Energie : le pruneau doit réinventer son séchage

- - 4 min
Après récolte, les prunes d'Ente sont immédiatement mises à sécher dans un four de séchage, qui fonctionne encore dans la quasi totalité des cas au gaz, une énergie fossile. Crédits : © BIP

Le séchage est un réel enjeu de transition agroécologique pour le pruneau français. En attendant de trouver de nouvelles sources d'énergies non fossiles, des adaptations sur les fours sont déjà possibles ou en passe de l'être.

Dans le cadre de ses réflexions sur sa transition agroécologique, le pruneau français a intégré le sujet, non négligeable, du séchage.

Aujourd’hui, les prunes d’Ente sont séchées après récolte dans un tunnel de séchage, un four qui fonctionne au gaz dans 99 % des cas.

Lire aussi : Dérèglement climatique, matières actives : comment le pruneau français prépare sa transition agroécologique ?

Le gaz est une énergie fossile émettrice de gaz à effet de serre. « Nous devons trouver des énergies de substitution », affirme Gaëtan Vergnes, secrétaire général au BIP, le Bureau interprofessionnel du pruneau. 

Le projet n’en est qu’à ses débuts. Celui-ci peut se décliner en plans d’action à court, moyen et long terme.

 

 

1- A court terme : bien isoler et bien régler ses fours

A court terme, il va s’agir de bien gérer l’isolation, la température et l’humidité des fours. Le BIP va diffuser aux producteurs des fiches de synthèse de “bonnes pratiques”.

Lire aussi : Pruneau : « Le marché va se rééquilibrer, mais il faudra plusieurs campagnes pour retrouver nos volumes d’avant gel »

 

2- A moyen terme : utiliser l’air chaud des fours en circuit fermé

A moyen terme, il sera possible d’adapter les fours existants. « Des premiers essais menés l’année dernière sur un four pilote à l’Agrotec montre qu’il est possible de récupérer l’air chaud et humide sortant des fours et de le réinjecter sec, pour un fonctionnement en circuit fermé. Ce système fonctionne à l’électricité, donc une énergie décarbonée », s’enthousiasme Gaëtan Vergnes. 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

matières premières
Suivi
Suivre

Faire fonctionner le four en circuit fermé d’air permettrait jusqu’à 30 % d’économie d’énergie

L’essai a été concluant et a été reconduit in situ chez un producteur en 2024. « L’essai in situ a montré qu’on pouvait obtenir jusqu’à 30 % d’économie ! Et une fois la machine réglée, elle ne représente aucune charge de travail supplémentaire pour le producteur. C’est prometteur ! D’autant plus que les investissements sont moins lourd qu’en changeant complètement le four. »

 

3- A long terme : trouver et investir dans des technologies de rupture

A long terme, il s’agira de trouver une nouvelle forme d’énergie, ce qui sous-entend de vraies technologies de rupture. « Pour le moment, on est sur une phase bibliographique », relativise Gaëtan Vergnes.

Le BIP s’intéresse notamment à la géothermie, qui « commence en France » mais dont l’investissement est « de l’ordre du million ». 

Autre piste, le solaire thermique, c’est-à-dire chauffer grâce à l’énergie du soleil. Là aussi l’investissement serait lourd.

 

Investissements : quelle rentabilité pour des fours qui ne sont utilisés qu’un mois sur douze ?

« Le souci dans ces technologies, c’est la rentabilité, pointe Gaëtan Vergnes. Car nos fours ne fonctionnent qu’un mois par an. » Une synergie avec une autre filière pour compléter l’utilisation à l’année serait-elle alors envisageable ?

« Nous avons essayé. Nous avons prêté nos équipements à la filière tomate d’industrie pour faire de la tomate séchée mais ça n’a pas été concluant -ça coulait de partout. En revanche, il y a un essai sur raisin à l’Agrotec pour du raisin sec », glisse Gaëtan Vergnes.

Lire aussi : Pruneau : pourquoi les jeunes n’en consomment pas (et c’est bien dommage)

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires