Congrès Légumes de France 2026 : « Ce congrès va être un moment collectif pour se poser les bonnes questions »

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Pour Bruno Vila et Cyril Pogu, les deux coprésidents de Légumes de France, les 80 ans du syndicat sont avant tout l'occasion de se projeter dans l'avenir. Crédits : © B.Vila/C.Pogu

Le 69e congrès Légumes de France, organisé à Rungis les 26 et 27 novembre, fêtera les 80 ans du syndicat mais il veut surtout se tourner vers l’avenir, comme nous l’expliquent les deux coprésidents, Bruno Vila et Cyril Pogu.

Organisé le 26 et 27 novembre 2026, à Rungis, le congrès Légumes de France 2026 est singulier à plus d’un titre : 80 ans du syndicat, impact des canicules et sécheresse 2026, pression économique, proximité des présidentielles, localisation à Rungis, plus grand marché de produits frais européen et même mondial.

« La filière est en profonde mutation et l’année 2026 enfonce le clou », cadre Cyril Pogu, coprésident de Légumes de France. Il voit ce congrès comme « un moment collectif pour se poser les bonnes questions : comment pouvoir continuer à produire, dans quelles conditions et avec quelle compétitivité ? ».

Bruno Vila, également coprésident du syndicat, confirme : « Nous allons célébrer 80 ans de défense des intérêts de la filière mais nous allons surtout nous projeter dans l’avenir et réfléchir aux conditions qui nous permettront d’être là dans 20 ou 30 ans ».

Identifier des leviers et des réponses politiques à obtenir

Ce futur sera au cœur de trois tables rondes. La proximité des présidentielles en renforce les enjeux. Aux questions majeures identifiées pour l’avenir du maraîchage, le syndicat sollicitera par la suite des réponses politiques « pour pouvoir vivre de notre métier dans 20 ans », explique Cyril Pogu. 

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« Aujourd’hui, il n’y a pas de politique agricole avec une vision de long terme. Il y a des mesures de court terme et des moyens à un an qui ne sont pas à la hauteur des objectifs de souveraineté alimentaire qui sont annoncés, déplore Bruno Vila. Nous espérons que ceux qui seront au gouvernement auront une vision de l’agriculture avec un cap qui sera maintenu pour que les agriculteurs puissent se projeter dans l’avenir ». « 80 ans de combats nous donnent une vraie légitimité pour porter les besoins de la filière », appuie Cyril Pogu.

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La capacité d’adaptation au changement au cœur des débats

Le changement climatique et la capacité d’adaptation qu’il implique seront au cœur des deux premières tables rondes, le 26 novembre. La première, intitulée « Innover pour s’adapter : évoluer ou disparaître » abordera les leviers techniques « réellement » à la portée des producteurs, notamment en matière de culture sous abri, gestion de l’eau ou nouvelles techniques génomiques. « Notre pays veut-il encore produire ? », s’interrogera la seconde table ronde, avec l’ex-ministre de l’Agriculture Julien Denormandie comme Grand témoin. Le volet sera alors plus politique avec le thème des blocages et freins réglementaires à lever. 

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Le lendemain, le 27 novembre, il sera question des marchés et de la commercialisation, eux aussi en pleine mutation. Les intervenants et congressistes débattront autour du thème : « Consommation, distribution : quel avenir pour le légume français ? ». Les organisateurs ont convié Philippe Goetzmann, expert grande consommation et distribution comme Grand témoin. Parmi les intervenants, la présence de Bertrand Moulins, directeur des achats fruits & légumes de Métro France, illustre l’importance stratégique de la restauration hors foyer (RHF) pour l’avenir de la filière maraîchère.

Olivier Mevel, consultant en stratégie des entreprises agroalimentaires, dressera la conclusion. Rappelons qu’il a été entendu par la commission d’enquête du Sénat portant sur les marges des industriels et de la grande distribution (rapport de mai 2026).

Construire des modèles compétitifs et vertueux

« Être capable de produire dans le contexte climatique, on voit que ce n’est pas gagné. Il y a beaucoup d’injonctions contradictoires et de freins administratifs et réglementaires, conclut Bruno Vila. En même temps, il faut rester compétitifs car le marché est hyperconcurrentiel ». « Le premier concurrent c’est l’Europe. Il y a un vrai problème de concurrence avec une société qui attend de la qualité accessible à tous avec des exigences toujours plus fortes », insiste aussi Cyril Pogu. Il s’agit donc de construire des modèles compétitifs et vertueux. En filigrane, l’enjeu est aussi l’attractivité et le renouvellement de la filière. Autant dire que ce 69e congrès s’annonce dense.

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