Bières : à Munich, l’Oktoberfest ne connaît pas la crise

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Près de 6,7 millions de litres consommés en 15 jours et plus d'un milliard d'euros engrangés. La fête de la bière de Munich est plébiscitée par les Bavarois et les milliers de touristes étrangers.

«Aus is ! ». « Ça y est, c’est fini ! ». Le dimanche 5 octobre à 23 h 30 s’achevait la traditionnelle fête de la bière munichoise. Pour les Bavarois, l' « Oktoberfest » est un temps fort dans l’année ; un joyeux mélange de baraques de foire, de carrousels traditionnels, de manèges de haute technologie et de grandes roues ainsi que de 14 chapiteaux géants… qui se complète d’une foire agricole tous les trois ans. C’est l’une des images-phares de la capitale de la Bavière. Toujours copiée jamais égalée, puisqu’on dit qu’environ 3 000 manifestation-sœurs sont célébrées de par le monde. Au moment de mettre le tonneau en perce le 20 septembre dernier pour marquer le départ officiel des festivités, celui qui était encore « ministre président de Bavière », déclarait : « c’est un moment unique dans la vie d’un bavarois ». Günther Beckstein ne savait pas encore que la CSU, le puissant parti conservateur de Bavière, allait au devant « d’une déroute » aux élections régionales.

Pour certains, l’Oktoberfest est tout simplement « la plus grande kermesse du monde ». Pour les plus critiques, c’est aussi « l’une des plus grandes beuveries » Cette manifestation, qui se déroule chaque année sur la dizaine d’hectares du pré de Thérèse La fête de la bière de Munich trouve son origine en 1810 à l’occasion du mariage du prince héritier Louis (futur Louis Ier de Bavière) avec la princesse Thérèse de Saxe-Hildburghausen. Le pré porte depuis cette date le nom de Theresienwiese en l’honneur de la mariée. situé à deux pas du centre-ville de Munich, attire plus de 6 millions de visiteurs, dont 15 à 20 % d’étrangers.

Des jeunes comme des moins jeunes y viennent souvent en costumes traditionnels bavarois. Les jeunes filles ou les femmes revêtent leur plus beau dirndl et les hommes la chemise en lin, le gilet et la culotte de cuir. La tradition, qui commençait à se perdre, renaît depuis peu. En Bavière, les costumes traditionnels, dont le prix dépasse souvent les 400 à 500 euros, se transmettent de génération en génération… De toute la ville, c’est une véritable marée humaine qui, chaque jour, se dirige vers le pré de Thérèse. On y voit là tous les âges, tous les statuts sociaux, des hommes, des femmes et des enfants : on y rit toujours, on y chante et on y danse beaucoup et on y boit sans trop de modération.

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6 millions de visiteurs

Les quatorze « tentes à bière » accueillent dès 11 heures les premiers visiteurs jusqu’à 22 heures voire 23 h 30 le week-end. Chaque tente, propriété des six brasseries de Munich Ce sont les brasseries Paulaner, Augustiner, Spaten-Franziskaner, Hacker-Pschorr, Hofbräuhaus et Lowernbräu qui brassent environ 6 millions d’hectolitres à elles six en un an. peuvent recevoir chacune environ 6 000 personnes. Chacune d'entre elles a son ambiance et son orchestre propre. Seize autres tentes, beaucoup moins imposantes mais tout aussi conviviales, accueillent également les visiteurs au son des chansons traditionnelles bavaroises. Les incontournables « Ein prosit der Gemütlichkeit » entonnés par l’orchestre marquent tous les dix minutes le moment où il convient d’étancher sa soif.

Peu importe la dimension de la tente, on y fait toujours la queue dans une joyeuse bousculade, mais toujours respectueux de son voisin. Les plus chanceux ont leurs tickets qu’il leur aura fallu réserver au moins six mois auparavant. Encore faut-il qu’ils puissent accéder à la porte à l’heure dite, convaincre « le placier » tout en montrant le précieux sésame. Car après l’heure, ce n’est plus l’heure et la place est définitivement perdue.

A l’intérieur de la tente, litres après litres (contenu et contenant pèsent environ deux kilos et il n’est pas rare de voir des serveurs avec dix à treize chopes de bières dans les mains !), l’atmosphère se déride très vite, surtout à partir de 18 heures…

Au fur et à mesure que les chopes de bière arrivent à table, la joie de vivre munichoise touche à la contagion, voire même à la fascination dans de tels moments de liesse parfois débridés où les serveuses font sans arrêt des prouesses pour se frayer un chemin. On y consomme traditionnellement le demi-poulet ou le canard parfois accompagné de pommes de terre, les traditionnelles saucisses blanches ou autres plats typiques à base de poissons… Et pendant que les uns mangent, les autres, debout sur les tables chope de bière à la main, chantent et dansent à tue-tête. Ce sont environ 6 millions de litres d’une bière, brassée pour l’occasion et titrant 6,3° alcool, qui auront été ainsi consommés en l’espace de 15 jours, soit beaucoup plus que la production annuelle de la célèbre brasserie française des Ch’tis (45 000 hl/an) ou un peu moins que la brasserie Duyck à Jenlain (80 000 hl). Impressionnant, non ?

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