Céréales : la récolte mondiale sera bien abondante

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Le Conseil international des céréales (CIC) a consolidé ses estimations pour 2008/2009. Mais l'équilibre serait tout juste atteint avec une consommation en fort développement.

La production mondiale toutes céréales 2008-2009 établira un record à 1,754 milliard de tonnes mais la consommation s’élèvera à 1,734 Md de tonnes de telle sorte que les stocks dans les cinq grands producteurs mondiaux ne dépasserait pas 93 Mt, 1 Mt seulement de plus qu’à la fin de la maigre campagne 2007-2008. Cette globalisation des chiffres toutes céréales annoncés dans le rapport du CIC diffusé jeudi (voir notre édition de samedi) ne doit pas cacher deux aspects distincts de cette campagne : la récolte exceptionnelle de blé, révisée en hausse de 4 Mt, à 676 Mt, un record, mais une consommation elle aussi record, 646 Mt, qui laisserait néanmoins en fin de campagne, un beau stock de 153 Mt. C’est 30 Mt de plus que l’an dernier, alors que la campagne 2007-2008 avait accusé une baisse de 2 Mt par rapport à 2006-2007, elle-même en retrait de 13 Mt par rapport à la précédente.

L’une des caractéristiques marquantes de la récolte 2008, sera l’abondance de blé de qualité fourragère dans plusieurs pays qui se traduirait par une utilisation accrue de blé dans l’alimentation animale, la plus élevée depuis 17 ans, ce qui participerait à l’augmentation des échanges, estimés à 116 Mt (110 en moyenne ces dernières années) en raison de la demande de la part de nations comme la Corée du Sud, Israël ou la Thaïlande utilisant de plus en plus de blé fourrager pour l’alimentation de leur bétail.

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Ces petits blés vont se positionner en concurrents du maïs sur le marché de l’alimentation animale, ce dernier reculant de 17 Mt, ce qui limiterait les conséquences de la poussée des utilisations industrielles prévues à près de 200 Mt dont quelque 60 % pour la production d’éthanol, principalement aux Etats-Unis. Le blé fourrager abondant permettrait donc de réduire le déséquilibre du marché mondial du maïs qui, malgré une belle récolte, bien que revue en baisse de 3 Mt, à 771 Mt, par rapport aux estimations d’août et en baisse de 16 Mt sur le record de 2007, ne permettrait pas d’éviter une aggravation de la baisse du stock de fin de campagne tombant à 109 Mt, la consommation étant annoncée à 788 Mt, 12 Mt de plus que la dernière campagne. En revanche, les copieuses disponibilités en autres céréales fourragères réduiraient les échanges de maïs à 87 Mt contre 100 en 2007-2008, ce qui reste quand même respectable.

Un bon bilan d’échanges extérieurs

A propos d’échanges internationaux de céréales, Ubifrance vient d’en brosser le bilan français pour le 1er semestre 2006. Il est plutôt satisfaisant si l’on considère les résultats médiocres du début de campagne. Au cours des 6 premiers mois de l’année, la France a exporté 12, 874 t de céréales, un volume inférieur à la moyenne de ces 5 dernières années, et en a importé 1 Mt, volume largement supérieur à la moyenne des années précédentes (autour de 4,5 Mt). La satisfaction vient du bilan en valeur, le plus positif des premiers semestres des années précédentes. La forte hausse des prix des céréales au cours de cette période s’est traduite par un chiffre d’affaires de 3,45 Mds d’euros, 1 Md de mieux qu’en 2007, laissant un solde positif de 3 Mds d’euros contre une moyenne de 2 Mds les 3 années précédentes.

Il convient de considérer ces chiffres en tenant compte du contexte très particulier du marché céréalier mondial en 2007-2008, la faiblesse des disponibilités en blé ayant entraîné les prix de l’ensemble des céréales dans une hausse et une volatilité exceptionnelles. La tendance s’est inversée depuis le début de la campagne en cours et si elle a bien démarré pour les ventes françaises de blé Voir les attributions hebdomadaires de certificats d’exportation dans nos éditions de fin de semaine. en volume, le bilan valeur risque d’être moins réjouissant.

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