« Je peux vous vendre quelques cigares, mais ça reste entre nous... », nous fait promettre Rogelio, tabaculteur à Vinãles dans la province de Pinar-del-Rio (à l'ouest de Cuba).Il confie : « Je voudrais bien vendre un peu plus de tabac directement aux touristes, car les prix sont meilleurs ! » Mais Rogelio ne le peut pas. 95 % de sa production doit être vendue à l'entreprise publique Tabacuba, les 5 % restants sont destinés à l'autoconsommation. De manière générale, l'économie agricole cubaine est contrôlée par l'État, de la production jusqu'à la commercialisation. « J'achète tout le matériel, les intrants et les semences à l'État avec lequel je contractualise les quantités que je dois produire. Au moment de la récolte, on vient chercher la production directement ici », explique Rogelio. Âgé de 54 ans, il cultive une dizaine d'hectares de productions diversifiées : manioc, patate douce, canne à sucre, banane. Il élève également quelques porcs, bovins et lapins. Comme la majorité des agriculteurs de l'île, il est usufruitier. « Je loue des terres au gouvernement pour une période de vingt ans, renouvelable », indique-t-il. À Cuba, près de 80 % des terres agricoles sont la propriété de l'État. La plupart du temps, il en confie la gestion à ceux qui la travaillent, des agriculteurs en individuel ou réunis en coopératives. Quant aux prix des denrées agricoles, ils sont fixés par le gouvernement.
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