En garantissant un prix de 340 euros les 1 000 litres pour 50 % des volumes de lait AOP pour quatre ans, la fromagerie Gillot veut sécuriser ses approvisionnements.
Située au cœur du bocage Ornais, la fromagerie Gillot fabrique plus de 80 % de ses fromages à base de lait cru. Elle collecte 34 000 litres de lait cru auprès de 95 producteurs engagés dans les appellations d'origine protégée normandes, principalement le camembert de Normandie.
Par ailleurs, l'entreprise a revalorisé la prime AOP à 43 euros au 1er janvier 2016, contre 30 euros en 2014 et 36 euros en 2015. Elle devrait atteindre 50 euros en 2017. « Deux phénomènes ont attiré notre attention : le prix du lait conventionnel était relativement valorisé ces deux dernières années, du coup cela a découragé un certain nombre de producteurs. En outre, le cahier des charges de l'AOP camembert a été renforcé pour imposer que 50 % des vaches soient de race normande à partir de 2017. En 2010, nous avions 124 producteurs AOP, en 2015, nous en avons 96. Les raisons sont x d'utilisation en 2018. multifactorielles », explique Émilie Fléchard. Face à l'exigence qu'impose une production au lait cru, la fromagerie veut aussi inciter ses producteurs à améliorer la qualité du lait, afin d'augmenter son taux d'utilisation. « L'enjeu majeur est la qualité. En 2012, nous étions à un taux d'utilisation du lait cru en AOP à 42 %, en 2015 à 50 % et nous visons 60 % en 2018 », indique-t-elle. A.-S. Le Bras