Avec un cheptel haut plus haut et un développement des feed-lots, les opérateurs de la viande en Australie produisent davantage. Les exportations de viande demeurent dynamiques, malgré le protectionnisme de la Chine et de la Corée du Sud. Celles de bovins vifs sont en chute libre.
3,005 millions de tonnes équivalent carcasse (téc) de viande de bœuf, c’est ce que devrait produire l’Australie en 2026, selon les estimations de MLA. C’est 4,7 % de plus qu’en 2025, année où la production avait déjà progressé de 11,7 %. La production de viande bovine en Australie atteindrait alors, cette année, un record historique.
Ce sont 9,6 millions de bovins qui devraient être abattus dans le pays, contre 9,3 millions en 2025. Une hausse qui n’est pas liée à un phénomène de décapitalisation, grâce à « l’amélioration des performances de reproduction et l'évolution de la composition du cheptel », selon les analystes australiens qui évoquent aussi « l'augmentation des capacités des parcs d'engraissement et de finition qui accélère le passage des bovins, en particulier des mâles, dans le système de production ». 4 millions de bovins mâles sont passés dans les feed-lots australiens sur la campagne 2025-2026, un record.
Fin de la croissance des abattages australiens en 2027
Les abattages australiens de gros bovins devraient ensuite se tasser, avec 9,2 millions de têtes attendues en 2027 et 8,8 millions en 2028, des chiffres qui, certes en recul, n’en restent pas moins élevés au regard des années passées.
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Des exportations de viande bovine sous la pression des quotas chinois et coréens
Les exportations australiennes de viande bovine ont progressé de 15 % en 2025 et devraient grimper de 6,5 % cette année, sous l’effet de la hausse de la production et de la bonne demande mondiale. Néanmoins, les exportateurs australiens ont fait les frais des quotas chinois. Ils ont repli le quota de 205 000 t en juin, se sont reportés vers laCorée du Sud qui a déclenché un mécanisme de sauvegarde. Les droits de douane y sont passés de 5,3 % à 24 % jusqu’à la fin de l’année. En revanche, les États-Unis sont restés aux achats, puisque leur cheptel est au plus bas depuis 75 ans. 40 % des exportations australiennes y sont dirigées.
Les exportations australiennes de bovins vifs ont chuté de 25 % sur les 7 premiers de 2026. En cause, la forte demande des centres d’engraissements nationaux, mais aussi la frilosité des acheteurs étrangers. L’Indonésie, qui achète 8 bovins australiens exportés sur 10, est pénalisée par le jeu des taux de change et se tourne aussi davantage vers de la viande congelée brésilienne ou indonésienne. Même tendance en Thaïlande où s’ajoute aussi la concurrence des importations de bétail vietnamien via le Laos ; au point que les Philippines sont devenues la deuxième destination des bovins australiens.
Des perspectives qui dépendent du climat
Si la filière bovine australienne est dans une phase positive, MLA pointe la friction engendrée par le protectionnisme et les tensions géopolitiques. La variable la plus incertaine demeure le climat et les risques d’un Super El Nino. Si la sécheresse s’installe, les abattages pourraient grimper et faire pression sur les capacités des outils industriels.