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André Pouzet, président de l’Actia « Les ITAI sont au plus près des préoccupations des industries alimentaires »

Cette année, les trophées ITAINNOV remis le 2 mars lors du Salon de l’Agriculture ont récompensé des instituts techniques agricoles, mais aussi agro-industriels. André Pouzet, président de leur association de coordination, l’Actia, présente ces instituts techniques en contact quotidien avec les entreprises agro-alimentaires.  

Pouvez-vous nous présenter l’Actia ?

L’Actia regroupe 15 instituts techniques agro-industriels (ITAI) reconnus par le ministère de l’Agriculture, ayant le même statut que les instituts techniques agricoles. Une différence majeure par rapport à ces derniers est qu’ils ne bénéficient pas du budget du Casdar. Les instituts techniques agro-industriels dépendent à 80 % de ressources privées venant majoritairement des entreprises et à 20 % de ressources publiques (Ministères, collectivités territoriales, appels à projets publics…). L’avantage d’un tel financement est d’être au plus près des préoccupations des industries agroalimentaires.

Quel est le budget de l’Actia ?

Son budget est de près de 1,2 million d’euros, auxquels s’ajoutent environ 2,8 millions d’euros provenant de subventions du ministère de l’Agriculture qui sont redistribuées aux instituts pour leurs activités de recherche et d’expertise publiques. Les instituts travaillent en partenariat scientifique avec une grande diversité d’organismes de recherche nationaux et européens. Nous sommes très actifs au niveau de l’Union européenne. Six salariés permanents sont mobilisés pour répondre à des appels d’offre de recherche et assurer le suivi des projets, dont deux à l’international.

Quelles sont les compétences et les spécialisations des différents instituts techniques de l’agroalimentaire ?

Les ITAI sont des organismes de recherche appliquée, d’appui technique, qui accompagnent les entreprises dans toutes les composantes de leur développement. Certains sont spécialisés sur une filière. C’est le cas de l’Adiv (institut des viandes), de l’Ifip-Institut du porc pour les produits de charcuterie, d’Actalia pour l’industrie laitière, d’Iterg (instituts des corps gras) ou du Ceva pour les algues. Certains sont spécialisés sur les boissons : c’est le cas de l’IFBM (brasserie, malterie), du BNIC (Cognac), de l’IFV pour le vin ou encore de l’IFPC (productions cidricoles). L’Itab (Institut technique de l’agriculture et alimentation biologiques) quant à lui s’occupe de l’alimentation biologique pour toutes les filières. D’autres instituts sont spécialisés dans certaines technologies. Par exemple, Aerial a de fortes compétences reconnues à l’international dans les procédés d’ionisation, et Extractis dans les procédés d’extraction du végétal. L’Adria est spécialisée en microbiologie et en biologie moléculaire, ou encore le CTCPA accompagne les entreprises agroalimentaires dans la conservation des produits alimentaires.  L’emballage des aliments est un sujet dans lequel ils ont développé une expertise importante, comme le LNE.

Quelles sont les grandes thématiques de recherche et développement qui animent les ITIA actuellement ?

L’une des grandes préoccupations des instituts techniques agro-industriels porte sur la qualité des aliments, sur les aspects sanitaires (bactéries, virus, parasites, contaminants chimiques), nutritionnels et gustatifs. Autre préoccupation importante : toutes les problématiques relatives à la réduction de l’impact environnemental des industries agroalimentaires. Nous partageons cette préoccupation avec l’Acta, dans le cadre d’un groupement d’intérêt scientifique (Gis) avec l’INRAE et l’ADEME. Les autres préoccupations portent sur les difficultés de recruter dans les industries agroalimentaires et les moyens d’améliorer l’attractivité de ces métiers, par exemple grâce à la robotique. Enfin, de nombreux ITAI travaillent sur l’amélioration des emballages afin de réduire l’usage des plastiques et de créer des emballages intelligents.

Lire aussi - « L’Acta est devenu un interlocuteur des pouvoirs publics »

C’est la première année que l’Actia participe aux trophées de l’innovation ITAINNOV. Qu’est-ce que ces trophées symbolisent pour vous ?

La remise des trophées ITAINNOV a été un bel évènement sur le stand du ministère de l’Agriculture, lors du salon de l’Agriculture. Je remercie l’Acta de nous avoir associé à ces trophées. Il a pu mettre en évidence de magnifiques projets de R&D de nos instituts, soit en cours de développement, comme l’exosquelette qui va permettre de réduire la pénibilité du travail dans les industries de la viande, ou une nouvelle méthode de mesure de la nettoyablilité des surfaces en agroalimentaire, mais il y a aussi des innovations qui ont déjà fait leur preuve commerciale, comme ce gélifiant 100% d’origine naturelle issu d’huile utilisé notamment en cosmétique.

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