Dans une note flash que vient de publier le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan intitulée « Comment décarboner au moindre coût ? », il est préconisé pour l’agriculture la plantation de haies et le recours à l’agroforesterie.
Alors que la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3) devra être officiellement adoptée d’ici la fin de l’année, une note du Haut-commissariat à la stratégie et au plan publiée le 1er juillet rappelle que l’objectif de baisse des émissions brutes de 50 % en 2030 par rapport à 1990 implique un rythme annuel moyen de baisse d’émissions d’environ 5 % par an entre 2023 et 2030, donc supérieur à celui observé en moyenne entre 2019 et 2023 (-3,4 %).
Selon elle, tous les secteurs devront être mis à contribution pour atteindre cet objectif, y compris l’agriculture.
Ce dernier montrera notamment que la plantation de haies et l’agroforesterie intra parcellaire permettent de séquestrer du carbone à un coût d’abattement très inférieur à la valeur de l’action pour le climat établie à 256 €/tCO2e en 2025. Selon la note, « une certaine réduction de la consommation d’engrais à coût modéré apparaît également possible ». Elle ajoute que « la question des émissions liées à l’élevage, majoritaires dans celles de l’agriculture, renvoie à celles de la taille du cheptel bovin ainsi que de son alimentation ».
Biocarburants et biométhane « pas assez efficaces » selon Clément Beaune
Clément Beaune, le Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, estime dans son éditorial de la note flash qu’une politique écologique « peut et doit se fonder sur des évaluations et des chiffrages », car selon lui « il n’y a pas de contradiction entre rationalité économique et ambition écologique ». Selon lui, l’agroforesterie, le déploiement des pompes à chaleur et le développement des véhicules électriques « font notamment partie des actions les plus efficaces, justifiant une politique budgétaire ou fiscale de soutien ambitieuse et stable ». A contrario, « les biocarburants ou le biométhane ne passent pas le seuil d’efficacité avérée, compte tenu d’un mauvais bilan coût payé/tonne évitée », poursuit-il. Et d’ajouter : « La production d’hydrogène pourrait jouer un rôle dans la décarbonation de l’industrie, mais à plus long terme ».