais qu’on se rassure. Si les chercheurs vont mettre en place pour chaque catégorie un aliment moyen, c’est à titre d’indicateur. Car les produits commercialisés ne changeront pas fondamentalement. « On ne veut pas mettre la France au régime. Il faut garder notre patrimoine culinaire. Ce qu’on veut, c’est optimiser la qualité nutritionnelle », explique Cécile Rauzy. Les premiers résultats de l’Oqali seront publiés sur son site internet. Ils devraient être rendus public au printemps 2009.

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