L’accord avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay ne finit plus de faire réagir. « Il va entrainer une concurrence déloyale. Nos pratiques respectent des exigences qui ne sont pas respectées outre-Atlantique. Cet accord trompe les consommateurs », fustige Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.
Même diagnostique à la Confédération Paysanne, le syndicat s’interroge sur la « durabilité » de cet accord : Qu'y a-t-il de « durable » à mettre en péril nos élevages paysans, majoritairement nourris à l'herbe, en abaissant les droits de douane sur l'importation de 99 000 tonnes de viande bovine issue d'animaux entassés dans des feedlots, gavés au soja OGM et aux antibiotiques ? ».
La filière sucre, déjà déstabilisée, redoute une importation massive de sucre. Alors que le groupe Südzucker a annoncé la fermeture de deux sites, l’accord permettrait l’importation de l’équivalent de la production d’une « importante sucrerie », dixit la Confédération Générale des Planteurs de Betteraves (CGB).
La volaille est aussi directement concernée par le traité de libre-échange. L’ouverture à 180 000 tonnes de poulets représenterait 4500 emplois directs en France, dont 1500 éleveurs. Un poulet sur deux, consommé en France, est importé. Outre les aspects économiques, les détracteurs de l’accord s’appuient sur ses conséquences sanitaires. Dans une lettre ouverte, l’interprofession Anvol rappelle qu’en 2017, des lots de poulets issus du Brésil ont été rejetés car ils contenaient des salmonelles : « n’importons pas l’alimentation que nous ne voulons pas dans notre assiette ».
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Du côté des responsables politiques, ils sont nombreux à dégainer leur tweet. Michel Dantin, député européen (les Républicains) s’inquiète de la traçabilité de la filière viande.
C'est finalement assez rare pour être signalé, la position des écologistes rejoint celle des agriculteurs. "Je ne comprends pas qu’on puisse en l’état signer cet accord. Ce type de décision politique montre qu’on n’a aucune approche systémique, globale de la lutte climatique. On est très loin de la cohérence. Cet accord est complètement antinomique avec nos ambitions affichées et, surtout, avec la réalité de ce qu’il faut faire", regrette Nicolas Hulot.