L’univers laitier de l’Ouest bouge. Dernier épisode en date, le rachat en totalité de la Laiterie Saint-Malo en Ille-et-Vilaine (85 millions d’euros de chiffre d’affaires, 120 salariés) par le privé finistérien SILL (Société industrielle laitière du Léon), basé à Plouvien. L’ensemble constitué, fort de six usines et 800 salariés, pèsera 320 millions d’euros de chiffre d’affaires dont près de 60 % seront issus des activités laitières. SILL opère par ailleurs dans la fabrication de plats cuisinés surgelés via Primel Gastronomie avec les marques Compagnie Artique et Saveurs de Bretagne, et de jus de fruits et potages (marques Plein Fruit et La Potagère).
Plusieurs mois de négociations ont été nécessaires pour parvenir à l’accord, scellé mercredi 8 octobre. Coopagri Bretagne et Terrena, détenteurs de 50 % des parts de la Laiterie de Saint-Malo au travers de leur filiale commune, la Laiterie nouvelle de l’Arguenon, ont souhaité se désengager avant la fusion de leurs structures industrielles laitières dans Laïta avec Even. Les activités de cette filiale (poudre de lait haut de gamme et ultra frais) ne correspondaient pas au périmètre d’activités du futur ensemble, dit-on chez Coopagri.
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Les 50 % restant du capital de la laiterie de Saint-Malo ont été rachetés à la famille Gizard, fondatrice de la société. Le dirigeant opérationnel de la laiterie malouine, Rémy Gizard, reste en poste. Selon Michel Magueur, directeur général adjoint de la SILL, les spécificités de la laiterie Saint-Malo complètent l’activité de la SILL.
« Nous travaillons essentiellement en poudre de lait, beurres plaquettes (marques Ajoncs d’Or et Le Gall) et fromages fondus, la Laiterie Saint-Malo en poudres de lait haut de gamme pour les chocolatiers (leader mondial du secteur avec 20 000 tonnes/an) et en ultra-frais avec la marque Malo et en MDD (15 000 tonnes/an) ». SILL annonce d’ores et déjà qu’il va constituer une force de vente commune en poudres de lait, même si les acheteurs ne sont pas les mêmes, faisant le pari
« d’importantes perspectives de croissance ».
Les équipes commerciales dans l’ultra-frais seront également réorganisées. Avec « Malo » en yaourts, fromages blancs, crèmes et « Le Gall » en beurre de baratte, SILL possède deux marques synonymes
« d’authenticité et de savoir-faire et qui sont proches des clients », souligne Michel Magueur. Pour l’heure, SILL n’annonce aucun projet industriel. La Laiterie Saint-Malo a entièrement reformaté son usine en 2005, et dispose de capacités supérieures à sa production actuelle. Gilles Falc’hun, pdg de SILL, précise que certaines fabrications (lait Ribot et crème fraîche) pourraient à terme être réunies sur un même site. La SILL réfléchit à l’organisation logistique entre les usines laitières du groupe distantes d’un peu plus de 200 kilomètres. Il s’agit de la seconde opération de croissance externe en lait pour la SILL, depuis 1998 et le rachat de Le Gall (Quimper) à Entremont.