En 2025, 212 foyers de salmonelles ont été déclarés en poules pondeuses, en progression de 15 % par rapport à 2024. Les données recueillies par la DGAL apportent des informations intéressantes, en particulier l’origine des prélèvements, l’âge de la positivité et le statut vaccinal.
En 2025, la pression salmonelles dans les cheptels de poules pondeuses est restée élevée. Selon les données de la DGAL, la direction générale de l’alimentation, la France a déclaré 212 foyers de salmonelles en pondeuses œufs de consommation, soit 26 foyers de plus qu’en 2024 et un taux de prévalence s’élevant à 2,95 % contre 2,59 % l’année précédente.
Depuis désormais cinq ans (1), ce taux dépasse le cap de 2 % fixé par l’Union européenne, seuil au-delà duquel le cofinancement européen des indemnisations des foyers en filière ponte des États membres s’arrête. Salmonella Enteritidis reste le sérotype dominant dans les cheptels de poules pondeuses français, représentant 70 % des cas. Une part qui reste plutôt stable.
La matrice fiente prédominante
Pour la première année, l’analyse des cas communiqués par la DGAL précise l’origine des prélèvements retrouvés positifs lors des contrôles de surveillance : c’est-à-dire soit sur les fientes, démontrant une contamination du cheptel, soit sur les poussières pour détecter une contamination de l’environnement du bâtiment. Disponibles pour 122 foyers de + de 1 000 poules (les élevages de moins de 1 000 poules n’ont pas de prélèvements d’environnement dans leur plan de lutte), les résultats montrent que la part des cas sur l’environnement seul est plus faible qu’on aurait pu le croire. « Elle atteint seulement 13 % des cas, contre 87 % pour les prélèvements sur fientes et fientes + environnement », souligne Paul Créac’h du laboratoire Ceva santé animale qui a analysé les données de la DGAL. Ces proportions varient selon le mode d’élevage, avec une part de positivité dans l’environnement seul de 33 % dans les élevages en cages, contre 5 à 13 % (2) pour les codes 2, 1 et 0.
Un effet du statut vaccinal
Autre nouvel enseignement sur les foyers de 2025 : le statut vaccinal. Trois quarts des foyers concernent des cheptels de poules pondeuses non vaccinés contre la salmonelle soit 132 cas, contre 41 sur des lots ayant reçu un vaccin vivant et 9 avec un vaccin inactivé.
« En tenant compte d’un taux de vaccination de 40 % avec un vaccin vivant sur les lots de poules pondeuses en production en 2025, le taux de prévalence des lots avec vaccins vivants passe à 1,22 % contre 2,44 % pour l’ensemble des autres lots, a-t-il calculé. En se basant sur ces éléments en 2025, cela signifierait que la vaccination avec des vaccins vivants réduirait de moitié la prévalence salmonelles sur fientes des pondeuses en France. Ce résultat global masque toutefois une certaine variabilité de situations observées sur le terrain. » Ce premier bilan confirme la pertinence de la stratégie vaccinale, autorisée depuis 2023 et renforcée depuis 2026 avec l’évolution du protocole de surveillance.
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Une saisonnalité des foyers
Les données 2025 de la DGAL confirment par ailleurs la saisonnalité des foyers de salmonelles, avec un pic entre fin août et novembre, le deuxième semestre totalisant 70 % des cas sur l’année. Les contaminations se font à tout âge, avec 55 % des cas après 50 semaines. L’âge moyen de positivité est de 54 semaines pour l’ensemble des lots de plus de 1 000 poules.
Les modes d’élevage plein air sont plus touchés, avec 72 cas en bio et 100 en plein air, contre 26 en code sol et 14 en cage. « En tenant compte des effectifs moyens par type de production, il n’ y a toutefois pas d’écart de prévalence entre codes, mis à part le code 2 qui a une prévalence plus faible », interprète Paul Créac’h.
Une hausse des cas de « Salmonella Enteritidis »
Selon les données de la DGAL, l’augmentation des foyers en poules pondeuses en 2025 s’explique surtout par la progression du sérotype de Salmonella Enteritidis (20 cas supplémentaires soit 143 cas sur un total de 210) et d’un variant S. Typhimurium monophasique (18 cas, contre 3 l’année précédente). Ce dernier est principalement lié à une même source de contamination de matières premières en Bretagne. La région bretonne totalise ainsi 36 cas de salmonelles soit 14 de plus qu’en 2024. La répartition des foyers en pondeuses souligne les disparités entre grandes régions de production. La pression reste ainsi élevée en région Auvergne-Rhône-Alpes (56 foyers). Le nombre de foyers déclarés était de 25 en Occitanie, 19 dans le Grand-Est, 16 en Pays de la Loire et 14 en Nouvelle-Aquitaine. En élevage de poulettes œufs de consommation, la prévalence a atteint 0,96 %, après une phase de stabilisation autour de 0,5-1,6 % les trois années précédentes.
En poulet de chair, la prévalence atteint 1,03 %, dépassant pour la première fois le seuil cible européen de 1 %. En dinde de chair, elle a diminué de 1,39 % en 2024 à 1,16 %.